Orgasmo 1 & 2 de Christophe Bier et Jimmy Pantera

Christophe Bier est l’auteur du Dictionnaire des Films Français Pornographiques et Erotiques, livre essentiel à toutes les bibliothèques.

En bref, 2 volumes rassemblent la savoureuse collection de M. Bier de matériel publicitaire de films d’exploitation, principalement axé autour de l’érotisme. Au programme, nous avons des affiches et des photos qui s’étalent des années 50-60 à la fin des années 80. Le matériel est essentiellement français, mais il y a des perles du monde entier.

Quand on évoque le cinéma d’exploitation, le cinéphile a en tête ces films racoleurs au titre évocateur et au contenu souvent violent et sexué. Bref, pour résumer, c’est du cinéma avec du sang, des nichons, des monstres, des nazis, etc. Mais il n’y a pas que l’horreur ou l’érotisme. On appréciera les films « éducatifs » ou faux documentaires sur le naturisme, la prostitution ou la prison (qui permettaient d’esquiver la censure de l’époque certainement).

Il y a toute la vitalité d’un genre qui, souvent, misait davantage sur le visuel, plutôt que le contenu. Affiches explicites, typographies criardes et accroches salaces agrémentent ces pages qui provoquent étonnement, émoi et parfois rires (il faut bien le dire).

La somme collectée de documents donne le tournis. En 2 fois 224 pages, c’est toute la nostalgie d’un cinéma souvent décrié, mais aussi d’une époque qui s’impose à nous. L’hommage est respectueux et passionné !

(Version lue Serious Publishing)

Les Femmes de Leone Frollo

Frollo est un dessinateur vénitien, auteur de classiques tels que Casino et Mona Street.

En bref, il fallait bien un artbook reprenant l’art de Leone Frollo. Le recueil d’illustrations est en couleurs, ce qui n’est pas le cas de ses albums.

On ne peut pas nier la variété des femmes qui sortent des crayons et pinceaux du « Maître du Rialto ». Tantôt fines et élancées, puis plantureuses, ses filles ont toutes une touche d’élégance indéniable avec des coiffures impeccables, des sous-vêtements affriolants dans des poses suggestives et naturelles.

Ce qu’on peut lui reprocher, c’est tout de même de faire de l’érotisme à papa. Malgré un amour sans borne pour la femme, son corps et toute l’énergie qu’elle dégage, le tout est extrêmement classique et bourgeois.

Ses femmes sont chics, voyez comme il les habille pour mieux les dévoiler. Elles sont charmeuses, peu de dessinateurs peuvent créer cette étincelle dans le regard. On se sent observé. Quand les yeux sont fermés, c’est pour mieux être relâchée dans l’abandon. Chaque dessin amène une situation que chacun peut comprendre et s’approprier.

Et le bougre a un talent rare pour, en quelques lignes, provoquer une réelle émotion, un émoi rare qui flatte l’œil, titille le cervelet et agite le pantalon. Une sensualité sophistiquée et chic qui ne laisse jamais indifférent !

(Version lue Lo Scarabeo)

Ses Mains Sur Ma Peau de Marc Ali

Marc Ali est un infographiste français.

En bref, Alexandra accueille une nouvelle équipière, Hélène, au sein de l’hôpital où elle est infirmière. Elle ressent aussitôt une attirance envers la brune qui ne semble pas farouche. Le soir, elle se confie à son mari, Josh, photographe qui la trompe avec ses modèles. Très excité par la situation, il cherche à en profiter pour dévergonder sa femme…

Vous avez peut-être déjà vu des vidéos porno basées sur le moteur graphique d’un jeu vidéo reprenant les modèles et leur faisant réaliser des fantasmes en général assez extrêmes. C’est le même principe qui est utilisé par Marc Ali avec le logiciel thriXXX (si vous vous sentez créatifs). Au début, je dois bien dire qu’on se croit dans un roman-photo décalé. Et comme tous soaps, on finit par se faire avoir et le reste de la lecture se passe sans problème, hormis une sensation d’étrangeté permanente.

Malgré les efforts très prononcés sur les expressions de visage, les corps semblent bien raides. Les défauts sont les mêmes qu’un roman-photo, les personnages sont comme figés.

L’histoire est assez convenue, mais les personnages sont bien campés. On a lu bien pire. L’héroïne bouleversée par un désir lesbien inédit et un brin candide n’est pas déplaisante.

