Giovanna ! Ah ! de Giavonna Casotto

Nous avons déjà parlé d’autres albums de Giovanna Casotto ici.

Giovanna Casotto Ah ! CouvEn bref, Giovanna nous emmène à nouveau dans son univers à travers 5 histoires courtes sans lien entre elles, hormis la dessinatrice elle même qui se met en scène (exception faite de la dernière).

Toujours porté par un dessin somptueux et un ombrage délicat, on est vite sous le charme. Délurée et visiblement sans limite, Giovanna se place en fantasme.

Ses courbes sont pleines, rondes et accueillantes. Le goût du détail de la madone de la BD érotique et la mise en scène qui l’accompagne capturent le regard du lecteur.

Elle garde sa particularité, presque à contre-courant, qui est d’arborer une pilosité abondante et broussailleuse, mais aussi un penchant très fort sur les dessous et tenues affriolantes.

Les couleurs employées viennent rehausser le dessin ajoutant un piment supplémentaire et un glamour certain avec toutes ces bouches au rouge à lèvres éclatant.

Classique instantané, vous pouvez vous ruer sur chacun des albums de la belle brune italienne !

– Tiens ! Tiens ! Que tu es belle quand tu te donnes ainsi !

(Version lue DYNAMITE Editions collection Canicule)

Hot Charlotte de Cucca, Ecuba et Lauria

Vincenzo Cucca est un dessinateur italien enseignant à Naples. Il s’est associé à Vincenzo Lauria, scénariste, et Ennio Ecubia, scénographe, pour « Hot Charlotte ».

HOT CHALOTTE T1 [DRU].indd.pdfEn bref, Charlotte, Aline et Mei Li sont 3 colocatrices aux charmes dévastateurs, tant est si bien que leur appartement brûle. Mais Charlotte se révèle pleine de ressources, elle emmène ses amies dans la villa déserte de son père, riche financier italien. Ce déménagement et cette incendie auront aussi d’autres conséquences.

L’histoire est pleine de citations tournant autour de Marseille (Izzo notamment) ou de références culturelles, essayant de convaincre le lecteur qu’il lit autre chose qu’une histoire de fesses. L’effort est louable, mais ne trompe personne. On est ici pour la plastique des héroïnes déjantées et la note d’humour.

En effet, rien que le personnage de Mei Li apporte une légèreté bien plus proche de ce qu’on pourrait attendre du graphisme, c’est à dire un érotisme soft, mais transpirant de sensualité et décomplexé.

Avec un dessin et des couleurs très modernes, les héroïnes sont charmantes avec des poses suggestives et des nuisettes affriolantes. On est proche d’un manga pour les visages.

Vague histoire policière bâclée et plus ou moins morale avec son lot de « attention aux hommes », on ne sait pas trop si le tout est vraiment plaisant. Si le dessin vous intéresse, n’hésitez pas.

– Hé ! Je note avec plaisir que la leçon t’a beaucoup plu, Charlie. Hi hi hi ! Mais attention, n’exagère pas avec ce jouet… Et puis les vrais vont arriver, et nombreux !

(Version lue Drugstore)

La Chambre des Douleurs de Crux D’Esmussin

Crux D’Esmussin est un auteur Français dont « La Chambre Des Douleurs » serait la seule œuvre connue.

Crux D'Esmussion La Chambre des Douleurs CouvEn bref, Mathilde, une jeune femme brune, se réveille et ne semble pas reconnaitre l’endroit où elle se trouve. Qui sont ces hommes et ces femmes qui la maltraitent, pourquoi semble-t-elle se laisser faire ?

Conçu comme un thriller, « La Chambre Des Douleurs » affiche une prétention un peu inattendue. On est surpris, curieux de connaitre le fin de l’histoire. Néanmoins, on sent vite que les réponses vont être bien fades.

Ambitieux donc, mais surtout mal maitrisé, le récit s’égare et se rallonge inutilement pour « satisfaire » le lecteur. Coté fantaisies, on est servi certes. Mais le dessin pêche affreusement sur certaines cases. La construction des pages est dynamique, quelques bonnes idées rafraichissent le tout.

Sans être honteux, ce premier travail rendu par Crux n’est pas ce qu’on a lu de meilleur et il serait facile de trouver pire. Il faut croire que l’essai n’a pas été concluant pour l’auteur qui s’est volatilisé.

