La Vicieuse de Bruce Morgan

4e et dernier volume des Instincts Pervers, La Vicieuse boucle les aventures de Valérie et Sylvie.

Bruce Morgan La Vicieuse CouvEn bref, Valérie finit ses vacances sous les tortures consenties dans la ferme du Berry et retrouve sa vie de professeur. Mais après ce qu’elle a vécu, la vie est bien fade, mais aussi remplie de surprises…

La conclusion des Instincts Pervers est à l’image de la série. Avec son lot de soumission, de masochisme délirant et de nymphomanie débordante, les 4 tomes n’épargnent pas grand chose aux lecteurs.

La grande force de l’histoire est tout de même de réussir avec relativement peu de personnages à créer un lien entre eux et une vraie psychologie. Certes, le cadre réaliste explose par moments avec des scènes quasi-vomitives. Mais vous ne pourrez nier avoir été prévenu.

Les Instincts Pervers sont un vrai must. Choquants, déroutants, fascinants, dégoutants, ils ne peuvent laisser personne froid ou bien vous êtes morts.

– Faut avouer qu’elle ne se fait pas prier pour sucer des bites ou donner son cul !

(Version lue DYNAMITE Collection Outrage)

The Art Of Shintaro Kago

On a parlé de Shintaro Kago pour ses mangas. Il est aussi un grand dessinateur.

Shintaro Kago Art CouvEn bref, Kago est déjà délirant dans ses mangas aux histoires grotesques, crues et particulièrement sanguinolentes. C’est cependant dans ces planches contenues dans ce recueil qu’on y trouve toute la puissance de ses délires.

Avec un trait plein, sans aucune hésitation, et ses couleurs très retravaillées (merci photoshop), Kago montre son esprit visiblement habité de créatures éclatées ne pouvant contenir la furie qui les habite. Les crânes explosent et déversent leur contenu fétide, malade et pervers.

Ses portraits impressionnent par leur vivacité visuelle. L’oeil est sollicité fortement et le regard parcourent les multiples détails dont regorge chaque page.

Les défécations sont nombreuses, drôles et crues, tout comme les boyaux et la chair explosée. Tout y est très organique. On peut trouver l’ensemble trop vulgaire, mais ce sont bien là des œuvres qui marquent le spectateur.

(Version lue Timeless Edition)

L’Enfer Des Bulles de Jacques Sadoul

Jacques Sadoul est un écrivain français très porteur sur le « genre ». Il est l’auteur entre autres d’essais sur l’histoire de la Science-Fiction.

Jacques Sadoul Enfer des Bulles COuvEn bref, « L’Enfer Des Bulles » est un brillant livre sur les personnages féminins dans la Bande Dessinée de la naissance du 9e art jusqu’aux années 60. La version lue est la première, éditée en 1968.

Les femmes dans la BD ont très souvent joué des rôles secondaires. Les héros sont masculins, sauvent l’élue de leur cœur, luttent contre le méchant et sa sbire diablement cruelle et sexy, comme Flash Goordon ou Buck Rodgers. Elles sont légions dans les comics et la BD populaire et Sadoul les regroupent en catégories explicites : quant à leur rôle : Fiancées éternelles, minettes, victimes, super-héroines ou tarzannes.

Elles mirent du temps à être considérées et être au coeur des histoires. Très vite déshabillées et suggestives, elles servaient d’alibis sexys, et ont certainement provoquées les premiers émois de nombreuses générations d’adolescents.

C’est en feuilletant ce livre qu’on peut se rendre compte que les femmes étaient très souvent attachées et captives, telles des créatures soumises à des jeux SM. SI l’enfant ne perçoit pas ce fait, l’adulte y est plus sensible.

On apprécie l’exhaustivité affichée, américaines, Italiennes et françaises se retrouvent. Les comparaisons se font vite et les extraits proposés sont toujours pertinents. La force du livre est de transmettre l’envie de lire leurs histoires et comment elles se sont imposées peu à peu, en parallèle avec les changements de la société.

(Version lue Jean-Jacques Pauvert éditions)