Erotica T1 de Vaughn Bodé

Vaughn Bodé est un auteur américain décédé en 1975 alors qu’il avait à peine 34 ans. Son œuvre continue à marquer et reste vivante.

Vaughn Bode Erotica T1 CouvEn bref, DeadBone Erotica est un monde très particulier. En effet, il n’y a aucun homme, mais des sortes de lézards humanoïdes, et des femmes amazones fortes et dénudées.

Les « gags » sont sous forme de planche unique, donc très courte. On garde surtout en tête le coté graphique de l’ensemble, qui a très largement influencé le milieu du graffiti. En effet, ses personnages, ses couleurs se retrouvent encore maintenant sur le murs de nos villes.

Ses femmes sont libres, fortes, dominantes et affichent leurs rondeurs sans pudeur. Les hommes-lézards sont obsédés et relativement bêtes. Si le fond est léger et davantage coquin et fripon que sexuel, on retient la grande liberté de ton et de forme propres à l’underground des sixties avec les thèmes de la sexualité et de la défonce.

C’est très certainement cette énergie et liberté qui en font un auteur aussi influent près de 40 ans après son décès. Que son univers et ses couleurs vives continuent à être repris et à vivre au travers du graffiti montre la puissance de son héritage.

– Un tactilomane comme moi ne résiste pas à une mamelonienne aux auréoles au chocolat !

(Version lue Neptune – épuisé)

Onikage de Saeki Toshio

Saeki Toshio est un des maîtres de l’Ero-Guro.

En bref, Last Gasp nous permet d’admirer une trentaine de dessins inédits de Saeki Toshio. La particularité marquante du livre reste ces pages de calques permettant de voir comment travaille l’artiste.

L’univers de l’artiste est riche de références. Tout d’abord, on peut évoquer le chambara ou films de samouraï, le voyeurisme, des jeux sexuels étranges, le folklore nippon (Kamis, tengu, démons, etc) et le grotesque.

La mise en scène évoque toujours une histoire, le samouraï interrompant un coït, le vieillard découvrant caché le viol d’une femme par un démon, etc. Sous un air très classique, Saeki Toshio est un digne descendant de la tradition de l’estampe nippone. Les codes de cette culture y sont beaucoup utilisés et vous demanderont un peu de curiosité pour apprécier pleinement les sous entendus de ces œuvres.

A travers de scènes infernales ou sur les tatamis, Saeki Toshio nous dévoile un panthéon de cruauté, de débauche, mais aussi d’amour et de luxure.

(Version lue Last Gasp)

Les Onze Mille Verges de Guillaume Apolinaire et Liberatore

Guillaume Apollinaire est l’un des plus grands poètes français du début du XXe siècle. Liberatore est l’auteur entre autres de Ranxerox.

11000 VERGES[DRU].indd.pdfEn bref, Liberatore illustre le récit très érotique d’Apollinaire. Le parcours sexuel de Mony Vibescu, prince roumain à la virilité volontaire, passe par Bucarest à Paris et la Chine.

Cette fiction est comme une longue perspective de pratiques sexuelles de plus en plus « passionnées ». On est confronté au catalogue complet de l’époque et force est de constater que les choses n’ont pas tant évoluées que ça. Cependant, il faut être bien préparé à cette lecture qui dérange fortement par instants.

Là-dessus, Liberatore illustre certains passages forts avec toujours autant de brio. Le travail sur la musculature, la peau et l’anatomie en général est bluffant.

Définitivement l’ouvrage est un superbe objet pour les érotomanes à la recherche de textes forts et d’illustrations majestueuses.

(Version lue Drugstore)

Mahârâja de Labrémure et Artoupan

Artoupan dessine le scénario de Labrémure pour cet album dont vous pouvez suivre la création sur le blog officiel.

En bref, 1917, un grand hôtel attend l’arrivée d’un gros client, un mahârâja et sa cour viennent investir les lieux. Tout ce petit monde est ébullition, mais une menace plane.

On est d’abord surpris par le trait d’Artoupan et ses couleurs justes, mais les premières pages sont un peu bancales. On peine à y croire, mais la présentation de la directrice et surtout l’arrivée  de la cour chatoyante changent la donne.

