Nécron de Magnus

On a déjà parlé de Magnus pour les 110 Pilules, mais aussi pour les contes coquins.

Magnus Necron T1 CouvEn bref, Frieda Boher est une scientifique nécrophile. En secret et à partir de parties de corps dérobées, elle fabrique Nécron, destiné à la satisfaire et à devenir son homme de main.

L’histoire délirante, très inspirée de Frankenstein, qui nous est racontée sur 7 volumes est peut être ce qu’il s’est fait de mieux en « fumetti neri », ces petites BD italiennes qui pullulaient dans les années 70-80. Avec ses thèmes ultra-gore très violents et son humour au ras des pâquerettes, on ne peut que rire et apprécier cette lecture hors-normes.

Nécron est un monstre stupide, ne pensant qu’à manger et surtout baiser sa maîtresse. Il est le parfait contraste de sa froide créatrice, qui est intelligente, belle et cruelle (ses cheveux courts nous feraient penser qu’elle est lesbienne, mais pas du tout ou juste par cupidité). Et tels d’autres couples diaboliques ou autres anti-héros (tel Sam Bot ou Diabolik), le lecteur se lie avec eux et les apprécie très vite.

Certes, tout est fait pour choquer. Démembrements, cannibalisme, plans machiavéliques, scénario fantaisiste, rien ne nous est épargné… pour notre plus grand plaisir. Nos 2 acolytes visiteront le monde, l’Afrique, une cité sous la mer, des lieux parfaits pour l’aventure et du n’importe quoi, maîtrisé parfaitement par Magnus.

Idéal pour chasser la morosité, Nécron est un bijou d’humour noir et sexy très bien édité par Cornelius dans son format d’origine. A lire définitivement !

– Je voulais créer des morts-vivants afin d’assouvir mes désirs sexuels… Je ne pouvais jouir qu’ainsi… Mais la nécrophilie est un mal qui ne pardonne pas…

(Version lue Cornélius)

Asatte Dance de Naoki Yamamoto

Seule série de Naoki Yamamoto disponible en français, Asatte Dance (signifiant littéralement « danse jusqu’au surlendemain ») est une histoire sur 7 volumes.

Asatte Dance T1 CouvEn bref, Suekichi est un étudiant fauché qui se voit l’héritier de la fortune de son arrière grand-père, mais à la condition qu’il obtienne son diplôme  et se marie. C’est à partir de ce moment qu’Aya, jeune femme dont on ne sait pas grand chose, fait son apparition.

Si la série est un peu fleuve et utilise tous les ficelles du manga, il y a beaucoup de positif. Tout d’abord les personnages sont extrêmement attachants, notamment Aya, qui se dévoile au fur et à mesure du récit. Ensuite l’érotisme qu’elle dégage, la chaleur des ébats et le doux vice affiché ravissent le lecteur. Et enfin l’autre point essentiel est dans l’humour quasi- permanent (par exemple, les apparitions fantomatique de l’aïeul, l’immigré squatteur…).

Malgré le coté daté de la série, elle garde sa fraîcheur et a un vrai côté humain très éloigné des hentaï ultra pornographiques. On peut trouver beaucoup de ressemblances avec « Maison Ikkoku » (Juliette Je t’aime) de Rumiko Takahashi mais avec du sexe, donc forcément moins naïf, mais les clés du récit sont les mêmes.

Drôle, sexy et humain, on regrettera peut être la longueur de l’histoire qui traine un peu et que ce soit destiné à un public jeune adulte masculin. Une série à découvrir pour les amateurs de manga.

– Tu es mouillée

– Idiot ! Je me demande si tous les garçons sont comme toi et ne pensent qu’à ça.

(Version lue Tonkam)

Aventures Africaines de Milo Manara

Auteur érotique incontournable, on ne peut que reconnaître le talent de Manara dont on parle régulièrement.

En bref, nous retrouvons Giuseppe Bergman pour de nouvelles aventures. Après les « Aventures Vénitiennes », Manara continue sa série phare en s’inspirant largement de son compatriote Hugo Pratt (qui était un personnage central du tome précédent).

Cette fois, il n’y a pas de mentor pour notre héros, mais une sorte de productrice accompagnée d’un acolyte gros bras et silencieux. Le clin d’oeil au cinéma est assumé, voire même poussé à l’extrême.  Le point central de l’histoire réside dans le contenu d’une mystérieuse mallette.

Avec des thèmes variés comme le tiers monde et l’occident ou l’écologie et la course au progrès, cet album provoque quelques réflexions et c’est tellement rare dans le genre. Mais rassurez-vous, l’érotisme est toujours présent. Le psychédélisme et le grotesque des derniers chapitres, bien que déroutants, bouleversent le lecteur.

On ne se lasse pas du dessin du maestro, servant parfaitement dans cette série le réalisme, mais aussi l’onirisme du récit.

La série des Giusseppe Bergman devrait être dans toutes les bibliothèques, tant le voyage (et l’aventure) est de qualité et terriblement intelligent.

Petite anecdote, la plus célèbre des actrices X françaises, Brigitte Lahaie, apparaît dans la BD en épouse tortionnaire et soumise pour une scène clé.

-… Ce qui me bouleversa le plus, c’est le ton sur lequel elle me demanda : » tu veux, toi aussi ? »

(Version lue Noir et Blanc Drugtsore)

Les Femmes de Liberatore

Connu pour sa BD culte des années 80 Ranxerox, Liberatore revient.

FEMMES DE LIBERATORE NE[DRU].indd.pdfEn bref, cet album n’a pas d’histoires, mais est  un recueil d’illustrations de femmes. Regroupées sous différentes sections correspondant soit à des thèmes, soit à des techniques, ces femmes sont à tomber.

Il y a bien quelques rappels de Ranx, mais l’objet est bien de découvrir la fascination évidente du dessinateur pour le corps féminin. Et il y met tout son coeur ! Du simple portrait à la situation coquine (voire franchement hard) en passant par des poses très mode, on est bluffé par la qualité des dessins et leur rendu grâce à la grande qualité de l’impression.

En offrant au lecteur la possibilité de découvrir l’étendue de son talent, Liberatore nous épate. Les corps musclés qui nous sont offerts sont troublants. L’imagination développée de l’auteur est enthousiasmante tant sa technique et la variété des poses sont époustouflants.

Un ouvrage qui ravit l’oeil et les sens, faisant de Liberatore définitivement un grand artiste trop rare en BD.

(Version lue Drugstore)

Premières Fois

« Premières Fois » est un recueil de dix histoires courtes dessinées par dix auteurs différents : Alfred, Capucine, D’Aviau, Augustin, Vince, Rica, Vatine, Pedrosa, Bertail et Dave McKean.

Premieres Fois Couv En bref, comme l’annonce le titre, nous allons découvrir des premières fois coquines. Et il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’imagination pour voir quels « dépucelages » nous allons être témoin. Du simple dépucelage au sexe de groupe en passant par le BDSM, le champ est large.

Et c’est bien la pluralité des situations qui est un des points forts de la BD, mais bien plus encore la grande fraîcheur de la plupart des scènes reste bien le principal attrait. Les auteurs, sans être spécialisés dans l’érotisme, réussissent tous leur challenge. On sent le vécu ou l’anecdote rapportée sans tomber dans le niais.

Ne connaissant pas la majorité des auteurs, la majorité des histoires donnent envie de découvrir leurs travaux précédents. Beaucoup semblent des dessinatrices avec une sensibilité bien différente de ce qu’on peut lire habituellement dans le genre.

Les styles sont variables, tous en noir & blanc. Tous sont de très bons niveaux. Le dernier récit de McKean est l’extraterrestre du recueil, de part le style et l’histoire, mais c’est toujours un plaisir de le lire.

Idéal pour un cadeau coquin ou pour un premier achat dans le genre.

– Je l’étouffe avec ma chair. Je mange la sienne.

(Version lue Delcourt)

Les Petites Vicieuses t1 : Premiers Emois de Monica et Béa

Publiées à l’origine dans la revue « El Vibora », DYNAMITE les publie en recueils.

