Prison Très Spéciale de Erich Von Götha

Erich Von Götha se fait trop rare, alors quand DYNAMITE (la Musardine) propose une réédition de ses travaux, on fonce !

Erich Von Gotha Prison Tres Speciale CouvEn bref, Emma McAlistair est reconnue coupable de complicité dé trafic de drogue à un an de prison. Son avocat réussit à la faire enfermer dans un pénitencier moderne aux méthodes progressistes. Elle découvre que le lieu n’est en fait qu’un lieu dont le but est de la dresser à devenir une esclave sexuelle.

Depuis les Malheurs de Janice, la recette de Von Götha est connue. Prenez une belle ingénue un brin rigide, prenez un ou des hommes dominateurs, secouez le tout et vous obtiendrez une parfaite femme docile et experte es baises intenses. Certes, c’est réducteur. C’est nié la grande maîtrise de l’auteur dans son dessin qui ne surprend pas mais reste d’une efficacité rare.

Le contexte psychologique aurait pu être mieux travaillé. On a le droit à l’éternel « je mouille malgré moi » qui résume bien la vision mâle dominant.

Le travail global de Von Götha est d’un excellent niveau. Son cadre et ses décors sont bien au-delà de la moyenne, ainsi que son trait et sa colorisation. On reconnait un véritable travail artistique.

– J’aime votre foutre, Maître… Vous sentir décharger sur ma peau… Mon visage… Je veux patauger dans votre sperme…

(Version lue DYNAMITE Collection Canicule)

Les Idoles Malades de David Sourdrille

David Sourdrille a été cité par Crumb en 2012 comme son artiste français préféré. Ca place la barre très haut.

David Sourdrille Les Idoles Malades CouvEn bref, plusieurs séries d’histoires courtes sont entremêlées, toutes mettent en scène l’auteur face à ses obsessions. La principale série « La Fondue Galloise » est une version délirante et sexuée des histoires de Windsor Mc Cay (Little Nemo), les autres sont aussi des hommages appuyés aux comics classiques comme Walt Disney.

La Fondue Galloise, c’est le récit de rêves absurdes suite à un repas trop gourmand. De ce fait, le premier péché amène les autres, la gourmandise, puis l’envie, la paresse, le meurtre, etc. Les fantasmes se font corps, en s’incarnant dans un animal et devenir un parfait voyeur et même ses craintes en se voyant multiplier et chasser comme un animal. C’est aussi le cas des autres histoires qui mêlent des éléments quotidiens (la piscine par exemple) et ses envies ou sa perversité.

Le trait de Sourdrille est parfaitement maitrisé et fournit un univers graphique cohérent qu’on a pu découvrir ici dans Bonheur. Les hommages à ses illustres aînés sont nombreuses et plairont beaucoup aux connaisseurs. Les autres apprécieront son coté décalé et pas si absurde.

– Ce soir c’est le grand soir, ma panthère. Tu vas trembler sous les coups de mon marteau-pilon spécial douze vitesses ! VRAM VRAHOUM !

(Version lue Les Requins Marteaux)

La Capitaliste Rhénane de Yxes

Yxes inaugure une nouvelle collection de la Musardine et s’offre Christophe Bier en préface.

Yxes La Capitaliste Rhenane CouvEn bref, Heike Von Harbstal est une femme d’affaires très autoritaire. Nous faisons sa connaissance lors d’un entretien d’embauche où le candidat va vite trouver une nouvelle vocation. Par la suite, un possible scandale évoquant les pratiques particulières de la magnat sera évité. Et, à chaque fois, la domina montrera l’étendue de son art.

Le récit offre une vision fantasmée d’une dominatrice dans un univers où les hommes ne peuvent qu’avoir le rôle du soumis. Mais ne vous trompez pas, cet album n’est pas un pamphlet féministe. Éventuellement, on lui trouvera un érotisme à destination féminine, mais j’en doute, la cible étant ici les connaisseurs du genre. En effet, l’arsenal est de sortie. On y retrouve même la cagoule de chien si chère à Tom de Pékin.

Un soumis appréciera, le non-initié risque d’être un peu perdu face à l’objet entre ses mains. Entre humour et références au cinéma ou aux pratiques, Yxes propose une BD unique, et pas forcément érogène.

– Je ne suis pas féministe. Je ne crois pas à l’égalité entre les hommes et les femmes. L’homme est inférieur à la femme. Mais nous avons besoin de lui … Pour accomplir les tâches subalternes. Pour se charger des besognes les plus basses.

(Version lue Alixe BD)