Casa Howhard 1+2 de Roberto Baldazzini

On a déjà parlé de Baldazzini, notamment pour Beba et déjà Casa HowHard.

Baldazzini casahowhard CouvEn bref, 2 tomes ont été réunies pour cette réédition, donc 2 histoires. La première parle d’une soirée tombola hallucinante et la seconde d’un grand jeu concours type télé réalité encore plus fou.

Avec ces personnages féminins mais à sexe d’homme, Baldazzini sème toujours le trouble. Évidemment l’identité sexuelle non définie et l’ultra sexualité des « héroïnes » sont là pour interroger le lecteur sur ses attentes. Rien que la couverture (seul visuel disponible) est là pour nous le prouver.

Mais il n’y a pas que ça. Le ton très sitcom emporte le lecteur dans un monde naïf qui correspond bien au trait, respectant la ligne claire. Donc ça amène des dialogues très légers quasi enfantins et une sexualité débridée qui fait un contraste parfois difficile.

Dans cet univers, les relations sont légères, mais on tombe amoureux, on se fiance, on en verse une petite larme tout en éjaculant. La police vient vous inspecter, mais vous lui rendez la pareille. La tante qui vous héberge vous surprend avec votre petite amie et vient participer au lieu d’être choquée.

Ce monde est fou, mais doucement et c’est toujours plus drôle avec plein d’amis.

Encore une fois, la lecture est recommandée, mais avec un gros avertissement. La légèreté affichée cache du lourd.

– Depuis que je me suis faite refaire la poitrine, j’ai des érections incessantes.

(Version lue DYNAMITE Editions)

Epoxy de Paul Cuvelier et Jean Van Hamme

Paru en 1968, 4 ans après Barbarella, Epoxy ne connaitra pas la même censure, étant pourtant plus osé que son ainé. C’est la première œuvre publié de Van Hamme, qui scénarisera quelques uns des plus gros succès de la BD franco Belge (XIII, Largo Winch, etc.).

Cuvelier Epoxy CouvEn  bref, une jeune femme est enlevée aux larges des côtes grecques par un certain Koltar. Après une grande explosion, elle se retrouve projetée dans un monde peuplé par toutes les créatures de la mythologie grecque.

Comme Barbarella, elle passe ses aventures dans le plus simple appareil. A la différence, Epoxy (le nom que les amazones lui donnent) est quasi spectatrice, les forces en présence la dépassant. Mais elle reprendra son destin en main.

Il est intéressant de noter que, pour l’érotisme moderne, on reste un peu sur notre faim, mais cet album a dû provoquer de nombreux émois à ses lecteurs à l’époque. La sensualité des pages passe beaucoup dans l’univers des Dieux et créatures mythologiques (amazones lesbiennes, banquet de Bacchus, etc.) et leur quasi nudité permanente. L’ambiance est très prompte à l’union charnelle, les Dieux sont très libérés.

Le dessin marque beaucoup les corps, notamment les animaux qu’on sent robustes et musclés. Les corps et les regards sont marqués et cela rend la lecture agréable. Tout ceci n’est pas sans rappeler le trait de Paul Gillon (l’auteur de la Survivante).

Néanmoins, j’apporte un petit bémol sur la police de caractères « à la grecque » qui est un peu ridicule.

« Epoxy » est un classique à rapporter dans son époque avec la libération des mœurs et de la femme et mérite sa place dans toutes collections.

– Quoi de plus doux pour deux femmes que de s’aimer au bruit de la souffrance des hommes.

(Version lue Le Lombard Noir et Blanc)

Borgia de Milo Manara et Alejandro Jodorowsky

Que se passe t’il quand 2 monstres sacrés du 9e art se rencontrent ? Si l’habitude des grandes affiches mène plutôt à la désillusion, ici, il n’y a pas de déception.

Jodorowsky est un habitué des grands scénarios, bien que ses univers soient le plus souvent orientés SF. On lui doit notamment L’Incal avec Moebius. Et le voir aux commandes d’un récit historique d’une des pages les plus sombres du Vatican est très enthousiasmant.