Monica Bea Petites Vicieuses T1 CouvEn bref, 8 portraits de jeunes filles nous sont proposés, répondant toutes au fameux adage « l’habit ne fait pas le moine. » Ainsi, Laura, la pieuse lycéenne, se révèle être une prostituée qui n’a pas froid aux yeux ou Gloria, bonne fille de famille, est initiée au BDSM par… son père.

On apprécie la pluralité de situations, mais quelques histoires sont bien glauques. Et on en arrive au triste constat que l’innocence n’existe pas. Mais on en doutait pas en fait. Ce qui rend quelques scènes déstabilisantes, quelque fois téléphonées, c’est ce coté arroseur arrosé ou la salope qui tombe sur plus pervers qu’elle. Elles sont déstabilisantes à plus d’un titre, notamment sur l’âge des protagonistes et leur lien pour certains (Frère et soeur, Père-fille).

Le dessin en noir & Blanc est assez agréable, sans être époustouflant. A noter, la couverture est trompeuse sur le niveau de dessin qu’on trouvera dans les pages de la BD.

On ne peut rester insensible à cette lecture. Certains seront dégoutés, d’autres enthousiastes. Mais on est loin d’une oeuvre majeure.

– Brr… Je frissonne rien que d’y penser… Cette bite gigantesque… J’aurais jamais cru que ça existait ! Je me demande jusqu’où j’aurais pu l’avaler…

(Version lue DYNAMITE Editions)

La Survivante de Paul Gillon

Paul Gillon a notamment travaillé avec  l’auteur de Barbarella, Jean-Claude Forest, dans les années 70 pour la série des « Naufragés du Temps. » Il est décédé le 21 mai 2011.

En bref, dans un futur proche, Aude Albrespy remonte à la surface après avoir été coincée sous terre. A sa remontée, elle constate qu’elle est seule, que le monde est couvert de la poussière des corps. Elle retourne sur Paris et découvre que les « Cybers », les robots au service de l’humanité, continue leurs travaux malgré l’absence de leurs maîtres. Elle profite alors du monde tel qu’il est à présent. C’est ainsi qu’elle a sa première expérience avec Ulysse, le majordome de son hôtel…

Dans une veine SF traditionnelle, Gillon tisse un récit érotique autour du personnage d’Aude, perdue dans un monde de robots. On sent bien la volonté initiale de faire une histoire de fesses. Malheureusement on manque de consistance. En effet, l’auteur ouvre des portes très intéressantes dont la psychologie de l’héroïne dans ce cadre post-apocalyptique, mais aussi la volonté des Cybers. Sont-ils à l’origine de la fin du monde?

Il y a d’autres points qu’on souhaiterait plus développés. Les 3 autres tomes laissent le même goût d’inachevé. Mais malgré tout, le niveau de la BD est très bon. Dessin, encrage et couleurs sont certes classiques, mais tellement efficaces.

Véritable mauvais point, la conclusion de la série, totalement onirique, laisse un goût de bâclage, peut être un signe supplémentaire que Gillon n’a pas maitrisé son histoire.

Un vrai classique à lire avec relativement peu de fantasmes projetés, un exemple de la BD franco-belge qui s’essaie à l’érotisme avec plus d’ambitions que la plupart.

– Entre, Ulysse ! J’ai envie de prendre un bain…

(Version lue Intégrale Drugstore)

Tentatives de Charme de Luca Tarlazzi

Nous avons déjà parlé de Tarlazzi pour « Sex In Italy 1. »

Luca Tarlazzi Tentative de Charme CouvEn bref, « Tentatives de Charme » est un recueil de 6 histoires courtes dans lesquelles un protagoniste ose et tente sa chance auprès d’une autre personne.

Les scénarios sont variés, ce qui fait que chaque lecteur peut se retrouver quelque part dans ces récits à la qualité  variable. La première est très moyenne par exemple. Mais ce qui transpire dans chacune, c’est le manque d’affection et de sensualité des personnages, ainsi que la recherche du plaisir et de la compréhension de soi vis-à-vis des autres.

