Jintarô Le Caïd de Shinjuku de George Akiyama

George Akiyama est un mangaka majeur dont les titres commencent à être publiés en France.

Jintaro CouvEn bref, Jintarô est un prêteur sur gages odieux aux méthodes ignobles. Profitant des situations désastreuses dans lesquelles se retrouvent ses débiteurs, mais aussi de son statut de nouveau riche, il exige et obtient les faveurs de ses proies féminines.

Dans une ambiance très années 70, le manga se veut un moment de détente où le héros est une pure crapule, un anti-héros dégoûtant. L’argent semble lui procurer son âme, mais au fur et à mesure des 6 histoires, le lecteur découvre des points plus profonds du personnage.

Mais avant d’être sympathique, nous découvrons ses méthodes de chasse et son comportement avec les femmes. Violent, égoïste et misogyne  il se venge de son passé et de son physique ingrat. Il sent parfois son cœur battre, mais ne sait pas l’interpréter.

Malgré le portrait de sale type, « Jintarô » est un moment de pur plaisir un peu coupable recommandé aux amateurs de manga avec un trait old school.

– Les femmes, c’est comme les nouilles, ça ramollit avec le temps.

– Une bonne baise libère le coeur des femmes…

(Version lue Le Lézard Noir)

I Love Alice de Nine Antico

Nine Antico est une jeune dessinatrice française.

Nine Antico I love Alice CouvEn bref, Alice est une lycéenne qui vient d’emménager avec sa famille et cherche à s’intégrer en rentrant dans l’équipe de rugby aux résultats désastreux. Elle découvre vite l’ambiance des vestiaires moites et de la fameuse troisième mi-temps.

5e volume de la collection BD CUL, la formule fonctionne toujours. Nine Antico offre un récit typiquement adolescent avec une belle part d’érotisme hétérosexuel et surtout lesbien. Peut-être est-ce le volume le moins drôle, mais il est bien le plus réussi en terme de mise en scène.

En plaçant le récit dans les années 90, la jeune auteur se permet des clins d’œil à l’époque (notamment musicaux), mais permet ainsi un rappel de l’émoi sexuel des adolescents que la majorité des lecteurs était et n’a certainement jamais assouvi de la sorte. Il règne dans ses cases une grande liberté et fraîcheur.

La BD se lit très vite et, tel un film porno, se termine sur un climax bien mérité oscillant entre rêve et réalité. « I Love Alice » ne plaira pas à tout le monde entre ses choix scénaristiques et le graphisme très stylisé de Nine Antico.

– Il bande, on le baise, il gicle ! 

(Version lue BD Cul – Les Requins Marteaux)

L’Ile Mystérieuse de Filobédo

On a parlé récemment de Filobédo pour son album « Le Diable Par La Queue« .

En bref, Melonie Sweet est une plantureuse brune qu’aucun engin n’effraie. Elle part comme mascotte d’une équipe d’explorateurs en destination d’une île inconnue. Personne ne va s’ennuyer.

Remake d’une BD précédente du même auteur, celui-ci s’est fait plaisir et livre la version finale de ce chapitre des aventures de Melonie. Elle représente une héroïne parfaite, des formes improbables, une légère bêtise vite pardonnée par son appétit sexuel.

Avec un humour potache de bon goût, Filobédo réussit à nouveau son pari de réaliser une BD très sexuée, mais qui ne se prend pas trop au sérieux. Le rire est garanti, vite troublé par les performances de la belle qui a une préférence pour les groupes et les gros calibres.

Avec un dessin plaisant, des couleurs éclatantes et des expressions de visage très travaillées, Filobédo prouve une nouvelle fois qu’il est un auteur avec une belle vision du genre, assumée, légère et sans tabou.

– Cette petite vilaine me fourre les fesses avec une grosse courgette !! Peut-être que c’est bon pour mon régime ?

(Version lue Tabou Editions)

Video Girl Aï de Masakazu Katsura

Le « shonen » sentimental phare des années 90 n’est pas une oeuvre érotique directe, mais la tension sexuelle évidente des premiers volumes en fait une oeuvre de charme assez poussée pour les lecteurs ciblés, les adolescents. C’est donc l’occasion d’inaugurer une nouvelle catégorie « premiers émois« .

Masakazu Katsura Video Girl AI T1 CouvEn bref, Yota, 15 ans, est amoureux de Moemi qui, elle, est amoureuse de Takashi, le meilleur ami de notre héros. L’histoire de base repose sur ce triangle amoureux auquel se rajoute Aï, jeune fille fille mystérieuse sortie d’une cassette vidéo.

Subtile mélange de fantastique et de sentimentalisme naïf (niais?), VGA reste pour beaucoup les albums d’adolescentes fébriles aux petites culottes et aux fesses exhibées. Donc on pourrait conseiller le manga aux fétichistes du coton.

C’est certes réducteur pour les fans, mais VGA ne parle que de la route vers la première fois, le premier baiser, la première histoire. C’est l’heure des grandes déclarations, des larmes de joie et 3 pages plus tard, c’est la même chose avec une autre fille ou garçon. Les premiers volumes sont un brin plus osés. Aï passe beaucoup de temps à moitié nue sans aucune raison, les cadres dévoilent toujours un bout de slip.

Katsura maîtrise parfaitement sur cette série la fièvre adolescente des beaux sentiments et sa touche de soap fonctionne plutôt bien, mais se brise définitivement à force de revirement. Il réussit à flatter le coeur, tout en éveillant la bête immonde (c’est ce qu’il semble penser) des désirs.

On conseillera la série en premier temps pour les adolescents, mais aussi aux grands sensibles ou aux nostalgiques…

– Alors comme ça, Monsieur aime les filles aux gros seins…

(Version lue Tonkam Editions Version Deluxe 9 volumes – disponibles aussi en 15 volumes format poche)

The Art of Eric Stanton : For The Man Who Knows His Place

Eric Stanton est avec John Willie la référence du comics érotique.

The art Of Eric Stant For the Man Who Knows His Place CouvEn bref, le grand volume que propose Taschen pour enfin profiter des dessins d’Eric Stanton est un délice pour les amateurs.

Vous aurez accès à des extraits des différentes parutions du maître de ses débuts des 50’s aux années 90. L’évolution du trait et des obsessions est frappante.

L’entrave et la domination sont des thèmes récurrents et comme évoquait précédemment ce sont souvent les hommes qui sont soumis à une femme forte, celle contre qui personne ne peut se révolter.

C’est le fruit d’une époque. Le trait et les poses rappellent inévitablement les pulps et posent une ambiance unique. On s’étonne que le contenu ne montre que peu de sexe. Ici c’est  la pose qui prime, la domination, le jeu de rôle.

Classique, pourrait-on penser? Pas du tout. C’est Stanton qui dessinera le premier homme féminisé (si cher à Xavier Duvet) ou encore lui qui mettra en scène Bettie Page sur ses planches.

Les pin ups de Stanton restent vibrantes, fortes, belles, dominantes et marquantes. Elles s’émancipent totalement et, de fait, l’œuvre de Stanton est loin des clichés habituels.

– Tie my hands behind my back before you spank me.

(version lue Taschen en anglais)