Anima de Serpieri

Paolo Eleuteri Serpieri revient avec ce qu’on peut considérer comme le tome 0 de la saga Druuna.

Serpieri Anima CouvEn bref, une blonde aux formes généreuses se réveille dans un monde sauvage et menaçant.

Anima est un exercice de style. La Bande Dessinée est complètement muette. L’enchaînement des scènes a peu de logique, mais on retrouve beaucoup de l’univers de Druuna, des personnages, des lieux, des situations. Le lecteur se sent à la fois à l’aise et complètement perdu en se demandant ce qu’il est entrain de lire.

Les pages sont pleines de symboles, et évidemment les fesses de l’héroïne sont à l’honneur. Mais l’impression reste que c’est l’oeuvre d’un vieux monsieur qui se fait plaisir et essaie de contenter ses fans.

On a le droit à quelques scènes chaudes, plus proches de l’érotisme que de la pornographie rude de la série. Et il est intéressant de voir les couleurs des personnages refléter leur appétit sexuel qui rappelle l’étrange épidémie.

L’objet est clairement destiné aux fans qui veulent une bibliothèque complète, avec un bonus particulièrement sympathique !

(Version lue Glénat)

Les Carnets Secrets d’Erich Von Götha par Bernard Joubert

Bernard Joubert est écrivain, journaliste, spécialiste de l’histoire de la censure, scénariste de Bandes Dessinées (notamment pour Janice 3).

Carnets Secrets Erich Von Gotha Bernard Joubert CouvEn Bref, ce livre est toute la reconnaissance d’une maison d’éditions pour un de ses auteurs les plus emblématiques, Erich Von Götha. En offrant à Bernard Joubert l’occasion de lever le voile sur la carrière et le travail de l’anglais, c’est une rétrospective explosive, complète et un portrait totalement inédit qui nous sont proposés.

Vous voyez, quand j’ai commencé à chroniquer des Bds de cul, mon libraire, très amusé, me tendit les Malheurs de Janice en me disant : »Tu ne peux pas passer à côté de Von Götha, il dessine des bites incroyables! » En effet, le pénis du Baron maltraitant la candide avait de quoi étonner avec sa raideur, sa longueur et le sang qui semblait prêt à gicler tant il bandait. D’abord, j’étais amusé, puis j’ai lu, Janice d’abord, puis Twenty et ses « one shots ». J’en ai parlé et je continue à présenter l’auteur comme un des classiques du genre, un des artisans du genre injustement mis à l’écart car auteur de pornographie.

Alors maintenant que ce livre existe, un vrai beau livre, respectueux, enjoué et référencé, on ressent la portée de l’oeuvre de Von Götha dans son époque. Et on redécouvre ce qu’on a lu tantôt légèrement, tantôt excité par sa perversité si particulière.

C’est avant tout un livre pour les fans qui apprendront ici bien plus que dans les diverses encyclopédies de BDs érotiques. Ici vous avez droit à l’histoire de l’auteur, des anecdotes sur les titres, sur les relations avec les éditeurs et le marché de l’époque, mais aussi l’évolution de la technique avec des illustrations inédites qui débordent de sensualités.

L’ouvrage est passionnant et à recommander très fortement (et il déborde largement de son simple cadre) !

(Version lue DYNAMITE)