Les Femmes de Milo Manara

Milo Manara est l’auteur le plus cité sur ce blog. Et pour cause, c’est l’auteur le plus connu et certainement le meilleur point d’entrée dans l’univers de la BD érotique.

En bref, LES FEMMES DE MANARA[BD].indd.pdfcette nouvelle édition des « Femmes » de Milo Manara est une nouvelle occasion pour tout fan de poursuivre son histoire avec l’auteur.

On apprécie la grande variété des dessins compilés. Ici, il n’y a pas de crayonnés mais des dessins, aquarelles et peintures peaufinés. Continuer la lecture

Aventures Mythologiques de Milo Manara

Dernier volume de la réédition des aventures de Giuseppe Bergman dessinées par Milo Manara, Aventures Mythologiques comprend « Revoir Les Etoiles » et « l’Odyssée ».

GIUSEPPE T4[DRU].indd.pdfEn bref, Manara, sur ces 2 albums, montre ce qu’il inspire. Après l’aventure, Hugo Pratt et l’imaginaire africain et oriental, c’est la peinture classique, la rêverie, le cinéma, mais aussi l’antiquité qu’il nous dévoile. Continuer la lecture

Aventures Orientales de Milo Manara

La 3e aventure de Guiseppe Bergman, la série culte de Manara, est parue précédemment sous le titre de « Rêver Peut-être ».

En bref, Guiseppe Bergman se perd à nouveau dans l’Aventure. Cette fois, il participe à la recherche d’une équipe disparu lors d’un tournage. Les rushs servent de pistes troublantes pour lui et Fransesca Foscari, la responsable de l’expédition. Continuer la lecture

L’Art De La Fessée De Milo Manara et Jean-Pierre Enard

On ne présente plus Milo Manara qui, ici, illustre l’histoire écrite par Jean-Pierre Enard.

En bref, un homme et une femme se livrent au jeu sensuel de la fessée érotique en laissant libre cours à leur imagination.

Sous la forme du récit illustré, les mots de Jean-Pierre Enard sont mis en lumière par le trait de Manara. En nous faisant pénétrer l’intimité de ce couple, ils révèlent habilement l’alchimie nécessaire pour les choses de l’amour.

La fessée reste un jeu sadomasochiste soft évoquant l’enfance et la punition. C’est aussi l’abandon et l’exhibition de la personne punie, une forme de préliminaires cérébrale et mis en scène.

La qualité du récit est enthousiasmante et cela se lit avec une rapidité déconcertante. On a apprécie le ton général quelque peu précieux, mais très vivant.

A conseiller aux curieux de l’exercice. Une possible lecture à deux pourrait pimenter les moments intimes.

– Fesser n’est pas forcer, ni contraindre, ni violenter. Celui qui use de la fessée pour corriger ou pour obliger ne comprend rien à cet art.

(Version lue Vents d’Ouest – rééditée par Drugtsore)

Peintre Et Modèle de Milo Manara

Retrouvez les articles portant sur les œuvres de Manara ici.

En bref, Peintre et Modèle est un projet qui révèle tout l’intérêt de Manara pour l’histoire de l’Art. Si les musées sont remplies de peintures d’auteurs illustres, qui posaient pour eux? Quelles étaient leurs muses?

La chose que l’on retient reste que les peintures classiques, généralement d’ordre religieuse, représentant des femmes s’appuie sur des modèles qui étaient des prostituées ou des femmes aux mœurs légères. Et Manara avec ses propres peintures continue de lever le rideau sur la fabrication des classiques. C’est un véritable hommage qui donne envie de mieux connaitre ces peintures et de parfaire sa culture.

Si nous sommes habitués à la maitrise exceptionnelle de son trait, ses peintures sont tout autant enthousiasmantes de beauté. Et en parcourant les pages de ce magnifique recueil, on s’imagine quelle peinture on souhaiterait afficher chez soi.

(Version lue Drugstore)

Noirs Desseins de Milo Manara

Noirs Desseins est un recueil de 2 albums : Le Piège et Rendez-vous Fatal.

En bref, les 2 histoires sont sensiblement différentes. Le Piège (ici appelé www. 3 filles sur le net) a déjà fait l’objet d’une chronique sur cette page. on s’étendra donc davantage sur Rendez Vous Fatal.

Inspiré d’un fait divers, RDV fatal raconte l’histoire d’un couple dont le mari est aspirant politicien et vit largement au dessus de ses moyens. Ses créanciers vont donc se servir de sa femme pour se rembourser en nature. Tous les jours à 18h précises, elle sera victime d’un bourreau unique qui la sodomise implacablement.

Le mari disparait bien vite dans cette histoire, impuissant à payer ces dettes et à protéger son épouse. Comme le plus souvent chez Manara, c’est la femme qui est l’héroïne (exception la série des Guiseppe Bergman – voir Aventures Vénitiennes et Africaines). Elle s’enfuit et espère enfin être débarrassée de son fardeau. En vain, l’homme retrouve sa trace.

Avec une fin assez tragique, Rendez-Vous Fatal laisse un goût de film de mafiosi où la corruption est partout. Pessimiste, c’est aussi un piège à sa façon, une machination.

Au final, le recueil est de bonne facture, les 2 histoires sont assez bonnes, le trait toujours aussi fascinant.

– On vous le fera comprendre à coups de bite ! