Histoires Inavouables de Ovidie et Jérôme D’Aviau

Ovidie est une ancienne actrice porno passée derrière la caméra et produit des films adultes, ainsi que des documentaires autour de la cause féminine. D’aviau a collaboré dans l’album Premières Fois.

En bref, 10 histoires courtes vous sont proposées dans ce recueil. Tranches de vie, anecdotes croustillantes et fantasmes sont au rendez-vous.

La tranche de vie n’est pas éloignée de la confession intime, exercice qui permet une grande complicité avec le lecteur. Avec Ovidie au scénario, le lecteur adulte s’attend donc à une pornographie respectueuse et excitante. En fait, non. On reste sur l’anecdote, quelque chose qui donne : « Tu te souviens de XXX ? Eh ben, on a baisé, on a fait ça et ça a tel endroit. Woaw c’était super ! »C’est mièvre et consensuel, comme la majeure partie des rapports sexuels « IRL ». Ça rappelle au lecteur le port du préservatif, que les femmes ont aussi une vie sexuelle solitaire et des fantasmes, que des potes peuvent faire des trucs entre eux et ne pas les assumer, qu’un couple peut essayer l’échangisme et s’aimer, que les apparences sont trompeuses, etc. Bref c’est un manuel de la vie sexuelle à refiler à votre adolescent.

Le dessin renforce ce sentiment avec son côté passe partout et impersonnel. C’est lisse, joli et savamment cadré parfois (Je pense surtout à l’histoire du métro). 

Quand on referme la BD, il ne reste pas grand chose. Et c’est un peu triste, j’en attendais davantage. 

– J’avais qu’une trouille, c’était de balancer la purée avant même de pouvoir les toucher !

(Version lue Les Grands Classiques de la Bande Dessinée Erotique – Delcourt Erotix)

Surprise Surprise de Axterdam

Axterdam est un dessinateur qui oeuvre dans de nombreux volumes de la Collection Osez … de la Musardine et dévoile son attirance pour les jeux de cordes et les situations sexuelles originales dans ses BDs.

En bref, Grégory, beau mâle bien bâti, se rend chez Sophia, peintre blonde à la recherche de modèle. La session devient de plus en plus dénudée, puis elle l’attache. Alors qu’il est entravé, Lisa, une belle brune, rentre et le plan réel des demoiselles se dévoile. Elles vengent un acte odieux qu’a commis Grégory des années auparavant et sont bien déterminées à lui donner une belle leçon…

Le lecteur commence le récit relativement classique dans l’attente de la surprise annoncée dans le titre. Celle-ci est vite révélée dans un flashback qui va justifier toutes les « atrocités » qu’elles vont faire subir à Grégory.

Mais le trouble réside dans les 2 principales scènes explicites de la BD. En effet, celles-ci ne sont pas consenties à la base (à ce qui nous est dit), mais se déroulent finalement pour le plaisir du soumis. N’est-on pas dans un jeu pervers entre les protagonistes ?

Les cordes sont de sortie et on s’aperçoit bien de l’amour de l’auteur pour cet exercice. Domination et soumission sont au cœur des planches. Le trait d’Axterdam donne un côté Film Noir à l’ensemble, ce qui renforce selon moi, le côté fantasmé du récit.

Au final, c’est un récit érotique assez puissant à la lecture facile, car on est servi par une sexualité plurielle et volontiers lubrique (SM, jeux de domination, soumission non désirée, sodomie, lesbiennes, fétiche latex, etc.) !

– Les voisins n’aiment pas les cris d’animaux sauvages et je te promets que tu vas couiner, petite pute ! … Quand tu connaîtras la douce sensation de te faire enculer à sec ! Une sensation que connaissent tellement de femmes le samedi soir dans la France profonde !

(Version lue DYNAMITE Collection Petits Pétards)

Bite Fighter de Olivier Texier

On a déjà évoqué Olivier Texier pour sa participation dans Bonheur #1 et #2!

