Céline, Esclave à Plein Temps de Jacobsen

Jacobsen, c’est l’auteur des hilarants et excellemment bandants « Lou, Taxi de Nuit » ou encore « La Grenouille« .

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En bref, Céline s’ennuie dans une soirée, mais lorsqu’un homme viril l’invite à danser, puis l’oblige à la sucer dans les toilettes, sa vie est métamorphosée et elle devient la soumise, non, l’esclave prête à tout pour satisfaire les moindres désirs de cet homme brutal.

Si on connaît le trait délirant de Jacobsen, c’est ici son trait réaliste, puissant et savamment encré. Ici, c’est l’escalade dans la soumission qui est l’enjeu, le nerf de cette BD. Le verbe est brut, la domination totale, bien loin des « jeux » ou de l’imaginaire SM façon « Dressage de Jane« .

La rencontre fascine Céline, en manque de mâle viril et macho. Perturbée, elle rentre vite dans son rôle et accepte sa nouvelle position. Elle va jusqu’à accepter toutes les dégradations physiques et les humiliations possibles, du rasage de crâne, à l’épilation intégrale, aux piercings, mais aussi à offrir chacun de ses orifices à des inconnus jusqu’à être vendue par son maître en manque d’argent.

Il y a peu de jeux de fouet ou de bondage dans ces planches. Jacobsen privilégie les scènes de sexe, notamment de groupes et la sodomie. Il s’autorise tous les extrêmes pour choquer le lecteur, y compris l’inceste, respectant ainsi certainement les demandes de son éditeur de l’époque pour le magazine BD adultes ou BDSM.

Si le lecteur oscille entre doute sur la réalité de ce qu’il lit et la fascination déplacée que provoque cette pornographie humiliante, la BD n’en reste pas moins très efficace et sincère dans ce qu’elle propose, une femme objet.

– Je suis votre esclave, une vulgaire putain, un jouet sexuel… On peut tout me faire et je fais tout : je suce des bites et chattes, je jouis quand on me baise ou quand m’encule, j’avale tout : foutre, pisse et même…

– Bon ! Bon ! C’est bien ! Tout le monde a entendu que tu étais une petite vicieuse. Maintenant, il faut le prouver…

(Version lue IPM – disponible sur le site de Xavier Duvet)

Jacobsenneries de Jacobsen

Jacobsen est un auteur dont on adore parler tant son travail est original. Malheureusement il ne semble plus continuer dans cette veine.

Jacobsen Jacobsenneries CouvEn bref, une demi-douzaine d’histoires courtes sont réunies dans ce format souple. Ces récits sont très variés, allant de l’humour potache, grivois à la pornographie extrême sadomasochiste gay.

Jacobsen est souvent associé à des histoires décalées pleine d’humour et de scènes assez folles, très anales d’ailleurs. En parcourant les pages de ce recueil, sa capacité de dessin est impressionnante, copiant parfois selon le ton du récit le style, entre autres, d’Edika et de Maëster.

La dernière histoire, la plus longue, est la plus étonnante, puisqu’on suit l’histoire d’un strip-teaser dans une boite gay SM qui sera vite dominé par son patron dans une séance particulièrement violente.

– Vous vous rendez compte ? Les millions de litres de foutre gaspillés dans le monde à cause de vos cochonneries ?

(Version lue DYNAMITE Editions Collection Petit Pétard)

La Grenouille de Jacobsen

Jacobsen est un auteur français mêlant pornographie extrême et humour cinglant.

En bref, le titre complet est « La Grenouille qui voulait s’ la faire aussi grosse que le taureau », ce qui laisse imaginer le scénario. Une femme se touche en se godant l’anus quand 2 hommes apparaissent et, malgré leurs efforts, ne parviennent pas à la satisfaire. Mais ils lui promettent un sexe encore plus gros pour son anus terriblement demandeur.

Visant l’exubérance et l’efficacité, Jacobsen enchaine les scènes avec un scénario minimal. Digne d’un gonzo, « La Grenouille » propose des scènes uniquement anales extrêmes (madame veut rester vierge pour son mariage) et des dialogues d’une saveur incroyable. Il est difficile de ne pas mourir de rire devant les conversations.

Pour cette première BD, sortie en 1987, l’univers de Jacobsen est déjà posé : du sexe hard et une bonne dose d’humour et de second degré. Certes, ce ne sera pas du goût de tout le monde. C’est néanmoins une œuvre de grande qualité.

Avec une surenchère diabolique de sexes de plus en plus démesurés, les scènes s’enchainent bien avec un style très personnel. Il faut donc lire ou relire « La Grenouille » et pas que pour sa moralité.

– Oohhhh !Quelle magnifique bite !! Je.. Je crois que je l’aime… Allez ! Un petit tour entre mes nichons ! Mmhff… Je peux la téter sans baisser la tête…

– Moi aussi…

(version lue DYNAMITE – disponible sur le site de Xavier Duvet)

Dialogues de Pierre Louÿs par Jacobsen

On a déjà parlé de Jacobsen pour Le loup et l’Agnelle, ainsi que pour Lou, Taxi de Nuit.

