L’accordeur T2 de Ignacio Noé

Ignacio Noé est un dessinateur argentin.

En bref, Mariano est un accordeur de piano. C’est un artisan dévoué à son métier et à la totale satisfaction de ses clients.

Sous le format d’histoires courtes, Noé nous livre ses récits pleins d’humour et de fantaisies. L’alibi de l’accordage est vite oublié pour des scénettes très chaudes.On passe vite à l’action donc, tout en restant assez fripon.

Si le contexte est peu excitant, le dessin et les couleurs sont somptueux. C’est le point fort de cet auteur qui mérite le coup d’œil.

Plein de promesses dans cet album, malheureusement c’est un peu creux mais d’autres albums comme Exposition sont à surveiller.

– Les résultats sont surprenants. Par exemple, après un peu d’entrainement, le vagin de Karine a déjà ‘l’oreille absolue ».

(Version lue Dynamite Collection Canicule)

Black And White de Trevor Brown

Trevor Brown est un artiste contemporain qui travaille notamment avec le groupe Crystal Castles.

En bref, Le lecteur qui découvre l’art de Trevor Brown risque d’être fort étonné. Son dessin en noir & blanc tranche dans le vif et bouscule.

En effet, l’artiste ne semble pas se retenir et explore des thèmes dérangeants comme pour repousser nos limites. Personnages infantiles ou handicapés, bondage, instruments chirurgicaux, le tout mêlé à des portraits relativement froids ou détails anatomiques en gros  plan.

Sans que chaque planche ne soit marquée sexuellement parlant, Brown ne cessera de vous marquer. On est proche d’un style horrifique pornographique très orienté vers le Japon (Normal, Brown, anglais d’origine, y vit).

Les superpositions de vignette et de corps exhibés avec un grand sens graphique est tout à fait révélateur d’un artiste contemporain à l’univers unique.

(version lue Timeless Editions)

Journal 1 et 2 de Fabrice Neaud

Fabrice Neaud a reçu l’Aplh Art Coup de Coeur pour son « Journal » en 1997 au Festival d’Angoulème.

Neaud Journal CouvEn bref, l’auteur se confie sur sa vie de 1992 à 1994 alors qu’il est tout jeune auteur. Il nous parle de tout, de son travail, de sa recherche d’amour, de ses préférences.

Certainement l’autobiographie la plus touchante jamais lue, les états d’âme de l’auteur bouleversent le lecteur. Du statut de l’homosexuel de province qui galère à trouver un partenaire digne de ce nom et non un coup du soir, le récit déborde de sensualité, d’attente frustrée et surtout d’une humanité qui concerne tous les genres et orientations sexuelles.

On peut dire qu’à travers ses cases, Neaud fait fort avec ses images de cœur anatomique touché par un doigt ou encore pointé par un pistolet. Il maitrise les métaphores des sentiments et son art en général est d’une grande maturité aux influences multiples.

On pourrait lui reprocher une certaine impudeur propre au format employé, tant ses confessions sont intimes. Mais c’est toute la beauté qui en découle qui vous prend et ne vous lâche plus. Une belle quête de sentiments.

– Je me perds dans l’observation de son col presque le temps d’un scandale…

(Version lue Ego Comme X)

Tijuana Bibles de Bob Adelman

Bob Adelman se présente comme un Photo-documentaliste et un producteur de livres.

Adelman Tijuana Bibles CouvEn bref, on appelle « Tijuana Bibles » des livrets de huit pages de bandes dessinées clandestines aux USA au temps de la prohibition. Elles portent de nombreux noms « Eight papers » ou « Dirty Comics » par exemple.

S’appuyant souvent sur des parodies ou détournement de personnages célèbres de cette époque, on ne s’étonnera pas de trouver des personnages Disney ou des acteurs ou bien même certains dictateurs…

Premières Bandes Dessinées pornographiques commercialisées, elles offrent un coup d’oeil sur la sexualité américaine pourtant censée être très puritaine à cette époque là. La majorité des Dirty Comics n’est pas signée et, graphiquement, les styles vont du naîf à du plus élaboré, mais ça reste très vite dessiné et un peu bâclé.

Coté registre, on aborde beaucoup de thèmes : relations interraciales, homosexualité, zoophilie. Rien ne semble tabou et tout est souvent traité avec jovialité et un coté très paillard.

Néanmoins, la plongée dans cet univers est unique et ravira les curieux avec une préface d’Art Spiegelman SVP !

(Version lue en anglais Simon & Schuster – disponible en français aux Editions de la Martinière)

Mona Agent X T1 de Alessandro Scacchia et Betty Hopkins

Alessandro Scacchia dessine notamment pour Penthouse.

Scacchia Hopkins Mona Agent X CouvEn bref, Mona est une starlette de télé réalité qui retourne à une vie normale et tous ses déboires. Elle essuie quelques échecs professionnels et se fait abuser par un producteur véreux.Mais une agence d’agents secrets très particuliers finira par la récupérer.

Si le scénario rappelle vaguement Nikita de Besson, on est loin d’un récit captivant qui reste un alibi pour exhiber des jeunes femmes ravissantes et très portées sur le sexe entre elles.

Le lecteur reste alpagué par la qualité du dessin, meilleur point de l’album. Les formes de Mona sont affriolantes, ses poses plus que suggestives. Les couleurs sont chaudes et agréables.

