War & Penis de Frédéric Fleury et Johnny Ryan

Frédéric Fleury est le dessinateur du délirant « la Passion du Bois« , responsable de FM (Frédéric Magazine) et Johnny Ryan est un dessinateur américain publiant Prison Pit.

Fleury Ryan War Penis CouvEn bref, les 2 dessinateurs se sont insultés sur un tumblr pendant des mois et le résultat est WAR & PENIS.

2 versions sont disponibles, la première avec une couverture où le français l’emporte, l’autre pro-américaine.

Les premières pages donnent vite le ton. Si vous ne supportez pas l’humour pipi-caca aux références trash, passez votre chemin. Les autres s’esclafferont devant une telle débauche d’imagination à si mauvais escient.

C’est une « battle » où tous les coups sont permis. Donc la sexualité, l’hygiène, la morale, voire la qualité des parents sont des arguments pour insulter allègrement son adversaire. Les quelques pages évoquant la conception de chacun sont d’un « raffinement » rare!

Un livre bête, sale et méchant, complètement inutile, donc totalement nécessaire !

(Version lue The Milan Review)

Claire de Nuit de Carlos Trillo, Eduardo Maicas et Jodi Bernet

Le duo Bernet et Trillo a créé la série Bang Bang.

Trillo Bernet Claire de Nuit CouvEn bref, Claire est une prostituée classique, appuyée sur son lampadaire à attendre le client en mini jupe avec la poitrine en évidence. C’est le métier qu’elle a choisi pour subvenir à ses besoins et à ceux de son fils Juju.

Sous formes de gags en deux pages, on découvre le quotidien de la parépapéticienne brune la plus convoitée de la ville. Comme Bang-Bang, elle a tous les hommes à ses genoux, la langue pendante. C’est aussi son parfait sosie.

Malheureusement, la majeure partie des gags tombent un peu à l’eau et arrachent difficilement un sourire. On est loin de l’humour ravageur de Bang-Bang. On reste sur un ton léger, un peu convenu et potache.

Évidemment, les hommes ne pensent qu’à la bagatelle et à se vanter après d’avoir gouté à la plus belle femme qui soit.

Au final, on se dit qu’on tient le cadeau parfait pour un beau-père un brin coquin à l’humour douteux et nostalgique de sa jeunesse militaire dans les maisons closes.

– Cette Claire est incroyable : non seulement, elle se fait tous les hommes du quartier, mais, en plus, elle se tape même l’homme invisible !

(Version lue ERKO – réédité par Fluide Glacial)

Blue de Naoki Yamamoto

Naoki Yamamoto est l’auteur de l’excellent Asatte Dance et reste un auteur trop rarement publié en France.

Naoki Yamamoto Blue CouvEn bref, 7 histoires sont au programme de ce recueil oscillant entre histoires de coeur et de baise lycéenne, comédie sentimentale et situations absurdes. Tout l’art de Yamamoto y est représenté, touchant presque l’Ero Guro sur la dernière histoire.

Toujours avec des héroïnes fluettes, mais pleines de caractère et résolues, ces histoires constamment ponctuées de scènes de sexe réussissent à émouvoir et à prendre à contre pied le lecteur. Les hommes et les adolescents ne sont souvent réduits qu’à des caricatures tenus et guidés par leur satisfaction sexuelle, victimes de leur appétit sexuel, à la merci complète de celle qui veut bien se laisser faire. Avec Yamamoto, l’amour ou les sentiments naissent post coït et, le plus souvent, aux dépends du garçon.

On retient aussi les dialogues durant les scènes. Ici, pas ou peu d’images poétiques, mais une représentation de l’union de deux corps, de la découverte de la sensualité avec étonnement, curiosité et exaltation. Bien que les femmes semblent ne pas le désirer, ce sont bien elles qui exploitent leur corps pour mieux obtenir ce qu’elle cherche (ici, romance, drogue, affection, etc.).

Le tout est plein d’humour et d’une forme de mélancolie et de tendresse pour une époque de vie où l’on découvre l’amour et le sexe, mais aussi la réalité de la vie.

« Blue » est d’une subtilité rare, reprenant les codes de hentai et de la comédie romantique.

– Je n’ai pas arrêté de penser à des trucs cochons pendant le cours. Je suis trempée  de sueur et de sécrétions … 

(Version lue IMHO Editions)

 

La Belle Eplorée et Autres Histoires de Leone Frollo

Leone Frollo fait partie des grands maîtres de l’Erotisme fait BD.

En bref, « La Belle Eplorée et Autres Histoires » compile toutes (?) les histoires courtes de Frollo révélant l’évolution de son trait, mais surtout l’éventail de ses fantaisies.

En quelques cases, ses femmes vous ensorcellent. Croiser leur regard emporte le lecteur, c’est suffisamment rare pour être souligné.

Si Frollo est plus associé à ses récits de début de 20e siècle avec ses femmes fortes, rondes et affirmées, il n’en reste pas moins un dessinateur de son époque et n’échappe pas aux récits de Science-Fiction ou à l’aventure, voire le récit sans paroles.

La qualité des histoire est variable. Les pages sur Betty Page sont un bien meilleur hommage que celui de Jaap de Boer. Son Venise reste la ville mystérieuse et sensuelle d’amants aux moeurs légères. Peggy reste la secrétaire malhabile de jour, mais la maîtresse sauvage la nuit.

Le contraste du dessin encré et le crayonné dans « La Belle Eplorée » amène une intensité rare dans une scène de bondage puissante et cruelle.

Le recueil est un bel exemple d’érotisme tantôt classieux, tantôt vulgaire et futile surtout dans quelques dialogues.

– Tu frottes ton engin entre mes cuisses pour t’exciter ! Je le sens bien ! Relève-toi, cochon !

(Version lue Delcourt Erotix)

Hilda de Hanz Kovacq

Hanz Kovacq serait le pseudo de Bernard Dufossé.

Hanz Kovacq Hilda T1 Couv En bref, chaque nuit, Hilda est hantée par des rêves dans lesquels elle incarne une princesse moyenâgeuse, Hildegarde. Celle-ci ne vit pas la vie de château, mais est constamment harcelée, violée, écartelée. Sous l’impulsion d’une amie, Hilda va trouver un psychiatre qui va vite profiter d’elle.

Parfait produit du magazine BD Adult’ et consors, Hilda est une série hautement pornographique et obscène. Le belle brune est soumise à des jeux d’une cruauté absolue dans un univers uniquement sexuel et totalement fantasmé, mâtiné d’une touche de fantastique. Kovacq ne recule devant aucun tabou et laisse court à des fantasmes crus très portés sur l’anal, la domination, voire la violence physique.

Les hommes sont tous extrêmement membrés, les femmes chaudes et dégoulinantes. Même la présence de quelques démons aux langues très pendantes ne choque pas la lecture et rappellera les hentai aux amateurs du genre. Ici, tout est hors norme.

Le trait est plus que satisfaisant, réaliste et surtout au service des délires scénaristiques et le déluge de scènes débridés. On est même surpris par la construction des pages qui fait tout pour nous dévoiler les détails anatomiques et se passe volontiers des cases.

Si la série lasse un peu, on reste en présence d’une série franche, imaginative, excitante et sans demi-mesure, ce qui fait regretter la relative difficulté à trouver ce titre en librairie.

– Son clitoris est devenu si gros que je peux le sucer comme le sexe de mon frère quand il était petit !!

( Version lue 4 tomes Rebecca Rils)