Le récit couvre 4 volumes tout en couleur et au dessin magnifique, Manara, Manara, Manara !!!

En bref, vous allez vivre Rome et le Vatican à l’époque de Rodrigo Borgia, de son rang de Cardinal, en passant par sa nomination et règne en tant que pape et enfin sa déchance et celle de sa famille.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que, outre l’époque troublée propre à la barbarie, les méthodes de la famille sont directes et sanglantes.

A ce qu’on pourrait ressembler à une surenchère de violence, il est souvent associé un univers hautement sexué et débridé. Et, de ce coté là, laissez votre moral de côté, Alexandre VI (Le père Borgia) a tout les droits et peut tout autoriser. Mariages arrangés, exécutions diverses, orgies malsaines, empoisonnement et incestes sont monnaies courantes.

La folie des Borgia nous emporte. Et on ne cesse de se demander où elle s’arrêtera.

J’ai une vraie préférence pour le premier qui met le ton très vite et confère au récit un élan apocalyptique et pessimiste plein de corruption et de crasse.

Le hic est la véracité historique. A aucun moment, le lecteur n’est averti si il lit une fiction inspirée, si le fait est vérifié ou non. C’est vraiment dommage. Alors autant vous le dire tout de suite, ne vous lancez pas à en parler avec votre pote historien, vous seriez déçus.

Sans être le chef d’oeuvre promis, Borgia reste une lecture très facile. C’est une sorte de classique instantanément au dessin exceptionnel.

– Je pourrais désobéir à un cardinal, mais désobéir au pape serait comme désobéir à Dieu !

– J’ai l’impression que mon sang va bouillir… Ma chair exige des caresses… Un feu brûle entre mes jambes…

(Version lue Drugstore – 4 volumes en couleur)

Carnets de Massacre de Shintaro Kago

Shintaro Kago est un des maîtres de l’Ero-Guro, déjà évoqué pour les oeuvres de Suehiro Maruo (lecture plus que recommandée).

Shintaro Kago Carnets de Massacre CouvSi on peut oser une définition du genre de l’Ero-Guro, on peut dire que c’est un manga excessivement violent affichant les pires perversions dans des contextes absurdes. De ce mélange extrême, personne n’en sort indemne, le genre de lecture qui laisse des traces.

En bref, dans une ville du Japon médiéval, s’entrecroisent les destins d’un samouraï, d’un couturier-assassin, et d’autres personnages. Les 13 histoires présentées sont sanguinolentes, purulentes, dégoûtantes, tantôt drôles, tantôt exaspérantes. Il faut avoir l’estomac bien accroché.

Ici, nous ne sommes pas dans un monde d’excitation, mais de perversions dans la société machiste où les hommes sont forts et les femmes leurs objets. Chacun trouvera dans la lecture de quoi vomir, scatophilie, bondage déformant, atrocités en tout genre.

A la différence d’un Maruo qui publie des oeuvres fortes et, mine de rien, porteuses de sens, Kago fait étalage de l’horreur et place beaucoup d’humour dans ses cases. Mais ces petites « respirations » désorientent. C’est la douche écossaise. Donc, on se met à douter du but de l’auteur, notamment avec son histoire de distributeur et tout le délire autour de la couture.

« Carnets de Massacre » n’est pas le royaume du bon goût et, quitte à me répéter, c’est la perversion qui est plus recherchée dans ces pages.

– C’est comme si à l’intérieur une limace géante me barbouillait la bite !!!

(Version lue Editions IMHO)

Cléo et Martine de W.G. Colber

Autre série de Colber, les « Cléo » sont sa série la plus longue couvrant 8 albums (+1 hors série). Ici, c’est le tome 5 dont nous allons parler.

Colber cleo-t5 CouvEn bref, ce sont les vacances et Cléo rentre chez ses parents à la campagne. Et c’est bien connu, campagnard rime avec dard, le royaume de la lourdeur donc.  Outre sa mère, elle retrouve sa cousine, Martine.