Mais ce scénario qui ne commence jamais franchement laisse le lecteur sur sa faim qui patientera pour en savoir davantage sur la vie de cette agent secret. A suivre donc.

– Mona, tu ne m’en voudras pas de ne pas répondre, mais grâce à ton appel … Je vais passer une très bonne soirée !

(Version lue Editions Blanches)

Le Sale Petit Con de Madet

Madet est un jeune artiste très enthousiasmé par la sortie de son premier album papier.

Madet Sale Petit Con CouvEn bref, Michel est jeune et ses histoires sentimentales sont mouvementées. D’abord Véronique le quitte parce qu’elle le préfère comme ami. Et ensuite il rencontre Clarisse et, à partir de là, on peut dire que sa patience va être mise à rude épreuve.

Véritable plongée dans l’aventure amoureuse contemporaine, « le sale petit con » est un bol d’air frais. Sous des airs naïfs, on se retrouve dans ses discussions entre Clarisse et Michel ou quand un homme et une femme se parlent mais ne se comprennent pas.

Avec son dessin simple, Madet semble nous conter ses expériences avec un œil sensible. Les expressions de ses personnages ne laissent que peu de mystères sur la psychologie des situations. Ils veulent être ensemble, ne savent pas trop pourquoi et sont vite débordés par leur paranoïa. La lecture promet des éclats de rire un peu nerveux, puisqu’on a tous déjà été confronté à ces prises de tête, ces moments intimes propres au couple.

Je ne cache pas le gros coup de cœur que j’ai pour cette BD qui fonctionne très bien.

– Bon, est-ce que tu veux que je te fasse des cunnilingus ?

(Version lue Tabou Edtions)

Twenty (1+2 et 3 et 4) de Erich Von Götha

Après la saga de Janice, Von Götha nous livre son autre série phare, Twenty.

Erich Von Gotha Twenty 1+2 CouvEn bref, en 2018, Twenty, jeune blonde de 18 ans, née avec le siècle, rentre à l’internat de Cliffords dont la spécialité est l’éducation sexuelle, dernier souhait de ses parents décédés récemment. L’uniforme ultra court met le diapason de cette école très spéciale, les attraits de ces demoiselles sont dévoilés au moindre geste.

Au cours de 4 tomes, Twenty passera de son école à un statut d’actrice, croira trouver l’amour, mais constamment suivra les préceptes de Sainte-Emmanuelle (oui, on parle bien d’Emmanuelle le livre).Erich Von Gotha Twenty 3 Couv

Twenty est un personnage attachant, un brin candide. On la découvre adolescente avec ses illusions et elle expérimente beaucoup de choses au cours de ses récits.

Si Von Götha a toujours une préférence pour le SM, il est ici un peu mis de côté pour des scènes de groupe ou plus moderne avec l’usage des « Glory Holes » et des moments assez uniques dans le genre. Bien que plus marqués par les vidéos X que le film érotique (tel que l’était Janice), les volumes s’enchainent et ravissent l’oeil.

Il faut dire que le trait déjà fin du dessinateur atteint ici des sommets et ses couleurs sont de plus en plus brillantes.

Von Götha place toujours ses récits dans une société huppée et décadente où les plaisirs de la chair sont au sommet de la pyramide et sans limite. Et ici, le futur ne change rien à sa règle.

Un point a attiré mon attention : le style vestimentaire légèrement futuriste et surtout exhibitionniste uniquement féminin. Les femmes se dévoilent, mais les hommes sortent leur attirail. C’est d’ailleurs la même attention qu’il a sur la psychologie de ses personnages. Les femmes sont plus développées que les hommes dont la motivation est unique…

On appréciera le caméo de twenty lisant le 5e tome des aventures de Janice non paru à l’heure actuelle (et peu probable qu’il le soit d’ailleurs).

– Je crois que je vais délicieusement me masturber en regardant mes exploits…

(Version lue DYNAMITE)

L’institutrice de Bruce Morgan

Sous le pseudo de Bruce Morgan se cacherait un auteur de Bandes Dessinées plus grand public.

Bruce Morgan Institutrice CouvEn bref, Valérie est une jeune institutrice tout juste mutée dans un village des Pyrénées. Célibataire, elle subit les tentatives de séduction des hommes qu’elle repousse. Mais l’acteur célèbre vivant dans les bois saura la faire changer d’avis.

2 confessions intimes très chaudes sont au programme. Et Valérie, si ingénue et romantique au départ, prendra en main sa vie sexuelle et assumera ses envies.

Si le scénario est relativement basique, il n’en reste pas moins efficace. Comme dans les ouvrages d’Ardem, on commence doucement et les scènes s’enchaînent crescendo tandis que Valérie repousse ses limites et teste celle du lecteur. Sans être une BD SM, on est tout de même confronté à une soumission extrême désirée et cherchée par l’héroïne. Elle se révèle insatiable et s’offrira à des groupes entiers.

Avec son dessin très cru, Morgan nous plonge dans l’action avec une pornographie vraiment sans limite et très franche avec beaucoup de situations très différentes.

Avec Ardem, on sent une vraie « French Touch » de la pornographie en BD, mature, très explicite, franche et sans complexe.

– Une fois son plaisir assouvi, Alain a laissé la place à ses copains…

(Version lue DYNAMITE Collection Outrage)