Dès ce moment, la fantaisie et l’érotisme se font plus certains. Le lecteur est dans un monde léger, entièrement tourné vers le plaisir. La nonchalance muette du Mahârâja envoûte et perturbe tout le monde et surtout ceux qui sont à ses trousses.

La pointe d’humour nécessaire à l’album se trouve autour du personnage du tueur anglais. Celui-ci a un je-ne-sais-quoi du faux-dur à qui il arrive des facéties qui l’empêchent de mener à bien son œuvre.

On reste sur une impression de légèreté jusque la fin. Sans être un grand album, le moment de lecture est plaisant.

– Vraiment ? … Ne pensez-vous pas qu’il y ait des choses plus intéressantes à faire à cette heure de la soirée ?

(Version lue Drugstore)

Horny Biker Slut de John Howard

John Howard est un auteur américain.

John Howard Horny Biker Slut Couv

En bref, Horny Biker Slut comprend les aventures d’une brune sans nom, tatouée entre autres sur la fesse gauche, chevauchant sa Harley et tous les hommes bien montés aux alentours.

Bagarre, mauvais whisky, cuir craquelé sont une partie de l’univers de cette « salope » anonyme. Drôle et irrévérencieux, cet ouvrage est aussi brut de décoffrage et sans concession au bon goût ou à la finesse.

Ici, les femmes dominent le jeu et ont un appétit sexuel délirant tendance dilatation extrême et pénétrations multiples, mâtiné de transsexuels pervers et lesbianisme de secours.

Le dessin au trait grossier très particulier ne ravira pas tout le monde, mais c’est bien l’objectif de John Howard, être outrancier au possible. Certains y verront une surenchère inutile, j’ai personnellement beaucoup ri.

– Ecoute : on a passé les six derniers mois à mastiquer de la chatte comme un bouledogue ! Tu veux qu’on t’aide ? Allonge du mâle !

(Version lue DYNAMITE Collection Outrage)

La Passion Du Bois de Frédéric Fleury

Frédéric Fleury est un artiste français.

En bref, 36 pages de dessins de Fleury sont au programme de ce fascicule de chez UDA. La Passion du Bois vous propose une balade champêtre avec bucherons exhibitionnistes.

Avec un trait simple et rond, des couleurs pastel dignes des meilleurs coloriages, on est plongé dans un univers à la folie douce, mais profonde.

Chaque dessin évoque une relation avec un arbre ou la terre, le « bûcheron » (appelons le comme ça) au sexe droit le fourre sans pudeur ou joue dans une innocence délirante.

Ici, les jeux d’urine semblent enfantins et naturels. Un tronc et quelques cordes sont les parfaits accessoires pour continuer la communion avec la nature.

On est partagé entre sourire ou se demander pourquoi à chaque page. Mais le plaisir est simple et on le cueille comme le fruit prêt à tomber de l’arbre.

(Version lue United Dead Artists)

Hello Anita de Guido Crepax

Dernier volet de la trilogie d’Anita, Crepax dépeint les relations obscures d’Anita avec son téléphone, après avoir traité la télévision et l’informatique.

En bref, Anita est une jeune femme de son époque seule face à la technologie et son imagination. Après une télévision très envahissante, la voici aux prises avec son téléphone. Pour l’aider à résister à ce démon, Valentina fera quelques apparitions.

Le corps longiligne d’Anita est mis a rude épreuve, mais bien pire encore c’est sa santé mentale qui bascule avec l’intrusion du téléphone dans sa vie. Son imagination lui fait rêver de relations avec des étrangers violents, un lézard ou encore un réparateur de téléphone violent, mais surtout avec elle-même.

Anita est une héroïne évoluant dans un monde moderne et plus de 30 ans après sa parution, la trilogie reste d’actualité. L’addiction aux nouvelles technologies aurait pu faire l’objet d’un tome.

Toujours plus sensuel et cérébral que tout autre auteur, Guido Crepax est l’auteur à lire et posséder. Son dessin et ses cases sont parmi les plus belles que l’on puisse voir.

– Maintenant, tu peux dormir tranquille, Anita… Et ne fais plus attention à tout ce qu’on te dit au téléphone !