En bref, dans une Amérique en pleine pénurie de pétrole, Kato va participer à son premier combat d’arène pour échapper à la prostitution… et au célibat. Il rend visite à Buzz et Tyler afin de les inviter à venir assister à sa première victoire ! Buzz, ancien champion de l’arène, refuse de l’accompagner. Mais Kato et Tyler tombent dans un piège et Ty est kidnappé, mais surtout violé. Buzz va donc tout faire pour sauver son amant !

Les BD Cul c’est toujours la même recette. On prend un dessinateur du sérail Requins Marteaux, et il fait une BD mêlant érotisme et gros humour. Chacun appréciera le mélange selon ses goûts. Mais bien souvent, selon moi, les ingrédients sont bien fades. Donc je m’en lasse très vite.

Mais j’ai un faible pour Texier (ou Charon tellement ce sont le même dessin et les mêmes thèmes). Son trait gras et sale colle à son univers décadent.

Mon passé d’amateur de jeux vidéo a tout de suite été en alerte, tant le récit est calqué sur le scénario d’un jeu de combat. Je n’ai donc pas été étonné quand j’ai découvert les inspirations sur le site de la BD. Avec un point de départ aussi viril et masculin, les protagonistes gay sont tout à fait dans le ton. La violence des rings se retrouve dans les scènes de sexe particulièrement hard et variés (gode, fellations, sodomies, fistfucking, etc.).

On ne peut pas s’ennuyer devant ce récit simple et efficace. Les joueurs grinceront certainement des dents en constatant le « détournement » gay de leur univers vidéoludique. Ca marche ! Big up au Mâle Alpha !

– Voilà, je viens de passer le deuxième sphincter tout en douceur… A travers ton cul, je me fraie un passage vers le ciel… en te procurant un plaisir infini !

(Version lue Les Requins Marteaux – BD CUL)

Pinocchia de Jean-Pierre Gibrat et Francis Leroi

Francis Leroi est déjà responsable du scénario des Perles de l’Amour. Gibrat, quant à lui, est un des grands noms de la BD franco-belge !

En bref, Galipetto est un vieux menuisier dont la solitude et la frustration le rongent. Il sculpte un mannequin de bois d’un arbre qui s’abat sur sa maison pour satisfaire ses bas instincts. Au réveil, une brune plantureuse le réveille et réclame un nouveau câlin à son « papa ». C’est à ce moment que la police les interrompt et l’arrête aussitôt. Laissée à son sort, Pinocchia, à la recherche de câlins, fait vite de nouvelles rencontres, des mauvaises, bien entendu !

Pur produit de son époque, Pinocchia porte la marque de fabrique des Echos des Savanes avec un érotisme hardcore ou une pornographie trop légère. Bref, ces pages vont vous chauffer, mais vous laissez sur votre faim. Il faut dire que le trait de Gibrat est classique, mais il sait dessiner les femmes et les mettre en valeur ! Tandis que Leroi, en roublard, adapte le conte originel et le détourne avec beaucoup d’humour.

Pinocchia est un personnage de BD érotique parfait. Elle a un corps de rêves et est parfaitement candide et crédule. C’est un appât pour que la bestialité de l’homme et ses désirs de femme-objet soient mis en évidence. Ah, j’oubliais, ce n’est pas son nez qui grandit à chaque mensonge, mais sa poitrine !

C’est donc un conte moral aux accents très franchouillards, agréable à lire et qui passe très bien dans toutes les bibliothèques (juste à côté de la Survivante de Gillon par exemple).

 – Viens contre moi, ma Pinocchia, que je profite plutôt de tes gros flotteurs !

(Version lue « Les Grands Classiques de la Bande Dessinée Erotique » – Hachette)

Ses Mains Sur Ma Peau de Marc Ali

Marc Ali est un infographiste français.

