The New Rodeo Girls de Nicky

Il y a des titres qui créent des vocations, des albums qui puent le génie, le talent à l’état pur. Le Royal Gentleman Club a pour moi été un choc, une révélation. Dans mon parcours de lecteur de BD érotiques, si il y a eu un premier jalon qui m’a persuadé que le talent n’appartenait pas qu’a Manara, Nicky et ses histoires courtes m’ont convaincu que la BD pouvait être pornographique, adulte, drôle et pleine d’autodérision. J’attendais donc son nouveau titre comme un messie.
Nicky The New Rodeo Girls COuvEn bref, Marilyn Strangelove débarque dans une bourgade crasseuse du Far West. Mais ce western est très particulier, il n’y a que des femmes, toutes vêtues de façon minimale avec un goût prononcé pour la lingerie et l’exhibition. Chaque histoire raconte les ébats de la belle cowgirl et de ses maîtresses.
Les premières pages désorientent le fan impatient. Nos Cowgirls sont représentées en manga. Le trait est malheureusement approximatif, comme on pourrait le reprocher à du hentai de seconde zone.
Et les aventures de Marilyn laissent finalement froids. Un vrai drame, la désillusion totale, à croire que Nicky se force. « Que n’ai-je pas parodié précédemment? » Ah oui le manga. Et il se vautre dans ce mélange improbable de western à la sauce nippone. Force est de constater qu’il ne maîtrise pas son sujet comme auparavant. Blagues qui tombent à plat, dessins quasi bâclés.

On l’a connu nettement plus en forme ! Mais je me dois de nuancer. C’est la déception du fan qui parle. La relecture m’a donné quelques plaisirs, certes bien éloignés de l’énergisant Royal Gentlemen Club qui continue à faire tressaillir mon bas-ventre à chaque fois que je l’évoque. Il reste le coeur de Nicky dans ces pages, à savoir la gourmandise de ces personnages affamées de sexe et toujours prêtes à tout !

Les thèmes sont tout de même plus violents ! Ici, la place est occupée par de longues sessions de fessée et de soumission saphique avec un grand soin apportée à la lingerie et un amour immodéré des poitrines opulentes et lourdes. Les amateurs apprécieront !

– Tu es devenue si femme ! Personne ne m’avait fait jouir comme tu viens de le faire… Bats-moi, mon amour !

(Version lue DYNAMITE – Disponible sur BD-Adulte)

Royal Gentlemen Club de Nicky

Le Royal Gentlemen Club est un recueil de 20 récits complètement fous dessinés par Nicky.

Nicky Royal Gentlemen Club CouvBienvenue pour 20 histoires dans une Angleterre « over british » des années 50, une société qui repose sur la discipline, le flegme et le dévouement total à son Pays, à la reine. En bref, c’est dans ce contexte complètement associé à Edgar P. Jacobs et ses éternels Blake et Mortimer que nos nurses et autres femmes dévouées à la cause vont nous faire vivre des aventures farfelues.

A la différence de Jacobs, ce sont des héroïnes que nous suivons. Elles sont infirmières diplômées en prélèvements très spéciaux, soldats, Nurses ou encore représentantes de l’Armée du Salut. Et leurs chefs ou patients sont des parodies de Blake et Mortimer.

Ici, on inspecte les uniformes et tout le monde doit être tiré à 4 épingles. Aucun manquement ne sera toléré et les punitions commenceront toujours pas une fessée réglementaire, voire des coups de cravache. On comprend vite que nos ingénues sont ravies de leur traitement. Et tout se déroule avec un humour indéniable et une démesure quasi ultra-violente. L’exagération est de mise, mais la fraîcheur reste entre 2 sourires.

– Serrez-vous, gentlemen… De l’ordre, de la discipline, Rhaaaaa… Un peu de patience derrière…

On se place davantage dans le Pulp, pour les récits « Rocking Girls », où les scénarii se font plus science fiction ou aventures. Un cadre différent, plus américain donc, mais qui prête à tout autant de « saute au paferie » ou de situations délirantes.

Le ton général est constamment placé sous le signe du nylon et d’une féminité liée aux sous vêtements (je reste léger, ce n’est pas l’endroit pour parler de la condition de la femme). Nous avons droit à un défilé de portes jarretelles, bas, soutiens-gorges et autres corsets portés sous des uniformes moulants.

J’avoue avoir beaucoup souri à la lecture, devant autant de bonnes volontés de la part de nos héroïnes. Quel flegme! La parodie est maîtrisée, le ton du volume reste dans le cadre de ses aînés (Pulp, Golden Age Comics, etc.), la ligne claire du dessin saisissant le lecteur et l’y enfermant.

– Le diable est avec nous, Polly ! Ah! Ah! Ah!

– Steve! non! Pas comme cela s’il te plait!

(Version lue DYNAMITE Collection Outrage)