(Version lue Chefs d’œuvre de la BD Erotique Tome 2 – Rombaldi Editeurs)

DirtSSVérité – NoHopes 5 de Bruno Richard

Bruno Richard est un pionnier du graphzine français. NoHopes est un jeune périodique dont on a parlé ici.

En bref, Bruno Richard a envahi NoHopes pour un numéro. En 16 pages taille A4 et un booklet de 12 pages plus petit, nous découvrons des travaux récents de l’artiste (compositions principalement de 2011 et début 2012).

Si on est frappé par la densité du dessin de Richard au premier regard, l’œil trouve vite ses repères et l’univers se révèle par touches progressives. A chaque observation,on découvre quelque chose de plus, une phrase, un membre, une expression, etc.

Les corps torturés des femmes de Richard sont en pleine action, elles se filment, vomissent, se déshabillent ou bien se touchent. Elles sont parfois grotesques, mais l’ensemble est rude et âpre. Certaines planches comportent des phrases apportant un contexte ou illustrant le propos, parfois difficiles à lire, forçant à plonger davantage dans cet enfer charnel.

Le livret accompagnant NoHopes à chaque numéro est ici très spécial. En plus de contenir d’autres dessins, il est imprimé sur des feuilles de magazines adultes et chacun aura donc un exemplaire unique.

(version lue Imprimeries Clandestines de Montreuil – disponible chez BD Spirit, Paris 18e, Rue Ramey)

14/05/2012 : le site officiel NoHopes http://nohopesmagazine.com/ est en cours de construction.

Les Larmes Du Sexe de Alex Varenne

Alex Varenne est un des maîtres de l’érotisme à la française. Il est l’auteur de Erma Jaguar.

Alex Varenne Larmes Du Sexe CouvEn bref, sous une forme peu banale de textes illustrés et de récits courts, Varenne explore la femme en 3 chapitres : Les « zones anatomiques », les « zones érogènes » et enfin les « zones terminales ».

En dressant rapidement des portraits de femme en un texte court et joliment tourné accompagné par des dessins classieux, le dessinateur s’exerce à une autre version de l’érotisme illustrée, qui fait appel aux fantasmes du lecteur. Il redevient plus « classique » dans ses histoires courtes, mais le mariage des deux fonctionne très bien.

Son trait est toujours plein de mystère avec ses ombres parfaitement maitrisées, les regards affolants et les courbes révélées. Ses femmes restent chics et belles quelque soient les circonstances.

Sur les 3 parties, la préférence va à la dernière qui finit par emporter les sens. Mais l’ensemble est très convaincant, mais très cérébral.

– Escalier de service, escalier des mes vices, prête à tous les sévices.

(Version lue Les Humanoïdes Associés disponible sur Averotix)

Le Labyrinthe Des Rasoirs de Jun Hayami

Âmes sensibles, ne vous approchez pas du « Labyrinthe Des Rasoirs », Jun Hayami va vous faire beaucoup de mal.

Hayami Jun Labyrinthe des Rasoirs CouvEn bref, 10 histoires courtes indépendantes sont proposées dans ce recueil mettant en scène des adolescent(es) et des jeunes adultes. Ils sont plongés entre premiers émois, coïts extrêmes et sauvagerie crue.

Chaque histoire est malsaine et le lecteur fera des pauses pour ménager sa santé mentale. La violence et la cruauté sont ici des pires qu’on ait eu l’occasion de lire. Ceci résulte certainement du contraste des psychologies et des situations. Une jeune fille dévouée pourra être amoureuse et vouloir se donner entièrement à son amant pervers, sadique et dépravé.

La force reste que le jugement est entièrement dans l’œil du lecteur. Et on fait presque face à des histoires morales. Avec un dessin simple et dépouillé presque daté, Hayami fait mouche et maitrise parfaitement l’exercice.

Ne reculant devant aucun tabou, le dessinateur va vous perturber, mais aussi vous interpeler. C’est un recueil sans concession qui ne laissera personne indifférent.

– Tu veux vraiment me voir faire caca ? … Junichi, comme tu es pervers !

(Version lue Editions IMHO)