En bref, Alexandra accueille une nouvelle équipière, Hélène, au sein de l’hôpital où elle est infirmière. Elle ressent aussitôt une attirance envers la brune qui ne semble pas farouche. Le soir, elle se confie à son mari, Josh, photographe qui la trompe avec ses modèles. Très excité par la situation, il cherche à en profiter pour dévergonder sa femme…

Vous avez peut-être déjà vu des vidéos porno basées sur le moteur graphique d’un jeu vidéo reprenant les modèles et leur faisant réaliser des fantasmes en général assez extrêmes. C’est le même principe qui est utilisé par Marc Ali avec le logiciel thriXXX (si vous vous sentez créatifs). Au début, je dois bien dire qu’on se croit dans un roman-photo décalé. Et comme tous soaps, on finit par se faire avoir et le reste de la lecture se passe sans problème, hormis une sensation d’étrangeté permanente.

Malgré les efforts très prononcés sur les expressions de visage, les corps semblent bien raides. Les défauts sont les mêmes qu’un roman-photo, les personnages sont comme figés.

L’histoire est assez convenue, mais les personnages sont bien campés. On a lu bien pire. L’héroïne bouleversée par un désir lesbien inédit et un brin candide n’est pas déplaisante.

Voilà, c’est un objet unique, parfois comique malgré lui. Je ne connais pas d’autres titres de ce format, mais ça ne sera pas le dernier, j’en suis convaincu !

PS : Vous venez de trouver le cadeau idéal pour votre compagne/compagnon accro aux jeux vidéo ! Ne me remerciez pas !

– Alors pourquoi es-tu venue ? … Et pourquoi n’as tu rien dit lorsque je t’ai embrassée hier soir ?

(Version lue DYNAMITE – Collection Petits Pétards)

La Chambre de Verre par Axel

Axel est un dessinateur Français.

En bref, Flavia est une quadragénaire à la vie bien réglée. Elle vit chez elle de son exhibition constante par un système de webcams disposé dans tout son appartement. Refusant toute pudeur et jouant le jeu à fond, elle se dévoile dans tous les aspects de sa vie. Un jour, elle rencontre un jeune homme qui va changer son train de vie…

Ce qui interpelle tout de suite est le trait d’Axel. Celui-ci est loin de l’encrage net des personnages comme Manara ou Rotundo (bref, la liste est longue). Mais surtout la recherche de réalisme est très appréciée pour ancrer son récit dans la réalité et donc s’écarter du fantasme.

Le lecteur que je suis a tout d’abord été rebuté par le dessin. Oui, j’aime la belle héroïne, quitte à ce qu’elle ne puisse pas exister, telle une petite fille cherchant à ressembler à sa Barbie. Et puis les personnages m’ont touché. On les connait, c’est un peu de nous qui transpire dans ses pages. On a pas besoin de webcam pour s’exhiber, les réseaux sociaux en font tout autant.

Le choix de vie de Flavia (s’exhiber sur le web pour vivre) est une contrainte, mais elle accepte les règles du jeu et sa vie est équilibrée. Quand son histoire débute avec Marco, on sait que tout sera remis en cause. Peut on être camgirl et avoir une vie sentimentale ? Peut-on tout dévoiler, même l’intimité des sentiments ?

Et le dessin colle à merveille aux propos. On est dans la même réalité que le porno amateur ou la camgirl avec ses corps imparfaits, ses poils trop souvent rasés, etc. C’est un tour de force, je trouve, que de parvenir à restituer cette ambiance, malgré un récit un brin téléphoné.

Crue, sans fards, La Chambre de Verre est une parfaite illustration de ce que peut proposer une BD qui n’a pas peur de dévoiler les corps.

– Jamais je ne ferai la pute, pas à cause de la morale, mais parce que je ne supporterais pas d’être touchée par des gens qui ne me plaisent pas. Les caméras, ça me va. Qu’on me mate pendant que je prends ma douche, que je chie, que je baise ? Aucun problème, au contraire, ça m’excite.

(Version lue DYNAMITE – Collection Canicule)

Céline, Esclave à Plein Temps de Jacobsen

Jacobsen, c’est l’auteur des hilarants et excellemment bandants « Lou, Taxi de Nuit » ou encore « La Grenouille« .

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En bref, Céline s’ennuie dans une soirée, mais lorsqu’un homme viril l’invite à danser, puis l’oblige à la sucer dans les toilettes, sa vie est métamorphosée et elle devient la soumise, non, l’esclave prête à tout pour satisfaire les moindres désirs de cet homme brutal.

