Jehanne de Paul Gillon

On a parlé de Paul Gillon pour sa série de la Survivante.

En Bref, Gillon nous donne sa vision de Jeanne d’Arc. Comment la petite bergère prend les armes pour bouter les Anglais hors du Royaume de France pendant la Guerre de Cent Ans.

La première page et la révélation de la nature des voix perçues par la sainte font fort. On s’attend à une sorte de déluge d’images fortes tordant le cou au mythe. Finalement on en est loin. L’objectif n’est pas de choquer, c’est une sorte de version alternative qui reste probable.

Les grandes scènes de la vie de Jeanne (ici Jehanne) sont reprises. Ce que j’ai retenu est la « complicité » avec Gilles de Rais, plus connu sous le nom de « Barbe Bleue » (mais c’est une autre histoire), qui se place en mentor et guide qui lui apprend la vie, tout en défendant sa virginité.

Le dessin de Gillon fonctionne parfaitement avec l’ambiance médiévale. Comme, pour la Survivante, ses personnages ont cette folie perceptible dans le regard. Tout comme Jehanne apparait parfois comme une fanatique.

Au final, c’est une adaptation solide, forcément adulte, qui se lit très bien.

– Il est d’autres portes… Plus étroites et plus secrètes… Je t’apprendrai…

(Version lue l’Echo Des Savanes / Albin Michel)

La Survivante de Paul Gillon

Paul Gillon a notamment travaillé avec  l’auteur de Barbarella, Jean-Claude Forest, dans les années 70 pour la série des « Naufragés du Temps. » Il est décédé le 21 mai 2011.

En bref, dans un futur proche, Aude Albrespy remonte à la surface après avoir été coincée sous terre. A sa remontée, elle constate qu’elle est seule, que le monde est couvert de la poussière des corps. Elle retourne sur Paris et découvre que les « Cybers », les robots au service de l’humanité, continue leurs travaux malgré l’absence de leurs maîtres. Elle profite alors du monde tel qu’il est à présent. C’est ainsi qu’elle a sa première expérience avec Ulysse, le majordome de son hôtel…

Dans une veine SF traditionnelle, Gillon tisse un récit érotique autour du personnage d’Aude, perdue dans un monde de robots. On sent bien la volonté initiale de faire une histoire de fesses. Malheureusement on manque de consistance. En effet, l’auteur ouvre des portes très intéressantes dont la psychologie de l’héroïne dans ce cadre post-apocalyptique, mais aussi la volonté des Cybers. Sont-ils à l’origine de la fin du monde?

Il y a d’autres points qu’on souhaiterait plus développés. Les 3 autres tomes laissent le même goût d’inachevé. Mais malgré tout, le niveau de la BD est très bon. Dessin, encrage et couleurs sont certes classiques, mais tellement efficaces.

Véritable mauvais point, la conclusion de la série, totalement onirique, laisse un goût de bâclage, peut être un signe supplémentaire que Gillon n’a pas maitrisé son histoire.

Un vrai classique à lire avec relativement peu de fantasmes projetés, un exemple de la BD franco-belge qui s’essaie à l’érotisme avec plus d’ambitions que la plupart.

– Entre, Ulysse ! J’ai envie de prendre un bain…

(Version lue Intégrale Drugstore)