Bien que le format court soit davantage propice à juste des scènes chaudes au background minimal, Tarlazzi réussit à toucher le lecteur. Il suffit de lire l’histoire du jeune couple qui galère avec les parents à coté. Mais c’est « Enfer » et « Jade » qui ont provoqué mon intérêt, la première pour son coté tragique (certes facile) et la seconde pour la surprise (un brin téléphonée).

Concernant le dessin, Tarlazzi y teste beaucoup. Couleurs et Noir & Blanc s’enchainent avec des variations prouvant sa qualité de dessinateur. A ce niveau « Enfer » reste la meilleure pour son coté sombre et son ambiance.

Alors n’allez pas comprendre que j’ai adoré l’album, j’y ai vu des qualités qui n’apparaissaient pas dans « Sex In Italy. » Mais Tarlazzi doit avoir une BD vraiment bonne. Je cherche encore laquelle.

– Viens en moi, Marc, Tu sais que je prends la pilule…

(Version lue « Selen Présente »)

Phantasmes de Reiser

Reiser, sans être un auteur érotique, a largement sa place ici, rien que par les thèmes qu’il a abordés.

En bref, Phantasmes est un recueil de planches. Quelques sketches font plusieurs pages, mais l’essentiel tient en une page.

La qualité de Reiser est sa grande vulgarité. On imagine difficilement l’auto-censure éventuelle de l’auteur, puisqu’il ne se refuse aucun thème. C’est ainsi que la zoophilie, l’alcoolisme, la solitude et la société moderne sont abordées sans fard dans un mélange amer.

Reiser cherche le sourire, celui qui pince le lecteur et l’interpelle dans la lignée de Hara-Kiri, journal auquel il a participé. Alors c’est potache et sarcastique par moments, mais toujours humain.

On le sent amoureux des femmes et des plaisirs de la vie. Ces clins d’oeil grinçants autour du lit sont d’une perversité totale. On ne pouvait qu’aimer et lui rendre hommage.

– On ne baise plus, on s’aime…

(Version lue Albin Michel)

Le Secret de Tante Pauline de Hugdebert

Hugdebert est un dessinateur Français déjà évoqué ici.

catrtp00En bref, Pauline est propriétaire d’une grande demeure à la fin du 19e siècle quelque part en France. Pour l’été, elle s’apprête à recevoir 2 nièces. Heureusement le jardinier (entre autres) va leur trouver de quoi s’occuper.

Sur ce scénario de film pornographique ultra classique, Hugdebert fait son job de dessinateur de BD de cul. Le style est propre. Je préfère le Noir et Blanc qu’il utilise que les couleurs des « Fleurs Du Mâle. » Il manque quelques éléments pour rendre la BD intéressante. L’excitation et la passion ne sont pas au rendez-vous. Ah oui, là, les nièces vont se faire plaisir ensemble, ah oui, là il y a un voyeur, ah oui, comme ils y vont…

Il y a cependant de l’ambition. Les références à l’époque, le libertinage, le rendu des tenues sont certainement les vrais points positifs. Et le final du 1er tome sauve le tout, la « Foire Aux Moules » c’est bête, mais plus original que tout le reste.

Le 2e tome n’amène pas beaucoup de changements. Les Hugdebert.0000nièces sont chez elle et Pauline et son peintre-amant reçoivent la visite d’un peintre suédois et de la soeur de Pauline. Celle-ci est un peu coincée. Vous voyez le scénario ou j’en raconte davantage?

Mêmes ingrédients, mêmes manques et rien pour sauver le tout de la platitude, à part une double scène où Hugdebert s’amuse à comparer les 2 couples s’envoyant en l’air.

Un autre point positif tout de même est l’évolution de la psychologie de la sœur acceptant son corps et tout ce qui va avec.

Hugdebert ne surprend pas, la curiosité me poussera certainement à lire ses BD non érotiques pour voir. En BD érotiques, il est moyen. On lui préférera Frollo pour la période fin 19-Début 20e.

Ah au fait, Pauline n’a pas de secret à dévoiler…

– Regarde donc : ça m’a refait bander, cette affaire ! …

– Alors, vas-y ! Mets la moi, bourre moi le con, mon salaud !!

(Version lue BEDE ADULT’)