Le lecteur comprend vite qu’il va en avoir pour son argent. Du cul, du cul, du cul! Mais le trait est un peu trop approximatif, on sent le travail vite réalisé. Le scénario est risible, mais c’est presque normal. Ici, on est dans la BD au kilomètre.

On est dans un monde léger, certes. Mais ça ne légitime pas d’exploiter le genre de telle façon. Il n’y a pas une once de sensualité. Le retour à la campagne peut apporter des souvenirs, je ne sais quoi, mais le cliché du paysan labourant la « Jeanine » sur la botte de foin à part faire rire (et encore) est d’un mauvais film porno. Et c’est exactement la meilleure comparaison pour décrire Cléo et plus encore le travail de Colber.

Il y a cependant beaucoup de nostalgiques de cet auteur, certainement marqués par la succession débridée de scènes de sexe complètement ouvertes au plaisir et à la satisfaction animale primaire.

Heureusement, il reste quelques perles de dialogue :

– Elle y allait de son astiquage, faisant monter la sauce… Avant de se pencher sur le problème

« Tu fais bien ça ! »

« Je suis une spécialiste, qu’est ce que tu crois. »

– On peut dire que tu connais la musique, et que tu joues bien de la flûte…

(Version lue BD Adult’ – Bandes Dessinées pour Adultes – épuisé)

X-Men : Jeunes Filles en Fuite de Milo Manara et Chris Claremont

J’entends déjà certains dire que cet album n’a rien à faire ici. Mais difficile de ne pas rendre hommage aux comics, qui ne sont pas certes érotiques, mais porteurs d’une bonne dose de fantasmes. (Et puis c’est le printemps aujourd’hui)

Milo Manara X Men CouvEt n’est ce pas la plus grande spécialité de Manara que d’offrir du fantasme? Dans les comics, l’équipe des Xmen a souvent été considérée comme la plus sexy, notamment par le nombre de ses héroïnes, mais aussi (surtout?) par les représentations de Jim Lee au début des années 90.

Alors que donne la réunion de 2 belles promesses? Manara avec son dessin très propre et Claremont très longtemps scénariste de la série.

En bref, les X-Women sont en vacances, mais le monde est en danger. Au point de vue de l’histoire, c’est un joli soufflet. Pourquoi faut il que, pour l’occasion, elles perdent leurs pouvoirs par exemple ? Alors on se cantonnera à l’attrait du dessin et aux rondeurs de nos héroïnes et c’est pas si mal. On regrettera peut être le coté statique des cases, mais les clins d’oeil pervers de Manara provoquent le sourire. On a jamais nos belles dans des états pareils, dans des tenues aussi courtes et c’était pourtant difficile à faire. Et Psylocke reste toujours la plus aguicheuse!

L’album est une bien jolie récréation, un produit de collectionneurs, du Fan Service. Mais rien d’essentiel au fond.

(Version lue Panini comics)

Un visuel des premières planches est disponible ici !

L’Ecole des Biches de G. Lévis

L’auteur des aventures de Liz & Beth nous offre ce récit d’époque.

G Levis Ecole des Biches Delcourt CouvEn bref, L’Ecole des Biches est l’adaptation d’un roman érotique du 19e siècle d’Ernest Baroche. Une tante fait l’éducation de sa nièce, amoureuse d’un peintre. Le mécène de la tante et sa dame de chambre complètent le casting.

Il y a quelque chose qui sonne faux dans ce récit assez proche d’une pièce de théâtre. Mais c’est là la grande force de Lévis d’en faire une histoire pleine de classe et absolument pas vulgaire. En effet le récit érotique classique de l’éducation sexuelle d’une jeune pucelle qui se révèle une tigresse n’est pas original, mais le dessin de Lévis colle très bien à l’ambiance. Et on ne s’ennuie pas à la lecture.

