Mutant Hanako de Makoto Aida

Il y a des albums chocs, des véritables injections de plaisirs intelligents et délirants, ceux qui vous donnent des envies de dire à tout le monde qu’il faut le lire, l’acheter encore et encore. Mutant Hanako est un de ces albums.

Makoto Aida Mutant Hanako Couv 1

En bref, 2e Guerre Mondiale, alors que les Etats-Unis se préparent à envahir  le Japon, Hanako rêve de l’empereur qui lui annonce qu’elle est l’Elue, celle qui sauvera son peuple. Suite à sa capture, sa soeur se sacrifie pour qu’elle vive. Violée par le général McArthur, Hanako s’enfuit à bord du Enola Gay et est attachée à la bombe jetée sur Hiroshima. Elle se réveille et devient Mutant Hanako. Elle met tout son être à sa mission, repousser les infâmes américains !

Sous des allures naïves de Sailor Moon sous acide, Mutant Hanako semble dans un premier temps un pamphlet anti-américain primaire, vantant les mérites de l’impérialisme nippon et la nostalgie d’un Japon conquérant. Le manga est nettement moins manichéen qu’il n’y parait. C’est surtout l’aveuglement complet et l’endoctrinement du peuple japonais pour son empereur et son régime féodal d’origine divine qui sont critiqués.

Avec un humour féroce, le pastiche du « Magical Girl » est assumé en y rajoutant une touche de pornographie extrême, qui, ne le cachons pas, manque terriblement à ce genre. Mais Mutant Hanako est aussi le reflet du traumatisme d’un peuple suite aux bombardements atomiques et la confrontation de deux cultures.

En tant que lecteur avide de sensations fortes, Mutant Hanako m’a fourni des émotions rares et prouve de façon presque potache qu’une oeuvre peut être d’une qualité supérieure sans être lisse et propre. Certains seront rebutés par le côté crayonné et les cases irrégulières qui laissent croire à un manga non abouti. Ne vous laissez pas berner, la mise en page y est plus dynamique et recherchée que la majorité des mangas que vous avez lus.

– Au début, ça lui faisait un peu mal, mais maintenant elle prend son pied.

(Version lue Le Lézard Noir)