– J’ai mal à la mâchoire… Mais ça me plait de montrer mon cul à ce type… Je ne sais plus si c’est bien…

(Version lue DYNAMITE Collection Outrage)

ReBonjour de Roland Topor

Roland Topor était un artiste complet qui a exercé son talent dans quasiment tous les domaines, peintures, romans, dessins, cinéma, télévision, etc. Il est décédé en 1997.

Roland Topor Rebonjour CouvEn bref, 30 dessins noirs et blancs vous familiariseront avec l’œuvre graphique de ce grand monsieur.

Le trait noir et épais de l’artiste révèle une poésie et une mise en scène riche et pleine de références. Le grotesque de certaines planches contraste fortement avec la sensibilité évidente du regard.

Comme des gravures, les dessins de Topor nous racontent des histoires et touchent celui qui les regarde, provoquant le simple sourire approbateur, l’interrogation et tout simplement la découverte de la psyché de l’artiste.

On peut constater que les visages des protagonistes, notamment les amants, portent souvent une expression résignée ou triste, voire menaçante. L’origine de ces traits peut être liée à la technique utilisée, mais chacun se fera sa propre opinion.

(Version lue United Dead Artists)

Ménagères En Chaleur de Armas

Ramon Armas est un dessinateur Espagnol.

Armas Menageres en chaleur CouvEn bref, avec une quinzaine de mini-histoires, Armas nous brosse le portrait de ces femmes du quotidien. Elles sont toutes ces femmes qu’on ne regarde pas forcément, mères de famille, caissières, voisines, etc.

Avec un graphisme plus que moyen, les histoires s’enchainent, les soupirs aussi. C’est lourd et ça y va à la truelle. « Vous en vouliez, vous êtes servis, ne venez pas vous plaindre, » semble dire l’auteur.

C’est poussif, alors les femmes en font toujours plus, vont toujours plus loin. Un homme, deux, quinze, un pénis, quarante, quelle est la différence? Malheureusement on s’ennuie, l’humour n’est pas là ou est bien trop gros, les situations sont improbables. Bref, du début à la fin, on y croit pas une seule seconde et on a envie de refermer le recueil pour passer à autre chose.

La fameuse « Girl Next Door » méritait un traitement meilleur, c’est un fantasme universel. Mais là c’est un saucisson à l’ail de sous-marque. Rarement un album n’aura été aussi peu érotique, malgré une débauche de scènes crues.

– Tiens, je vais l’enculer un peu plus celle-là !

– Ooh ! Et pourquoi moi ?

– Parce que t’es une pute !

(Version lue DYNAMITE collection Outrage)

Alice de Riverstone et Mandryka

Riverstone est l’auteur de Nagarya. Mandryka, le scénariste de l’album ci-présenté, est le créateur du personnage du Concombre Masqué.

Mandryka Riverstone Alice CouvEn bref, Mandryka adapte Alice Au Pays Des Merveilles de Lewis Carrol. Bien entendu, on retrouve quelques étapes importantes de l’histoire originelle, mais l’absurde des rencontres improbables se mêle aux courbes affolantes et parfaitement matures d’Alice.

Avec une bonne dose d’humour et de jeux de mots, la lecture est drôle et parfois déconcertante. Certes le tout est léger. L’affolante Alice est constamment à la recherche de vêtements ou prend les poses plus lascives et indécentes les unes que les autres.

Le voyage est hallucinant, entre rêves, drogues et rebondissements inattendus portés par des couleurs audacieuses. « Alice » reste une histoire sexy avec une héroïne dévêtue aux courbes affriolantes qui reste chaste cependant. A aucun moment, elle ne subit les assauts d’éventuels prétendants.

Malheureusement, la lecture s’interrompt abruptement et aucune suite n’est sortie officiellement, on reste donc sur notre faim.

– Un noeud ? Oh, laisse-moi t’aider à le défaire !?

(Version lue Chefs d’œuvre de la BD Erotique Tome 5 – Rombaldi Editeurs)

(Les couleurs sur les images sont malheureusement saturées)

Memory de Milo Manara

Que ça plaise ou non, Milo Manara est l’auteur le plus connu pour ses Bds érotiques.

Milo Manara Memory CouvEn bref, Memory est un recueil de dessins réunis en thèmes chers à maestro. Ainsi, on découvre des mises en scènes de personnages historiques ou mythiques, des sites géographiques, ou bien encore la musique et la publicité.

Toujours avec le style qui lui est propre, on ne peut que tomber sous le charme de ses aquarelles et de son goût immodéré pour placer une nymphe aux fesses rebondies et aux courbes affolantes.