Le libertinage qui nous est proposé est tout de même bien élaboré et « plausible. » Et même si on peut regretter le manque d’intrigue, l’histoire se tient et on regrette de ne pas avoir eu la même tante dans sa famille!

En résumé, l’Ecole des Biches offre un moment sympathique et frais, bien qu’un peu guindé.

– Candide? Une fille amoureuse n’est jamais candide!

(Version lue Dominique LEROY Editions – Ebook)

(MAJ 16/07/2012 : Delcourt Erotix a sorti une belle version papier avec une histoire supplémentaire « Les Jeunes Filles Modèles »)

Les Malheurs de Janice 3+4 de Erich Von Götha

La suite (et certainement la fin) des aventures de la belle Janice que nous avions évoquées plus tôt. Si vous ne l’avez pas lu, certains détails de l’histoire vont être révélés.

Erich Von gotha Les Malheurs de Janice 3 et 4 CouvEn bref, nous retrouvons Janice à l’enterrement de son cher mari, assassiné par son amant. Elle est maintenant à priori libre du terrible Vauxhall. Mais l’illusion est de courte durée. Vauxhall a un plan…

La première chose qui étonne est l’amélioration graphique, les couleurs et les contours sont fins et plus précis. L’ambiance est renforcée, ce qui fait sans nul doute l’épisode le plus plaisant de la série. La psychologie de Janice s’affirme davantage et renforce la crédibilité du personnage. De même, Vauxhall est plus contrasté. On sent la passion des sentiments qui bouleversent les antagonistes.

La magie est bien différente dans le tome 4. Comme dans beaucoup de séries (Mona Street, Manara, etc.), Janice décide de partir à Venise! Comme c’est original! Alors je ne vais pas vous énumérer tout ce qui arrive à la pauvre en route, mais elle s’égare. Et dans tout ce qu’elle subit (forcément, hein), le lecteur peut atteindre le niveau de nausée. Soyons clairs, c’est le volume le plus trash. Rien ne sera épargné à l’héroïne et on souhaite la fin du volume pour qu’elle puisse se reposer. Bémol supplémentaire, certains costumes paraissent tellement irréels qu’on perd pied dans ce 18e siècle de plus en plus fantoche. Et que dire de la conclusion abrupte?

Au final, la série des Janice est très pornographique, mais présente un certain intérêt, rien que pour le dessin.

– Prends ça, catin! C’est du foutre sacré! Dieu est dans mes couilles !

– « Vois tu, Victoria, il nous faudra retenir cette leçon. »

– « Que les Français sont des êtres dépravés. Tu l’ignorais? »

(Version lue DYNAMITE Editions)

Docteur Sex : Le Goulag d’Arcor

Arcor est le pseudo d’Angelo Di Marco, dessinateur multi-casquettes. Il a notamment fait l’adaptation de K2000 en BD et la série des « Docteur Sex. » Attention, c’est du lourd !

Docteur Sex Goulag CouvEn bref, quelque part en Europe de l’Est, 3 jeunes femmes contestataires sont retenues prisonnières dans la clinique de Docteur Sex, Kurt Von Kramer de son vrai nom. Celui-ci veut les reconditionner pour servir le gouvernement. Il est machiavélique et veut, en prime, les faire devenir les pires salopes.

A base d’excitants dans la nourriture, elles perdent vite toute volonté sauf Monika. Et c’est parti pour la valse des « vas y que je te la mets » et « comment tu aimes trop mon gros chibre. » Je reste poli, le langage est un poil plus vulgaire dans l’album.

C’est quand même la prison la plus sympa que j’aie vue, manger et se sauter dessus. On a connu pire. Ce qui choque le plus est la taille des membres de ces messieurs. Nan, mais sérieusement, à partir d’un moment on se demande si c’est pas des trompes.

Devant tant de méchancetés et un tel manque de scénario, on se marre. Heureusement le dessin sauve un peu le tout, le traitement des nuances de gris apportant une belle atmosphère. L’ambiance de mauvais films d’espionnage est assez ridicule.

