Alice de Riverstone et Mandryka

Riverstone est l’auteur de Nagarya. Mandryka, le scénariste de l’album ci-présenté, est le créateur du personnage du Concombre Masqué.

Mandryka Riverstone Alice CouvEn bref, Mandryka adapte Alice Au Pays Des Merveilles de Lewis Carrol. Bien entendu, on retrouve quelques étapes importantes de l’histoire originelle, mais l’absurde des rencontres improbables se mêle aux courbes affolantes et parfaitement matures d’Alice.

Avec une bonne dose d’humour et de jeux de mots, la lecture est drôle et parfois déconcertante. Certes le tout est léger. L’affolante Alice est constamment à la recherche de vêtements ou prend les poses plus lascives et indécentes les unes que les autres.

Le voyage est hallucinant, entre rêves, drogues et rebondissements inattendus portés par des couleurs audacieuses. « Alice » reste une histoire sexy avec une héroïne dévêtue aux courbes affriolantes qui reste chaste cependant. A aucun moment, elle ne subit les assauts d’éventuels prétendants.

Malheureusement, la lecture s’interrompt abruptement et aucune suite n’est sortie officiellement, on reste donc sur notre faim.

– Un noeud ? Oh, laisse-moi t’aider à le défaire !?

(Version lue Chefs d’œuvre de la BD Erotique Tome 5 – Rombaldi Editeurs)

(Les couleurs sur les images sont malheureusement saturées)

Nagarya de Peter Riverstone

Peter Riverstone est français, contrairement à ce que son pseudo indique. Son véritable nom est Bernard Kamenoff.

Riverstone nagarya soft CouvEn bref, 3 hommes et une femme se rendent dans une jungle primitive en tant qu’ethno-psychologues (quelle rigolade !). Ce voyage ne peut avoir de retour. Ils se croient seuls dans ce monde, mais les choses vont vite changer.

Ce qui choque dans les premières pages est la grande qualité graphique de la BD. Les couleurs sont somptueuses, l’atmosphère moite. Ensuite la différence de traitement des corps est radicale. Anny « Eve » est ravissante et détaillée, les hommes sont bodybuildés, sans caractère, voire carrément ridicules (Jean et sa moustache).

Riverstone place donc (intentionnellement?) toute l’attention du lecteur vers son héroïne bête et déplace son histoire vers une version d’Adam et Eve. En effet, nos 4 compères désespérées se demandent pendant un moment qui va féconder la belle. On y croit pas une seconde à leur solitude et encore moins à la folie naissante dans ce groupe, pas plus d’ailleurs qu’au monde dont ils sont originaires. Parce que notre fine équipe vient d’un monde où les femmes sont toutes des bombes et vivent à moitié nues, pendant que les hommes restent habillés (normal, ils sont frileux).

Maintenant le point le plus dur à aborder, les 2 versions de l’histoire. La plus simple à trouver est la version censurée (ou plutôt « tout public »), elle n’a aucun intérêt, l’histoire est maltraitée et le « piquant » est absent. La véritable version est en 2 volumes et vous pourrez voir les sexes arqués des protagonistes et les multiples scènes, mais tout ça encore une fois manque de saveur. C’est joli, mais ça ne réveille rien. J’ai même ri et ce n’est pas le but de l’auteur, je pense.

Passez votre chemin. Il y a bien mieux. Mais Anny (et toutes les autres créatures féminines) est franchement très belle, dans ce monde improbable, trop ambitieux.

– Dis Jean! Tu me ramèneras revoir les eryops et les arbres à bite?

(MAJ 29/01/2017 : DYNAMITE réédite le chef d’oeuvre de Riverstone dans une édition qui rend hommage à ce monument de l’érotisme français des années 80. Les collectionneurs seront ravis !)