Hôtel Des Rencontres Sévères de Trinca

Trinca est un des nombreux auteurs qui a publié via BD Adult’.

Hotel Des Rencontres Severes Trinca CouvEn bref, un couple très amoureux tombe en panne de voiture près d’un hôtel en rase campagne. Et comme le montre la couverture, c’est pas un lieu où ils vont rigoler.

Dans un style très direct, Trinca est un auteur efficace. Pas de fioritures, ni de début longuet, la première page nous plonge dans la question et les autres laissent peu de trêves. Sans originalité de scénario, on reste dans la veine « BD Adult », c’est à dire du cul en BD.

On peut se plaindre des grossièretés du dessin, mais le style ne trompe personne, ici on fait pas de l’art. Le lecteur veut du SM, ben voilà, il veut de la scène lesbienne, ok, c’est possible, etc. Tant que ça rentre dans les fantaisies du lecteur, il s’en contentera.

La cruauté des protagonistes est brute et moderne. On est loin d’une autre BD cliché du SM comme le Dressage de Jane, bien que les dialogues soient du même niveau. J’ai ri sur un kaméo dans les premières pages qui m’a fait penser que tout n’était que le rêve de la jeune femme. Mais rien d’autre ne va dans ce sens. Et je vous laisse découvrir qui se cache page 16.

On apprécie le coté direct et franc qui est autant le défaut de la BD. A prendre avec légèreté en tout cas.

– Merveilleux… Je sens ta main enfoncée profondément, Etienne.

(Version Lue Editions IPM en couleurs, mais les seules images disponibles sont N&B)

Sois Vicieux de Matthias Schulteiss

Matthias Schulteiss est un auteur français aux parutions multiples.

Schulteiss Sois Vicieux CouvEn bref, un couple s’envoie en l’air au sommet d’une grue. Ils sont rejoint plus tard par un transexuel.

Les premières pages sont déroutantes. Il y a une ambition affichée, la quête d’un homme, d’un couple vers  la fusion charnelle. Le récit commence dans un avion retenu en l’air par des câbles, le contexte est flou, on ressent la tension de l’homme dans son changement de vie, réclamant le repos du guerrier. Mais c’est cotonneux, proche du rêve.

Et lorsque le récit enchaine vers le couple et la grue, on retrouve nos marques. Et on assiste à la ronde de séduction et le jeu auquel le couple se prête. La règle première est qu’il n’y aura pas de pénétration. Ils se regardent, se caressent et l’homme bouillonne de plus en plus, madame aussi. Ce crescendo magnifie la complicité de 2 êtres prêts à tout essayer ensemble.

Et c’est aussi le cas quand Madame revient avec une complice. Dès ce moment, les barrières explosent et on oublie toute retenue.

Sous une forme originale (la case et le dialogue à coté), Schulteiss parvient, avec son trait particulier, à nous transporter dans les échanges du couple. Certes, son dessin pourra rebuter quelques uns, mais le parti pris est osé. Sans être photoréaliste , l’action est vivante. Il faut reconnaitre que les dialogues sont une force dans ce récit, malgré leur coté un peu trop soutenue dans le registre.

Une oeuvre originale que je rapproche de Chiara Rosenberg pour l’exploration charnelle du couple. Attention, le contenu est très hard !

– Tout brûle sur ma peau. La pluie, ou tes mains… Branle-moi… Plus. La main entière.

(Version lue Delcourt Erotix)

Révolution de Milo Manara

Devant les déesses dessinées par Manara, on oublie vite le passé activiste de l’auteur.  On peut sentir ses messages dans les aventures de Giuseppe Bergman.

Manara Revolution CouvEn bref, un ersatz de Robespierre fait le procès des élites de la télévision en se réclamant de la Révolution Française. Il fait donc trancher les têtes des stars du Journal Télévisé après les avoir kidnappés. C’est ce qui arrive à Kay, danseuse en phase de recrutement, alors qu’elle se trouve dans le bureau d’un directeur artistique.

Si le sujet est ambitieux et un brin facile, le résultat est bien tiède. On comprend les motivations égalitaires de Robespierre, mais il utilise les mêmes méthodes que son ennemi. Sa révolution est donc appelée à être un échec ou une nouvelle tyrannie.

Mais qu’en est il de la belle Kay ? L’alibi sexuel de l’album a la particularité d’être sans culotte dans tout l’album. Manara est un rigolo.  Et si il parvient à nous faire rire (et encore), l’album est bancal, manquant de profondeur, d’érotisme et de fond. La toute fin de l’album est expédiée.

Comme d’habitude, il n’y a rien de déplaisant à la lecture. Le dessin est toujours égal, flatteur pour l’héroïne, grossier pour la plupart des hommes, quoiqu’il y ait des exceptions avec le personnage charismatique de Robespierre.

Un album plus que moyen du maestro.

– Pendant la pirouette, on a clairement vu votre culotte. Mais si nous voulons captiver le spectateur, nous devons le faire rêver. Il faut plus de transgression ! Plus de « je te vois, je ne te vois pas ! »

(Version lue Albin Michel / L’Echo Des Savanes)