Si on connaît le trait délirant de Jacobsen, c’est ici son trait réaliste, puissant et savamment encré. Ici, c’est l’escalade dans la soumission qui est l’enjeu, le nerf de cette BD. Le verbe est brut, la domination totale, bien loin des « jeux » ou de l’imaginaire SM façon « Dressage de Jane« .

La rencontre fascine Céline, en manque de mâle viril et macho. Perturbée, elle rentre vite dans son rôle et accepte sa nouvelle position. Elle va jusqu’à accepter toutes les dégradations physiques et les humiliations possibles, du rasage de crâne, à l’épilation intégrale, aux piercings, mais aussi à offrir chacun de ses orifices à des inconnus jusqu’à être vendue par son maître en manque d’argent.

Il y a peu de jeux de fouet ou de bondage dans ces planches. Jacobsen privilégie les scènes de sexe, notamment de groupes et la sodomie. Il s’autorise tous les extrêmes pour choquer le lecteur, y compris l’inceste, respectant ainsi certainement les demandes de son éditeur de l’époque pour le magazine BD adultes ou BDSM.

Si le lecteur oscille entre doute sur la réalité de ce qu’il lit et la fascination déplacée que provoque cette pornographie humiliante, la BD n’en reste pas moins très efficace et sincère dans ce qu’elle propose, une femme objet.

– Je suis votre esclave, une vulgaire putain, un jouet sexuel… On peut tout me faire et je fais tout : je suce des bites et chattes, je jouis quand on me baise ou quand m’encule, j’avale tout : foutre, pisse et même…

– Bon ! Bon ! C’est bien ! Tout le monde a entendu que tu étais une petite vicieuse. Maintenant, il faut le prouver…

(Version lue IPM – disponible sur le site de Xavier Duvet)

Julia de Olson

Olson, réédité chez DYNAMITE, est déjà responsable de Mi-Anges Mi-Démons.

Olson Julia CouvEn bref, Julie-Julia arrive à Paris et, à peine installée, se fait belle pour découvrir la capitale. Elle est vite séduite, puis kidnappée par un bellâtre qui la brutalise, puis la viole. Elle réalise vite qu’elle va être prostituée de force…

3 volumes sont réunis dans cette intégrale au goût faisandé. Premier constat, le lecteur retrouve le goût des albums des années 80. Ici, la femme, l’héroïne ne décide rien. Elle est un récipient, un fourreau. Et on n’est pas invité à ressentir beaucoup d’empathie pour elle. Elle subit les scènes de sexe, mais finit par aimer, c’est une de ces fameuses « Salopes qui s’ignorent ». Pareil, elle ne veut pas être call-girl, mais finit par accepter sa condition. Paradoxes dont l’auteur ne s’offusque jamais. Afin de satisfaire un lectorat masculin en manque de domination machiste, il ressort la « victime consentante », croisement de femme-objet et animal de compagnie sans volonté propre ou qu’on ne respecte pas.

A la lecture, j’ai ri… Nerveusement. Et j’ai réalisé le parcours de la BD érotique plus moderne où les rôles sont mieux équilibrés. Ici, les scènes sont forcées, mal jouées, constamment partagées entre fuite et plaisir sous contraintes.

Vous aimez les scènes de viol, la domination (« Moi, gros mâle, toi, grosse pute » avec scènes SM de pacotille) et le dessin (pas forcément vilain) d’Olson, vous pourrez peut-être apprécier. Moi, je passe mon chemin.

– Entièrement soumise, Julie subit les frasques de sa tortionnaire ! La douleur n’est que passagère et accroît son plaisir …

(Version lue DYNAMITE Collection Outrage)

Rose Profond de Pirus et Dionnet

Jean-Pierre Dionnet est connu pour être un des trublions des Enfants du Rock. Pour ce qui nous intéresse, on retiendra son rôle dans Métal Hurlant, l’Echo Des Savanes et la BD en général. Il fournit à Pirus un scénario digne de l’expert en Bandes Dessinées qu’il est.

