Les « Nuits » de Stella de Foxer

On a parlé de Foxer pour Fanfrelle et la vie parisienne.

En bref, Stella a fait les beaux jours de Bédé Adult’, le magazine de BD adultes des années 80-90. Cette grande brune habillée d’une combinaison de cuir noir ne se laisse guère séduire et préfère le rapport franc et direct.

En 5 tomes, on voit le personnage évoluer dans des situations différentes et caricaturales. On commence avec le milieu de la nuit et de la rue dans « Les Nuits Blanches », puis la vie de château genre donjon SM grotesque avec « les Nuits Sadiques ». Ensuite, elle s’encanaille à nouveau dans la rue, mais ambiance travestis et sexe de groupe. Le plus dingue étant « Les Mille et Une Nuits », les aventures orientales de Stella représentent un cap assumé de l’auteur qui ajoute l’exotisme aux scènes de sexe permanentes. Enfin dans le dernier tome, « Les Nuits Secrètes », Stella devient une enquêtrice de choc.

Foxer a un dessin très reconnaissable, ses teintes de gris et son trait sont très marqués. On peut sentir des influences multiples, dont … Tom Of Finland ! En effet, certains personnages masculins sont des bikers « cuir-moustache ».

Le feuilleton n’est pas des meilleurs. On se lasse vite des aventures de la grande brune, où tout sonne en toc, et où les dialogues tombent à plat. On reste très étonné par le premier degré du récit et l’humour incongru. L’intégrale n’en est pas moins le pur reflet de la production française du genre dans les années 80.

– Pas croyable ! Elle a une moule à qui il ne manque que la parole !

(Version lue Bédé Adult’ – réédité chez DYNAMITE en 2017 tome 1 + 2)

29/01/2017 : DYNAMITE ressort la série dans une belle édition avec des dialogues réécrits, mais qui gardent encore leur saveur ! Un bien bel objet !

La Vie Parisienne de Fanfrelle de Foxer

Foxer est un de ces dessinateurs peu connus du grand public. Par contre, ces personnages, Stella, Fiona et Fanfrelle, le sont moins. Aucune info n’est disponible sur cet auteur, si ce n’est que ses BDs se vendaient uniquement en revue et par correspondance. (Et c’est tant mieux).

Foxer La Vie PaArisienne de Fanfrelle CouvEn bref, Fanfrelle est une jeune fille qui vit à la campagne avec sa famille à la fin du 19e siècle. Nous allons donc suivre son parcours jusqu’au sommet dans la capitale.

Abandonnez tout espoir d’un quelconque intérêt artistique. Ici, on est confronté à des personnages qui vont se culbuter les uns les autres. Le dessin est approximatif, quoique les nuances de gris sont pas si moches. C’est difficilement lisible, et surtout ennuyeux. Et ça, ce n’est que pour le dessin.

L’histoire est un prétexte pour nous montrer des scènes insipides. Et puis le mythe de la jeune fille « pure » qui se transforme en bête affamée, c’est du réchauffé de première catégorie.

Ceux qui le liront pourraient considérer que ça a autant d’intérêt qu’un « Liz & Beth » De G. Lévis ou Léone Frollo (voir dans les catégories). Mais on ne retrouve pas la même fraîcheur, ni qualité dans le dessin, bien que le niveau de l’histoire soit de même niveau. Les bulles sont illisibles et fatigantes, bavardes inutilement. Rajoutez à ça, la volonté de l’auteur de rendre l’accent. Par exemple, « toi » devient « toé », à mourir de rire!

Donc peu d’intérêt dans ces pages, à part pour l’expérience de voir une famille complète s’envoyer en l’air. En 1895, on s’ennuyait pas, on savait s’amuser. (Hum hum)

– Quelle croupe ! Et l’autre qui a une langue formidablement titilleuse !

– J’espère que les 10 autres qui suivent ne seront pas aussi brutaux que vous, car vous me faîtes mal…

(Version lue Bandes Dessinées pour Adultes 1990 –  épuisé)