Docteur Sex est comme un vieux nanar. Il doit y avoir des fans, je n’en suis pas.

– Cette salope mouille comme une dingue… C’est une queue qu’elle veut sentir dans sa grotte.

(Version lue Bédé Adult’ – Bandes Dessinées pour Adultes – Epuisé)

Ombre & Lumière 1+2 de Parris Quinn

Parris Quinn est un artiste tout à fait unique.

Parris Quinn Ombre et lumiere 1 et 2 CouvOmbre et Lumière est un recueil d’histoires courtes. Quinn fournit une forme de récit à la limite du récit illustré et de la Bande Dessinée. Donc difficile de résumer. Chaque histoire se concentre sur une femme et sa vie sexuelle.

On commence par un texte long pour planter le contexte, ce qu’elle fait, ce qu’elle aime, où elle va. Et on est vite dans le feu de l’action, le texte se faisant plus court au fur et à mesure, comme pour signifier que la parole n’est pas nécessaire tout le temps. Chaque case est muette et se présente avec une qualité très photo réaliste. Cela place la BD comme une sorte de roman photo très hard.

Le travail sur les cases est impressionnant. En effet chaque dessin est fait à partir de photos. Le rendu est fort, extrêmement proche du lecteur. On rentre dans l’histoire facilement de ce fait.

Ombre & Lumière est un bel ouvrage en noir et blanc qui laisse peu de mystère. Le lecteur est placé comme un voyeur et ne perdra pas une miette. Aucune trace d’humour, mais de l’amour, de la passion, un brin de folie aussi et pas mal de jeux de domination.

– Il fixe le prodigieux badigeon qu’il a fait, il l’entend ordonner : « Maintenant, lèche! Ne laisse rien! » Et, ce disant, elle tire sur sa laisse.

(Version lue DYNAMITE Editions Collection Canicule)

M de Masakazu Katsura

Katsura est très connu pour ses séries romantiques telles que Video Girl Aï. Il a toujours eu une grande facilité à dessiner les slips de ses héroïnes.

katsura m CouvEn bref, Emi accepte d’être la petite amie d’Eiji, mais à la condition qu’ils ne fassent jamais l’amour. Mais Emi est loin de rester prude et un drôle de jeu à la conclusion fatale se met en place.

Katsura sait dessiner. Ses femmes sont de grandes adolescentes dans la ligne de ses autres séries, toujours sensibles avec une larme d’émotion permanente au coin de l’oeil. Et si elles paraissent naïves, elles savent ce qu’elles font. Le personnage d’Emi est intéressant, bien plus que le jeune Eiji qui se bat contre ses pulsions mais accepte et comprend la forme de masochisme qu’elle lui fait vivre, tout ça pour la beauté de l’amour. (hum hum)

Les quelques scènes chaudes sont assez intenses. Vont ils le faire? C’est ce qu’ils souhaitent, mais ça serait la fin de leur histoire. Ce point rend la BD intéressante, mais heureusement que l’histoire est courte.

De bien belles planches, des stéréotypes très japonais (la mini jupe et la vue sur les sous vêtements, la scène de bain…) rendent la lecture agréable, bien que le fond soit plus moral qu’autre chose. A la fin, on a l’impression d’avoir lu un plaidoyer pour l’abstinence. Cela peut s’expliquer par le fait que M soit le seul récit érotique de l’auteur et, grand chantre du romantisme nippon, il ne peut y voir une consommation qui rendrait l’amour vulgaire, le physique étant inférieur au spirituel.

– Quand est-ce que tu te soulages?

(Version lue Editions Tonkam 2006)

Lydia, Soubrette de Luxe de W.G. Colber

W.G. Colber est un des alias de Robert Hugues. Il a signé sous les pseudonymes de Mancini ou encore Trébor. C’est un des auteurs français les plus prolifiques dans le genre.

lydia-soubrette--de-luxe-t-4-couvJ’ai lu le tome 4.