Mais c’est aussi l’occasion de le découvrir avec d’autres moyens, notamment dans les quelques pages de carnet de voyage. Bien que la majorité des pages soit des travaux finies, on sent la recherche et une volonté de composer des mises en scène plus élaborées avec une vraie influence de Hugo Pratt.

Memory est intéressant et enthousiasmant, bien qu’inégal. On ne peut que le recommander aux aficionados de l’auteur.

(Version lue Editions Paquet – épuisé)

Nathalie la Petite Hôtesse de Jaap De Boer et Joop Van Linden

Nous avions parlé de Jaap de Boer pour son album consacré à Betty Page.

Jaap De Boer Nathalie La Petite Hotesse CouvEn bref, véritable fantasme de lecteur de Spirou créé par Walthéry dès 1965, Natacha est longtemps restée le personnage le plus sexy de la Bande Dessinée pour enfants. De Boer reprend donc les personnages et leur rajoute une dimension sexuelle plus affirmée.

Si le scénario pêche un peu, la succession de scènes délirantes provoque le sourire. Au programme, le lecteur a droit à du détournement de moines dans l’avion, à un atterrissage en catastrophe dans la jungle et des sauvages castreurs et « réducteurs de biroutes » !

La jovialité et l’humour un peu lourd sont réunis pour passer un bon moment léger et inconséquent. Le trait d’origine est respecté, les amateurs de ligne claire seront comblés.

Hommage appuyé et quelque peu lourdingue, l’exercice est néanmoins réussi. A lire pour la bonne humeur.

– Vous faîtes un tabac ce soir, Nathalie !

– Oui. Mais avaler autant de fumée m’irrite la gorge !

(Version lue Chefs d’Œuvre de la BD érotique Tome 5 – Rombaldi Editeurs)

Valentina Assassine ? de Guido Crepax

Guido Crepax fait partie de ces auteurs à l’œuvre forte proposant un érotisme particulier, mais d’une force indéniable.

En bref, Valentina est un des personnages de Crepax, il y aussi Anita et Bianca, etc. « Assassine? » est le 4e volume des aventures de la belle brune, âgée de 33 ans, mariée et mère de famille .

Valentina ressemble physiquement à Louise Brooks, actrice qui a aussi inspiré Hugo Pratt pour un personnage de Fables de Venise. Ses aventures se placent entre fantasmes et réalité. Le lecteur perd ses repères.

Crepax est un passionné des fesses et il dévoile souvent son héroïne de dos. Si la BD semble datée sur les choix vestimentaires, elle reste résolument moderne avec une mise en page des plus dynamiques. On notera beaucoup de références et d’hommages dans cet album (Pravda, Charlotte Rampling dans « Portier de nuit« , Man Ray, Pichard, etc.), Cinéma et Bandes Dessinées sont les principales références de l’auteur. Le résultat peut être considéré comme psychédélique, mais terriblement enthousiasmant et intelligent.

Trop peu connu et peu réédité (quoique Delcourt réédite ses adaptations d’écrits érotiques majeurs), Crepax mérite toute l’attention des passionnés du genre et chaque collectionneur se doit d’en avoir dans sa bibliothèque !

– Lève les bras et écarte les jambes, ma chère… Et baisse ton collant !

(Version lue Futuropolis)

Drekbook de Anton Drek

Anton Drek est le pseudonyme de Don Simpson. Sous cette identité, il est un auteur de comics adultes.

En bref, Dredbook est un recueil de l’intégrale des parutions d’Anton Drek, reprenant les titres « Wendy Whitebread, Undercover Slut » et « Forbidden Frankenstein ».

En détournant les codes du comics de genre (policier et fantastique), Drek livre des histoires savoureuses et drôles. Les aventures de Wendy, flic en planque qui porte son badge sur le sexe, sont un mélange adroit d’humour et de pornographie. L’histoire n’est qu’un prétexte afin d’amuser le lecteur.

Frankenstein reprend le même principe. La créature a évidemment un sexe énorme qui intéresse toutes les femmes qui la croisent.

Le ton est débridé, la censure est loin. Drek se lâche et c’est un bonheur à lire. Ses couvertures façon comics Old School explicites sont des perles d’humour noyées sous le sperme.

– Par l’anus, c’est presque insoutenable ! Je vais exploser !

(Version lue DYNAMITE Collection Outrage)