Voilà, c’est un objet unique, parfois comique malgré lui. Je ne connais pas d’autres titres de ce format, mais ça ne sera pas le dernier, j’en suis convaincu !

PS : Vous venez de trouver le cadeau idéal pour votre compagne/compagnon accro aux jeux vidéo ! Ne me remerciez pas !

– Alors pourquoi es-tu venue ? … Et pourquoi n’as tu rien dit lorsque je t’ai embrassée hier soir ?

(Version lue DYNAMITE – Collection Petits Pétards)

Miss 130 de Tomo Chiyoji

Miss 130 a fait partie des premiers mangas parus en France au tout début des années 90.

En bref, Miss 130 est un recueil d’histoires courtes où une plantureuse femme vit des aventures sexuelles avec le premier qui passe. Cette héroïne, identique à chaque scène, est une bourgeoise voluptueuse, maquillée, vêtue court et dotée d’un tour de poitrine qui lui vaut son matricule.

En misant tout sur son héroïne, Chiyoji marque des points. Elle est ultra féminine et le personnage reste suffisamment floue pour la placer dans n’importe quelle situation. Elle est tour à tour voleuse surprise devant être fouillée, victime d’un pervers et d’un voyeur, compagne domestiquée pour devenir une affamée de sexe, mère de famille abusée, etc.

Avec cette salope parfaite, le lecteur en prend plein les yeux avec ces mamelles qui balancent, son corps suintant et brûlant, ainsi qu’une voracité sans pareille.

L’album est plutôt bon, mais daté dans sa réalisation. C’est du hentaî pour salaryman un peu frustré qui préfère éjaculer dans un mouchoir. C’est aussi un bel exemple de la pornographie nippone et de la belle maîtrise d’un dessinateur sur un sujet qu’il explore à fond et en tire le meilleur !

– Aaaah… C’est la fièvre du mardi soir… Mon bénitier brûle… J’ai… J’ai besoin de ton gros goupillon pour l’apaiser !

(Version lue DYNAMITE – Collection Outrage)

Prédateur de la Terreur : O.M.W.O.T. (One Man War On Terror) de Benjamin Marra

L’internaute qui passe régulièrement sur ce blog a dû se rendre compte de l’arrêt brutal et sans sommation de la parution des chroniques. L’explication est simple, je bloquais totalement sur la rédaction de cet article, incapable de restituer tout le bien que je pense de ce titre, hilarant, référencé et enthousiasmant. Bref, du bonheur en cases !

Benjamin Marra est un dessinateur Américain.

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En bref, après les attentats du 11 Septembre 2001, George W. Bush crée les Prédateurs de la Terreur. Des agents secrets ultra-performants la composent, dont le fameux O.M.W.O.T. que nous retrouvons à Jakarta. Sa mission : retrouver une micropuce afin d’empêcher une cyber attaque sur les Etats-Unis.

Lecteur, tu vas t’armer d’un second degré à l’épreuve des balles quand tu liras cet album. Marra pousse le bouchon très loin. Il se sert des codes des comics et des séries américaines où le héros est omnipotent, mais aussi des théories conspirationnistes qui fleurissent un peu partout (coucou à nos amis reptiliens illuminatis).

OMWOT bute tout ce qui bouge et baise ce qui reste debout, voire il fait les deux à la fois. Des méchants, un héros bête et sans scrupules, du sang, du sexe hétéro et gay, mais surtout des protagonistes qui commentent tout ce qu’ils font à l’image. Et vous avez cet OVNI instantanément culte !

– Vous êtes si séduisant quand vous me pénétrez tout en pilotant l’appareil !

(Version lue Les Requins Marteaux)

Sex In Italy 3+4 de Luca Tarlazzi

Qu’il est bon de retrouver le couple le plus pervers d’Italie sous la plume de Tarlazzi !

En bref, Serena et son mec, Marco, à la coiffure improbable reviennent pour leurs ultimes aventures ! La blonde est toujours aussi nymphomane et son type particulièrement préteur !

Les histoires sont courtes comme pour les volumes 1 et 2 (réédités en 1 tome pour l’occasion). Donc on a pas le temps de s’ennuyer.

Il faut reconnaître un vrai savoir-faire à Tarlazzi. Son héroïne est bandante à souhait, les situations sont drôles et bien traitées. Il est un digne représentant de « l’école Italienne » des années 90 (avec Casotto entre autres) qui était publiée chez Selen à l’époque (d’où les nombreuses références dans les cases).

