Dodo, Chroniques d’une Maison Close de G. Lévis et Francis Leroi

G. Lévis est l’auteur de Liz & Beth, mais aussi avec Francis Leroi de « Les Perles de l’Amour« .

DODO MAISON CLOSE[DRU].indd.pdfEn bref, durant la Seconde Guerre Mondiale, Julie, jeune adolescente, intègre une maison close de Paris, le « 27 ». Elle découvre les dessous et l’arrière-boutique de ce lieu en tant que soubrette. Mais les temps sont durs et Julie va vite devenir « Dodo », la prostituée.

Glénat réunit les 2 volumes des aventures de Dodo. Le premier volume, « Dodo, 13 ans, en présence de sa tante seulement » est un récit érotique d’initiation avec une certaine classe et une ambiance très sympathique. Le second tome est un récit érotique plus banal, la faute à son cadre moins dramatique, la guerre étant finie.

Si le titre met en avant un certain penchant pédophile, le contenu en est très éloigné. L’objet convoité de ce titre est la virginité de Dodo, la mise en avant d’un âge falsifié (dans cette version tout du moins) n’est qu’un argument pour une certaine clientèle perverse.

L’album est très sympathique dans son ensemble. Le 1er est un délice et le second permet de continuer à être dans l’univers confiné de la maison close. Le dessin de G. Lévis porte l’histoire avec classe et sobriété, les dialogues de Leroi avec leur argot de l’époque donne un cachet certain.

– Ah ! Dodo… Comme une cigarette, tu es fine, propre et blonde… Et je t’allume quand je veux !

(Version lue Glénat)

Vénus à la Fourrure de Guido Crepax

Guido Crepax, bien connu de ce blog, adapte Léopold Sacher Masoch qui donnera son nom au masochisme.

En bref, Grégor est majordome de la belle et raffinée Wanda. Mais c’est bien plus qu’une simple relation d’employeur/employé. Grégor est l’esclave de Madame, son jouet sexuel selon des codes bien précis.

Grégor est fasciné, transi pour sa maitresse. Et elle sait parfaitement y faire. Wanda humile régulièrement son majordome à force de coups de cravache, d’exhibitions forcées et de soumissions variées. Le contraste entre la froideur de Wanda et la passion palpable de Grégor est certainement le coeur de l’oeuvre. Mais il faut aussi évoquer l’étrange contrat qui les lie…

A priori, sans avoir lu le livre, Crepax prend quelques libertés et omet plusieurs points. N’attendez donc pas une adaptation fidèle. Cependant, c’est une Bande Dessinée de très grande qualité. Si Histoires d’O et Justine, autres adaptations de Crepax, étaient déjà des histoires de sado-masochisme, « La Vénus à la Fourrure » est bien différent. Dans ces pages, il y a peu d’égarements scénaristiques inutiles. En se concentrant quasi-uniquement sur des scènes sexuelles, Crepax parvient à transmettre les états d’âme des personnages et surtout les rendre crédibles avec une réelle psychologie.

Crepax est un auteur qui a fourni un travail d’une qualité constante, bien largement au-dessus de ses confrères. Foncez vous le procurer !

– Votre insolence est intolérable… Vous serez puni !

(Version lue Albin Michel rééditée par Delcourt Erotix)