Grossesse Nerveuse de Daisuke Ichiba

Daisuke Ichiba est un illustrateur japonais à l’univers très particulier.

En bref, la collection unique des grands formats United Dead Artists propose cette fois une collection de dessins de cet artiste japonais où nous sommes confrontés à des jeunes femmes dans des situations grotesques.

Souvent parées du fameux costume d’écolière nippon, vêtement porteur de fantasme, elles ont le regard vide et loucheur, comme perdues dans un cauchemar horrible.

Si  le premier contact est rude à cause des éléments sanguinolents, la revisite dévoile des thèmes et des obsessions très particuliers. Les murs et les monstres se couvrent d’yeux vulvaires absurdes. Certains visages n’ont pas de face, mais des vagins dégoulinants et ornés de dents. Les personnages principaux semblent sortis de l’Ero-Guro de Suehiro Maruo ou Saeki Toshio. L’horreur et le bandeau sur l’oeil rappellent la maladie, le malaise, un enfer personnel très chargé de symboles…

Une des forces de Daisuke Ichiba réside dans l’interprétation propre à la personne qui est confrontée à son art. Brutal et sanguinolent pour certains, enfer féminin pour d’autres. On ne peut rester insensible et on est vite fasciné.

( Version lue United Dead Artists)

Sally Forth de Wallace Wood

Nous avons déjà parlé de Wallace Wood pour Fées en Folie.

Wallace Wood Sally Forth T1 CouvEn bref, Sally Forth fait partie d’une équipe de bras cassés de l’US Army. Elle est l’alibi sexuel du groupe où tous les autres sont spécialistes de leur art, mais ils sont tous surtout très bêtes. Les aventures de la compagnie ne sont pas tristes, commencent sur terre, partent dans l’espace et Sally les vit le plus souvent complètement nue.

Parues à l’origine dans des magazines destinés aux appelés, les histoires portent l’humour de leur époque et sont un mélange d’humour, d’aventures et de clichés sexy. Ce sont les grands jours du calembour et de l’humour potache. On peut reprocher la lourdeur du genre, mais on rit et on soupire devant le jeu de mot lourdingue. Tout comme Fées en Folie, il y a beaucoup de parodies, Flash Gordon, Buck Rogers et Tarzan, grands classiques de l’époque.

La lecture rappelle l’humour et l’aventure à la Elvifrance, quoique plus classe que les parutions équivalentes pour les troupes françaises. Mais ne nous trompons pas et c’est bien un précurseur du genre que nous tenons.

Amateurs d’humour un peu daté, jetez vous sur ces 2 tomes. Wally Wood semble se lâcher davantage sur le 2e volume avec Sally qui prend des poses de plus en plus osées et suggestives.

– Mince alors ! Il voulait vraiment me montrer une fusée !

(Version lue 2 tomes Editions Hors Collection  » j’aurais mieux fait de me taire » et  » Je ne suis pas celle que vous croyez »- épuisé)

Aventures Mythologiques de Milo Manara

Dernier volume de la réédition des aventures de Giuseppe Bergman dessinées par Milo Manara, Aventures Mythologiques comprend « Revoir Les Etoiles » et « l’Odyssée ».

GIUSEPPE T4[DRU].indd.pdfEn bref, Manara, sur ces 2 albums, montre ce qu’il inspire. Après l’aventure, Hugo Pratt et l’imaginaire africain et oriental, c’est la peinture classique, la rêverie, le cinéma, mais aussi l’antiquité qu’il nous dévoile.

Certes, c’est sa vision, mais contrairement à d’autres albums, ici, Manara est le maitre qu’on connait. Son style graphique y est à son meilleur et on peut y voir ses recherches de textures dans « Revoir Les étoiles » avec l’aquarelle et son trait noir et fin dans « l’Odyssée ». Tout le monde tombe sous le charme. Certes, quelques uns le trouveront pompeux, trop intellectuel et pas assez érotique. Il rappelle néanmoins que la volupté n’est pas que dans l’exposition ou l’outrage sur corps nus.

Guiseppe Bergman est la série à lire de Manara. On retient Le Déclic et Le parfum de l’Invisible pour leur pornochic. Guiseppe Bergman est bien au-delà. Chaque tome est une oeuvre forte qui laisse des traces.

On remercie Drugstore d’avoir réuni des illustrations et des pages censurées en fin de volume pour prolonger la lecture.

A lire, à posséder, la série des Giuseppe Bergman devrait figurer en bonne place dans toute bibliothèque !

– Moi, en tout cas, je reste toujours ici, pour voir les filles toutes nues. Comment est-ce que vous dîtes ? Faites l’amour, pas la guerre. Moi aussi, c’est ce que j’ai toujours pensé.

(Version lue Drugstore)