Dionnet Pirus Rose Profond Couv

En bref, Malcolm le rat est un héros du pays rose où tout est beau et joli et où tout le monde s’amuse. 50 ans qu’il tient le grand rôle, ce soir, il a droit à une fête en son honneur. Tout le village est là et Malcolm est vite rincé à grands coups de bière. Il en profite pour s’écarter avec Mimi, celle qui lui fait miroiter ses charmes depuis 50 longues années. L’alcool et la frustration de Malcolm lui font commettre l’irréparable et il viole la tendre Mimi. Il n’en faut pas davantage pour qu’il soit condamné à l’exil…

L’univers Funny Animal de Rose Profond que tout le monde connait avec Mickey Mouse est la référence pour le divertissement destiné aux enfants. Beaucoup d’auteurs s’en sont inspirés pour leur création en y injectant une dimension adulte, notamment Crumb et Fritz The Cat, mais aussi l’essentiel MAUS de Art Spiegelman.

Le lecteur est donc plongé dans un univers confortable sans grande surprise où chaque personnage est un animal, hormis Mimi, l’alibi sexuel de l’histoire, qui est humaine. On se prend au jeu de ce récit qui surprend par sa maturité et son respect à sa matière originelle.

C’est au final un très bel hommage irrévérencieux à la BD et animation américaine jusqu’aux années 50, que j’aurais apprécié plus long tant le dessin de Pirus est élégant avec des couleurs excellentes.

Alors, certes, vous vous demandez où est la fesse dans tout ça ? Un rat qui sodomise une femme, ça ne vous suffit pas ?

– Essaye pas de filer, salope ! Et puisque nous devons nous marier un jour, je prends un acompte… Et sans déflorer la putain de virginité à laquelle tu sembles tant tenir !

(Version lue Casterman)

Esmera de Vince et Zep

Zep est l’auteur à succès de la Bande Dessinée française connu pour son personnage de gamin insupportable, Titeuf, mais surtout pour ce qui nous intéresse ici, Happy Sex. Cet album aurait relancé l’intérêt de la BD adulte pour les éditeurs…

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En bref, Esmera nous confie le récit de sa vie depuis l’internat de son adolescence et la découverte de la sexualité jusqu’à ses 35 ans ou 70, c’est à vous de voir…

Je dois commencer par un Mea Culpa. Zep n’est pas qu’un bon auteur de gags pour le jeune public. C’est aussi un bon scénariste. Esmera m’a complètement surpris. Le lecteur n’est pas pris pour un demeuré et le récit est maîtrisé. Il y a un twist majeur. Je ne spoilerai que les amateurs de Rumiko Takahashi en révélant que l’histoire d’Esmera est celle de Ranma 1/2 avec du sexe, l’humour en moins.

J’ai pu discuter quelques instants avec Vince lors d’une dédicace. En plus d’être un homme charmant, il a su apporter son trait délicat et racé pour porter le récit en rendant l’héroïne craquante. L’érotisme évident et vibrant de son dessin est un point fort indéniable de cet album.

L’histoire offre un très bon moment entre l’Italie conservatrice et religieuse, le Paris étudiant et politique de Mai 68, les excès d’Ibiza, etc. Le tout est, comme souvent, un parcours où le personnage central doit apprendre à s’assumer et vivre sa vie en accord avec lui-même.

De plus, on peut y voir une métaphore sur le tabou de la bisexualité qui est un thème assez contemporain. La place des sentiments trop souvent zappés dans les BD érotiques implique le lecteur et cadre à la quête de l’identité de l’héroïne.

Zep, Vince, vous nous refaites un titre comme ça quand vous voulez ! Merci d’avance ! C’est un de ces titres que les jeunes ado trouveront dans la bibliothèque de leurs parents et y découvriront la sensualité, tout comme j’ai pu le faire avec le Déclic.

– Ce chanteur anglais ne savait pas que le LSD pouvait faire mal au cul…

(Version lue Glénat)

Rencontre avec Monstre de Filobédo

Si vous avez oublié Melonie Sweet, je vous conseille fortement de vous rafraîchir la mémoire et lire le premier tome de ses aventures, l’Île Mystérieuse.

