Make Love Not War 2 de Guillaume Soulatges

Guillaume Soulatges est un artiste avec plusieurs talents dont le dessin et la musique.

Guillaume Soulatges Make Love Not War 2 CouvEn bref, dans la droite lignée du premier volume, Soulatges continue à nous dévoiler son univers.

Sur la base de photos ou de vidéos retravaillées, le dessinateur dépeint des couples hétérosexuels et homosexuels, des doubles pénétrations interraciales, voire de l’urologie et zoophilie.

Le ton est dur, violent. Les regards des protagonistes sont souvent dirigés vers le spectateur, semblant l’interroger sur ses motivations. En effet, que cherche Soulatges dans ses dessins ? On peut être choqué, désorienté dans ce pêle-mêle tant dans les thèmes abordés que dans la représentation des corps.

Encore une fois, les corps ne sont pas parfaits, les hommes bedonnants, poilus et au cheveux éparses et les femmes bien en chair aux bourrelets saillants. De plus, quelques déformations apparaissent.

Stimulant à plus d’un niveau pour le spectateur qui veut s’y attarder, le travail de Soulatges mérite de s’y pencher.

(Version lue Culture Commune)

Jacobsenneries de Jacobsen

Jacobsen est un auteur dont on adore parler tant son travail est original. Malheureusement il ne semble plus continuer dans cette veine.

Jacobsen Jacobsenneries CouvEn bref, une demi-douzaine d’histoires courtes sont réunies dans ce format souple. Ces récits sont très variés, allant de l’humour potache, grivois à la pornographie extrême sadomasochiste gay.

Jacobsen est souvent associé à des histoires décalées pleine d’humour et de scènes assez folles, très anales d’ailleurs. En parcourant les pages de ce recueil, sa capacité de dessin est impressionnante, copiant parfois selon le ton du récit le style, entre autres, d’Edika et de Maëster.

La dernière histoire, la plus longue, est la plus étonnante, puisqu’on suit l’histoire d’un strip-teaser dans une boite gay SM qui sera vite dominé par son patron dans une séance particulièrement violente.

– Vous vous rendez compte ? Les millions de litres de foutre gaspillés dans le monde à cause de vos cochonneries ?

(Version lue DYNAMITE Editions Collection Petit Pétard)

Femmes Envoûtées de Magnus

Avec Magnus, on n’est jamais déçu. « Slogan non officiel »

Magnus Femmes Envoutees CouvEn bref, Magnus adapte des contes chinois, entre fables morales, voire philosophiques et histoires amoureuses.

L’album est dans la lignée des 110 Pilules, qui reste l’oeuvre la plus reconnue de l’auteur. Néanmoins, en terme d’érotisme graphique, il est un ton en-dessous. Mais ici, le propos ne vise pas l’excitation, mais une restitution adulte soft des récits.

Et le trait de Magnus, qu’on peut qualifier d’impérial et majestueux, colle parfaitement. La magie opère et le lecteur se retrouve dans une Chine loin d’être exacte dans sa représentation, mais les contes fonctionnent parfaitement.

C’est un vrai bonheur de lecture, de dessins et de réflexion. Une belle Bande Dessinée qui mériterait une réédition plus classieuse (comme tout le reste de la production du maître).

– Il y a deux sortes de séducteurs, messire Meng : le matérialiste, qui ne vise qu’à la possession charnelle et l’idéaliste, qui au contraire aspire à une union spirituelle…

(Version lue Albin Michel – Echo Des Savanes)

A Sens Unique de Yoshikazu Ebisu

Yoshikazu Ebisu est un mangaka.

Yoshikazu Ebisu A Sens Unique Couv 1En bref, « A Sens Unique » est un recueil très bref de 36 pages regroupant 3 histoires pour faire connaissance avec le mode absurde de l’auteur. On goutera à un aperçu de la vie dans le métro, à un récit apocalyptique et un récit symbolique trash. toutes les scènes ont un grain de folie et laisse une marque dans l’esprit du lecteur, un petit coup de griffe à l’âme, un sourire, mais surtout pas mal de questions.

On apprécie le ton frais et affranchi de ces pages, où l’absurde côtoie le symbolisme et un regard mi-tendre, mi-acerbe. A des années-lumière de la production « hentai » et autres, le propos est adulte, léger et assumé.

– Comment pourrais-je introduire mon membre dans un endroit aussi terrifiant ?

(Version lue United Dead Artists)

Petite Vicieuse de Ardem

Ardem est un digne représentant de la production française de la Bande Dessinée érotique des Années 90.

Ardem Petite Vicieuse Couv 1En bref, Céline, adolescente dans la fleur de l’âge, est envoyé en vacances à la campagne chez son cousin, Bernard. L’arrivée d’une nouvelle tête dans ce petit village ne passe pas inaperçue. Et Céline découvrira volontairement ou non les charmes du retour à la campagne.

Ardem réussit à faire passer ce scénario de film rose à un échelon supérieur grâce à sa pornographie grasse et assumée. Son trait réaliste dépeint parfaitement une ambiance âpre et souvent sale. Ces personnages masculins sont très souvent bestiaux et dominateurs, portés par des pulsions violentes.

Le ton général ne plaira pas à tous, mais on ne peut que reconnaitre un véritable effort digne d’intérêt. C’est une belle recette qui prend à chaque nouvelle histoire.

– Viens ! Ne restons pas là ! Maintenant que t’as vu le mode d’emploi, on va passer aux travaux pratiques !

(Version lue DYNAMITE Éditions Collection Outrage)