Linda Aime l’Art de Philippe Bertrand

Philippe Bertrand était un dessinateur français ayant collaboré notamment avec Charlie Hebdo.

Philippe Bertrand Linda Aime l'Art CouvEn bref, en scénettes de quelques pages, Linda est dévoilée chez elle devant son vidéoscope, sorte d’écran-caméra.

Avec un dessin et une mise en page typique des années 80, on se trouve en présence d’un produit unique, mais extrêmement daté. Le propos est aseptisé, sexuel certes, mais extraordinairement statique et vide de passion. Aucune passion ou excitation dans ces pages ne transparait. Il y a bien des postures érotiques, des actes aussi, mais tout semble détaché.

Le propos doit être ailleurs. Malheureusement le dessin ne convainc pas. La construction des scènes est certes le plus intéressant. C’est sur ce point que le lecteur sera ravi ou perdu définitivement.

Beaucoup de thèmes sont utilisés, notamment le voyeurisme/exhibitionnisme du vidéoscope (canal Q est un clin d’oeil très appuyé à Canal +), mais aussi les jeux de rôles sexuels. Cependant, le tout manque cruellement de sueur et d’émotions.

« Linda Aime l’art » est intéressant pour les lecteurs cherchant à retourner dans les années folles des 80’s avec cette BD arty et snob.

– Un obsédé a trafiqué le téléphone d’intérieur de l’immeuble

– Linda est une salope… Linda est une salope… Linda…

(Version lue La Musardine)

Les Dessous de la Vie Amoureuse Selon Jim

Jim est un dessinateur français prolifique d’humour.

En bref, sous la forme de petits sketchs, Jim accumule les clichés sur la vie de couple et cherche à nous faire sourire de nos comportements.

En 2 ou 3 pages, avec une situation de base simple et vécue par tous, le dessinateur cherche à nous faire rire ou au moins sourire avec plus ou moins de succès.

Le trait est moderne, vif, fade et ennuyeux à mourir. On reste sur le registre de la Bande Dessinée de magazine pour adolescents. Ici le couple de « héros » est composé d’une blonde un brin bimbo et un « djeun » à la coupe improbable. Tout y est réuni pour une caricature de la vie amoureuse et des genres.

Les thèmes sont édulcorés, arrondis et lissés. De la rencontre à la vie à deux sous le même toit, puis le premier enfant, le mariage, etc, tous les thèmes du couple y passent sans une originalité débordante.

Au final, on ne sait pas pour qui est destinée cette BD, ado ou jeunes adultes, personne ne semble s’y retrouver. On en vient presque à souhaiter de rester célibataire.

– Où tu vas, toi, tu m’as proposé « sieste », pas « sexe » ! Cotontige-toi les oreilles, toi, fais ce que tu veux, moi, sieste, c’est sieste !

(Version lue Vents d’Ouest)

Maxi Cula de Namio Harukawa

On avait déjà beaucoup apprécié Callipyge.

En bref, Namio Harkawa est monomaniaque. Il dessine uniquement des femmes aux formes rondes et généreuses assises sur le visage d’hommes malingres.

Si les premières pages provoquent le sourire, on est vite capté par le grain de la peau de ces dames, mais aussi leur regard. La grande qualité du dessin de Harukawa est tout simplement bluffante.

A mi chemin entre la démonstration de domination brutale et une ode à l’anulingus, « Maxi Cula » reprend près de 150 dessins de l’artiste avec des couleurs tendres et douces.

Le portrait de la femme japonaise est ici à l’opposé de la caricature habituelle (notamment dans les fameux hentaï) de femme soumise, victime et brutalisée.

Au final, le recueil est certes très particulier, mais le charme des dessins opère très bien, tout en poussant le spectateur à s’interroger.

(Version lue United Dead Artists)

Horny de Reinhard Scheibner

Reinhard Scheibner est un dessinateur allemand.

Reinhard Scheibner Horny CouvEn bref, l’univers de Scheibner est composé autour de scènes sexuelles fortes et perturbantes. Très souvent axées autour d’êtres hybrides au corps de femme, mais avec un sexe masculin, les tableaux montrent souvent des hommes soumis, ainsi que de « vraies » femmes passives et observatrices.

Le travesti ou le « she-male » est un thème fort chez Scheibner. On ne sait plus ce qu’on regarde, c’est un nouveau sexe. Complètement impudiques, ces personnages sont nus ou s’exhibent très volontiers. Ils se caressent, dévoilent leur anus ou se font lécher de manière assez vulgaire.

L’ensemble est très sombre. Le sourire des travestis ne suffit pas à détendre le spectateur. On se retrouve comme les hommes dessinés à la merci de ce nouveau sexe impérial et toujours triomphant.

Il en ressort donc beaucoup d’homo-érotisme et d’associations d’images diaboliques, succomber au désir est un péché, comme souvent dans l’érotisme occidental.

Au final, l’univers ultra pornographique de Scheibner est contrasté, oscillant entre trash transexuel et enfer lubrique, mais aussi sexualité « hors-norme » dans un cadre intime.

(Version lue United Dead Artists)

En attendant un éventuel accord de l’artiste pour davantage d’illustrations, vous pouvez retrouver beaucoup d’illustrations du livre sur cette page)