Journal 1 et 2 de Fabrice Neaud

Fabrice Neaud a reçu l’Aplh Art Coup de Coeur pour son « Journal » en 1997 au Festival d’Angoulème.

Neaud Journal CouvEn bref, l’auteur se confie sur sa vie de 1992 à 1994 alors qu’il est tout jeune auteur. Il nous parle de tout, de son travail, de sa recherche d’amour, de ses préférences.

Certainement l’autobiographie la plus touchante jamais lue, les états d’âme de l’auteur bouleversent le lecteur. Du statut de l’homosexuel de province qui galère à trouver un partenaire digne de ce nom et non un coup du soir, le récit déborde de sensualité, d’attente frustrée et surtout d’une humanité qui concerne tous les genres et orientations sexuelles.

On peut dire qu’à travers ses cases, Neaud fait fort avec ses images de cœur anatomique touché par un doigt ou encore pointé par un pistolet. Il maitrise les métaphores des sentiments et son art en général est d’une grande maturité aux influences multiples.

On pourrait lui reprocher une certaine impudeur propre au format employé, tant ses confessions sont intimes. Mais c’est toute la beauté qui en découle qui vous prend et ne vous lâche plus. Une belle quête de sentiments.

– Je me perds dans l’observation de son col presque le temps d’un scandale…

(Version lue Ego Comme X)

Tom Of Finland : The Comics Volume 1

Tom of Finland est le pseudonyme de Touko Laafsonen, décédé en 1991.

Tom Of Finland CouvEn bref, le livre est une compilation de plusieurs séries et travaux de Tom Of Finland. On y retrouve beaucoup de ses héros récurrents : un Tarzan, Kake (le motard au T shirt « Fucker »), etc.

La première chose qu’on retient est la masculinité exacerbée des protagonistes, avec musculature développée et pénis surdimensionnée. S’appuyant sur ce qui est maintenant devenu des clichés gays, Tom fait la part belle aux travailleurs, aux policiers et aux militaires (clichés que l’on retrouve dans les Village People par ailleurs).

Ces penchants pour ces derniers sont complètement fétichistes, bottes en cuir et uniformes sévères moulant les sexes toujours prêts à l’emploi.

Les planches sont composées essentiellement d’un seul dessin s’appuyant sur une narration silencieuse. Il n’y a aucune bulle (hormis dans la première histoire). A mon sens, cela renforce le fantasme dessiné où toute parole est inutile ou peu justifiée.

On retiendra ses personnages au look de rocker propres sur eux ou de militaires à la sexualité heureuse, joviale et impudique.

(Version lue Taschen)