En bref, Lydia est une petite main dans un hôtel de luxe. Elle fait les chambres, guident les clients, etc. en compagnie d’Anna, une collègue très spéciale. On ne sait pas très bien ce qu’il y a dans cet hôtel de si spécial, mais chaque client et employé est pris d’une envie subite de se mettre à poil et de se taper le premier être humain qui bouge.

Dans cet épisode, l’intrigue tourne autour de vols au sein de l’établissement. L’enquête va être approfondie…

Ici la « soubrette » surprend toujours les clients en plein acte et vient leur donner un coup de main ou de rein. C’est très peu subtil et non efficace. En fait c’est comme le « Club Des 5 » de la BD érotique. On y croit pas, c’est gnangnan et faussement pervers. Il faut le dire, on s’ennuie ferme. Le dessin n’aide pas.

On nous place dans un contexte de films X des années 80 (la même époque de l’édition). Donc Colber a scénarisé ses scènes chaudes et y a placé des perles de dialogues insipides qui rendent le tout très enfantin et dénué d’humour.

– Hum ! Je vois déjà ton périscope qui fait surface. Ha! Ha!

(Version lue Bédé Adult’ – Bandes dessinées pour adultes – épuisé)

Les Malheurs de Janice 1+2 de Erich Von Götha

Erich Von Götha est anglais et s’appelle Robin Ray. Le jeu des pseudos est trompeur, tout le monde le croit néerlandais.

Erich Von Gotha Les Malheurs de Janice 1 et 2 CouvEn bref, Janice est anglaise et emprisonnée à perpétuité pour avortement dans l’Angleterre du 18e siècle. Le comte Vauxhall, sous couvert de réhabilitation, la fait sortir de prison et en fait sa chose, son jouet.

Les deux premiers volumes réunies dans cette intégrale couvrent 2 arcs narratifs différents. Le premier reste sur l’éducation de Janice à la vie de château très particulière du Comte. Et le second est une intrigue qui verra Janice se marier. Les résumés sont brefs pour ne pas en dire de trop.

On est frappé par le dessin de Von Götha, surtout par le cadre et l’imagination dans les pages du premier volume. Celui ci est vraiment en-dessous dans la qualité de dessin que le second, mieux maîtrisé. Même si l’image est belle, on trouve toujours un léger problème de perspective ou quelque chose qui cloche. Je ne parle pas forcément des membres virils défiant toute réalité, mais bien des angles de têtes ou de corps. C’est dommage. Mais le tout est très plaisant !

Les aventures de Janice sont un classique du genre. Situé dans la même époque que le Marquis de Sade, le récit se veut dans la même veine. On y retrouve des intrigues de cour, de la légèreté de fesses, des coups de martinet qui marquent les chairs, etc. L’horreur de Sade n’y est pas par contre. Ici tout le monde prend son pied, surtout Janice, une parfaite héroïne prude qui se révèle affamée et insatiable. Bonjour le cliché, mais ici ça passe, tout comme le BDSM en costume. On en vient à regretter le manque de sentiments de l’ensemble. Que Janice pleure, jouisse ou soit exhibée, c’est à peu près pareil. Mais le récit aurait gagné à investir le lecteur à  cet affreux destin.

– Tout ce qu’il te faut savoir est que le Vicomte est désormais ton maître. Le maître de ton corps et de ton âme!

(Version lue DYNAMITE Editions)

Le Loup et l’Agnelle de Jacobsen

Jacobsen nous avait déjà emmené loin avec « Lou, Taxi de Nuit. »

Jacobsen Le Loup et l'Agnelle CouvEn bref, l’Agnelle (une jeune bergère) et le Loup sont amoureux et se le prouvent. C’est pendant un acte qu’ils vont être dérangés par des chasseurs. Violant la belle Agnelle, les amoureux n’ont pas d’autre option que de demander l’aide de Lady Commandement, une sorcière SM aux seins énormes.