Filobedo Rencontre Avec Monstre Couv

En bref, nous avions quitté Melonie en mauvaise situation, ligotée, offerte en sacrifice par la tribu au monstre de l’île. Elle est enlevée par celui-ci sous les yeux de ses coéquipiers baiseurs. Melonie va vite se rapprocher de son ravisseur et découvrir les derniers secrets de l’île.

Le premier volume était une perle d’humour et une BD de fesses totalement assumée, un vrai plaisir efficace et bien construit. Ici, malheureusement le récit ne tient pas toutes ses promesses. C’est un peu bancal dans le rythme. En fait, la rencontre avec le monstre est finalement trop courte.

Mais vous me direz, tu es bien gentil, mais alors est-ce que c’est bon ? La réponse est simple, oui, Rencontre avec Monstre est une digne suite de notre héroïne préférée aux seins démesurés et aux orifices affamées, thèmes chers à l’auteur. Elle reste cette bimbo gentiment décérébrée, insatiable, volontaire et adepte de dilatation extrême.

La lecture reste un moment agréable avec une pornographie qu’on ressent comme sincère, un vrai travail d’artisan moderne de la BD. Ce n’est cependant pas le meilleur titre de Filobédo à mon humble avis.

– Allez quoi, fais pas ton radin, mets plus de doigts, comme les grosses bébêtes à tentacules des BDs ! Ouhh ! Comme je regrette de ne pas plus d’orifices à faire bourrer !

(Version lue TABOU Editions disponible sur BD Adultes)

The New Rodeo Girls de Nicky

Il y a des titres qui créent des vocations, des albums qui puent le génie, le talent à l’état pur. Le Royal Gentleman Club a pour moi été un choc, une révélation. Dans mon parcours de lecteur de BD érotiques, si il y a eu un premier jalon qui m’a persuadé que le talent n’appartenait pas qu’a Manara, Nicky et ses histoires courtes m’ont convaincu que la BD pouvait être pornographique, adulte, drôle et pleine d’autodérision. J’attendais donc son nouveau titre comme un messie.
Nicky The New Rodeo Girls COuvEn bref, Marilyn Strangelove débarque dans une bourgade crasseuse du Far West. Mais ce western est très particulier, il n’y a que des femmes, toutes vêtues de façon minimale avec un goût prononcé pour la lingerie et l’exhibition. Chaque histoire raconte les ébats de la belle cowgirl et de ses maîtresses.
Les premières pages désorientent le fan impatient. Nos Cowgirls sont représentées en manga. Le trait est malheureusement approximatif, comme on pourrait le reprocher à du hentai de seconde zone.
Et les aventures de Marilyn laissent finalement froids. Un vrai drame, la désillusion totale, à croire que Nicky se force. « Que n’ai-je pas parodié précédemment? » Ah oui le manga. Et il se vautre dans ce mélange improbable de western à la sauce nippone. Force est de constater qu’il ne maîtrise pas son sujet comme auparavant. Blagues qui tombent à plat, dessins quasi bâclés.

On l’a connu nettement plus en forme ! Mais je me dois de nuancer. C’est la déception du fan qui parle. La relecture m’a donné quelques plaisirs, certes bien éloignés de l’énergisant Royal Gentlemen Club qui continue à faire tressaillir mon bas-ventre à chaque fois que je l’évoque. Il reste le coeur de Nicky dans ces pages, à savoir la gourmandise de ces personnages affamées de sexe et toujours prêtes à tout !

Les thèmes sont tout de même plus violents ! Ici, la place est occupée par de longues sessions de fessée et de soumission saphique avec un grand soin apportée à la lingerie et un amour immodéré des poitrines opulentes et lourdes. Les amateurs apprécieront !

– Tu es devenue si femme ! Personne ne m’avait fait jouir comme tu viens de le faire… Bats-moi, mon amour !

(Version lue DYNAMITE – Disponible sur BD-Adulte)