Le fantasme du couple totalement libéré et libertin est ici bien exploité. Qui n’a jamais rêvé que la blonde reluquée dans une soirée soit une femme qui s’assume et vous propose une fin de soirée heureuse ? Elle ne refuse rien et propose même de l’inédit. Il est intéressant de constater aussi quelques regards extérieurs. On sent le jugement de la société sur les jeux libertins et leur rejet sans recul.

Bref, on a ici un parfait exemple de la pornographie sur papier avec dessin léché, scénario « crédible » et une vraie envie de satisfaire le lecteur. On en a pour notre argent ! Du cul, du stupre, du désir ! La recette est au fond assez simple et efficace !

 – Le premier qui réussira à capturer une marmotte se verra offrir … Mon délicieux petit cul !

(Version lue DYNAMITE – Collection Canicule)

Histoire de la Prostitution par Agnès Maupré et Laurent de Sutter

En associant BD et universitaires, Le Lombard propose des petits formats pour découvrir ou approfondir des sujets d’actualité ou de société réunis dans leur collection « Petite Bédéthèque des Savoirs ».

En bref, en 70 pages, les auteurs parcourent les âges, les continents et les civilisations pour peindre le portrait de la prostitution.  Avec une posture historique, on y aborde la position et rôle du « plus vieux métier du monde » dans la société.

Le sujet est épineux et on l’a déjà évoqué notamment avec le portrait de Jeanine. Le livre a le mérite de rester neutre sur le débat de la légalisation/pénalisation, mais met en lumière le rang toujours spécial des prostituées. Elles sont parfois émancipées, la plupart du temps cachées et conspuées. Véritable outil politique au sein de la Cité, le contrôle de cette activité a vite été un enjeu tant sur le plan sanitaire, que sur le contrôle des populations.

La lecture est passionnante et très instructive. Le trait de Agnès Maupré est agréable et sobre.

Evidemment le livre n’est pas érotique, mais un peu d’éducation vous fera briller ! Et vous ne verrez plus les « putes » avec le même œil !

(Version lue Le Lombard – La petite Bédéthèque des Savoirs)

La Chambre de Verre par Axel

Axel est un dessinateur Français.

En bref, Flavia est une quadragénaire à la vie bien réglée. Elle vit chez elle de son exhibition constante par un système de webcams disposé dans tout son appartement. Refusant toute pudeur et jouant le jeu à fond, elle se dévoile dans tous les aspects de sa vie. Un jour, elle rencontre un jeune homme qui va changer son train de vie…

Ce qui interpelle tout de suite est le trait d’Axel. Celui-ci est loin de l’encrage net des personnages comme Manara ou Rotundo (bref, la liste est longue). Mais surtout la recherche de réalisme est très appréciée pour ancrer son récit dans la réalité et donc s’écarter du fantasme.

Le lecteur que je suis a tout d’abord été rebuté par le dessin. Oui, j’aime la belle héroïne, quitte à ce qu’elle ne puisse pas exister, telle une petite fille cherchant à ressembler à sa Barbie. Et puis les personnages m’ont touché. On les connait, c’est un peu de nous qui transpire dans ses pages. On a pas besoin de webcam pour s’exhiber, les réseaux sociaux en font tout autant.

Le choix de vie de Flavia (s’exhiber sur le web pour vivre) est une contrainte, mais elle accepte les règles du jeu et sa vie est équilibrée. Quand son histoire débute avec Marco, on sait que tout sera remis en cause. Peut on être camgirl et avoir une vie sentimentale ? Peut-on tout dévoiler, même l’intimité des sentiments ?

Et le dessin colle à merveille aux propos. On est dans la même réalité que le porno amateur ou la camgirl avec ses corps imparfaits, ses poils trop souvent rasés, etc. C’est un tour de force, je trouve, que de parvenir à restituer cette ambiance, malgré un récit un brin téléphoné.

Crue, sans fards, La Chambre de Verre est une parfaite illustration de ce que peut proposer une BD qui n’a pas peur de dévoiler les corps.

– Jamais je ne ferai la pute, pas à cause de la morale, mais parce que je ne supporterais pas d’être touchée par des gens qui ne me plaisent pas. Les caméras, ça me va. Qu’on me mate pendant que je prends ma douche, que je chie, que je baise ? Aucun problème, au contraire, ça m’excite.

(Version lue DYNAMITE – Collection Canicule)