Jacobsen Dialogues Pierre Louys CouvEn bref, Jacobsen adapte les « Dialogues de Courtisanes » de Pierre Louÿs, un écrivain et poète du début du 20e siècle.

On a déjà évoqué le goût de Jacobsen pour l’extrême. Donc le choix d’une telle adaptation éveille une curiosité et aussi, on ne le nie pas, cela fait naitre un gros doute. Les dialogues sont très courts, 2 à 3 pages en moyenne. Et dès les premières scènes dévoilées, on sait que Jacobsen a raison, son point de vue fonctionne.

Décrivant le monde des prostituées essentiellement fin 19e-début 20e, on y découvre que les choses n’ont pas évolué. Les propos, les pratiques sont les mêmes. Il y a même une scène de sexe par téléphone ! La touche Jacobsen est certainement sa sélection qui ne fait pas dans la dentelle. Beaucoup de sodomie, un peu d’urologie, 2 histoires très limites quant à l’âge des protagonistes… Mais le tout est délicieusement pervers et outrancier avec une sexualité ouverte et débridée.

Chaque album lu de Jacobsen ne fait que confirmer la qualité de son travail. Foncez dessus !

– Ah Nom de Dieu C’qu’il m’en a pissé dans la bouche !

La BD est disponible ici !

(Version lue Bandes Dessinées Pour Adulte – épuisé)

Le Loup et l’Agnelle de Jacobsen

Jacobsen nous avait déjà emmené loin avec « Lou, Taxi de Nuit. »

Jacobsen Le Loup et l'Agnelle CouvEn bref, l’Agnelle (une jeune bergère) et le Loup sont amoureux et se le prouvent. C’est pendant un acte qu’ils vont être dérangés par des chasseurs. Violant la belle Agnelle, les amoureux n’ont pas d’autre option que de demander l’aide de Lady Commandement, une sorcière SM aux seins énormes.

Jacobsen revisite le « Chaperon Rouge », enfin le survole. C’est drôle et frais. Mais surtout il pousse le bouchon toujours plus loin dans l’humour (les chasseurs sont d’une bêtise inatteignable) et dans les scènes de sexe (le baptême de Lady Commandement).

Comme pour Lou, Taxi de Nuit, On sent un auteur un peu contraint de délivrer du cul. Il s’en sort bien, encore une fois, mais je recommande davantage Lou.

Le dessin est un cran au dessous et peut paraître brouillon et sale. Le point fort reste ce détournement d’un univers « enfantin » et d’en faire un joyeux bordel, un monde où les bergères et les animaux sauvages baisent ensemble et où les chasseurs cherchent des trous serrés.

On pourrait y voir presqu’une BD un brin revendicative avec des opprimés se révoltant. Le ton de l’ensemble n’est pas si éloigné, mais on reste dans une parodie cherchant l’humour, plus que tout le reste !

– HAAAA !! Putain ! On n’a que la joie qu’on se donne !!!

(Version lue BDX – Bandes Dessinées pour Adultes – épuisé)

Lou, Taxi de Nuit de Jacobsen

Jacobsen (prononcer Jacques Obscène) a longtemps travaillé pour les revues de BD salaces des années 80-90. Du jeu de mot de son pseudo, le lecteur sait déjà qu’il arrive dans monde de « poésie ».

Jacobsen Lou Taxi De Nuit CouvEn bref, Lou est une chauffeuse de taxi de nuit, un brin punk avec un franc parler bien trempé et une paire de seins offensifs. Son histoire va être un véritable délire, un tourbillon de n’importe quoi génial.

Les premières pages annoncent plutôt un récit « banal » d’un taxi où les clients s’enverraient en l’air avec une sorte de peinture crade des relations homme femme où le refuge des femmes serait le lesbianisme. C’est vite tout autre chose à partir de l’arrivée du « chat d’Iran ». Je n’en dis pas plus pour ne rien révéler, mais dès ce moment, la BD prend une tout autre tournure. Et c’est à partir de ce moment que j’ai su, ce que Jacobsen me rappelait, c’est une sorte de Maëster (l’auteur des Soeur Marie-Thérèse des Batignolles et Athanagor Wurlitzer) complètement trash, très porté sur les jeux de mots, où les cases regorgent de petits détails stupides. Une fois ce « frein à main » ôté, le lecteur en prend plein la tête. Entre les rêves, les scènes très hard et les dialogues, on sent bien que l’auteur prend son pied pour nous imposer son univers.

La Bd n’est pas ambitieuse, ni prétentieuse et surtout pas sérieuse. Lou, Taxi de nuit, est un récit pornographique (ben oui quand même), drôle et décalé. Les pages sont inventives, mélangeant les styles, parfois de manière surprenante. On sent bien l’auteur faire des planches en se disant « vous voulez du cul? Ben voilà vous êtes servis. Je vais vous raconter mes conneries maintenant. » Et ça marche !

– Je ne suis pas vaginale Hhhhrrrr…

-Je ne suis pas clitoridienne ! HHAAA HH…

– Je suis ANAAALE !

(Version lue Dynamite Editions)