Jacobsen revisite le « Chaperon Rouge », enfin le survole. C’est drôle et frais. Mais surtout il pousse le bouchon toujours plus loin dans l’humour (les chasseurs sont d’une bêtise inatteignable) et dans les scènes de sexe (le baptême de Lady Commandement).

Comme pour Lou, Taxi de Nuit, On sent un auteur un peu contraint de délivrer du cul. Il s’en sort bien, encore une fois, mais je recommande davantage Lou.

Le dessin est un cran au dessous et peut paraître brouillon et sale. Le point fort reste ce détournement d’un univers « enfantin » et d’en faire un joyeux bordel, un monde où les bergères et les animaux sauvages baisent ensemble et où les chasseurs cherchent des trous serrés.

On pourrait y voir presqu’une BD un brin revendicative avec des opprimés se révoltant. Le ton de l’ensemble n’est pas si éloigné, mais on reste dans une parodie cherchant l’humour, plus que tout le reste !

– HAAAA !! Putain ! On n’a que la joie qu’on se donne !!!

(Version lue BDX – Bandes Dessinées pour Adultes – épuisé)

Mona Street 1 et 2 de Leone Frollo

Nous avions déjà parlé de Frollo pour sa série des « Casino. » C’est la dernière Bande Dessinée parue avant son décès.

Leone Frollo Mona Street T1 CouvEn bref, Mona est une jeune femme blonde qui, sous des dehors prudes, cache bien son jeu. C’est une experte des choses de l’amour et elle tient à le partager avec le plus grand nombre.

Bien moins porno que les Casino, la série des Mona street est plus enthousiasmante. En effet, le dessin s’est affiné. Les femmes de Frollo sont très identifiables avec leur regards affutés, leur formes rebondies et leur psychologie volontaire, mutine mais pas saute-au-paf à mort. Frollo place son histoire dans les années 20. L’ambiance début de siècle lui réussit bien.

Le premier tome s’attarde sur Mona et ses amies, son apprentissage au pensionnat, etc. Tous ces lieux sont interdits aux hommes et propres donc à tous les fantasmes. C’est bien ce que réussit Frollo. Il nous offre des situations fantasmées assez fines et ne détaille que des plans saphiques.

Leone Frollo Mona Street T2 Couv

Le deuxième tome évoque les aventures vénitiennes de Mona qui y recherche la femme d’un comte, un gondolier et lutte contre une étrange confrérie. Très court, moins inspiré que le premier (à mon avis), il revient vers des histoires à la Casino avec un certain goût pudique, bien intéressant.

Les 2 tomes laissent sur la faim. C’est court, assez affriolant. On en veut davantage !!!

– La première fois qu’on voit une chose pareille, on en sort un peu troublée.

(Version lue Dominique Leroy Editions en ebooks et Delcourt Erotix)

(Juste pour la forme, c’était mes premières lectures sur écran. Rien ne remplacera une BD entre les mains que la souris…)

MAJ (28/04/2011) :

J’ai déniché l’exemplaire papier de Mona Street 2 où 2 histoires supplémentaires et quelques planches sont fournies. On peut découvrir le dessin si fin de Frollo. En terme de plaisir de lecture, il n’y a aucune comparaison possible. De quoi tomber raide dingue de Mona, de ses poses, de ses formes… Un vrai délice pour les yeux que les scans ne rendent absolument pas. Amateurs de femmes rondes, gentiment coquines, avec le style du début du 20e.  Un travail remarquable !!

MONA STREET C1C4.inddMAJ 19/12/2011 : Delcourt a sorti une intégrale de très belle facture reprenant toutes les histoires de Mona Street. On s’étonne toujours du trait impeccable de Frollo. Certaines histoires sont sans encrage avec un trait tellement fin.

C’est la version à acheter (et la plus facile à se procurer). Il manque cependant des illustrations disponibles sur la version papier de Mona 2…

On apprécie toujours autant les courbes des femmes de Frollo, envoutantes et pleines de grâces, savoureusement provocantes. Parfait exemple de la BD érotique, c’est un « must have » !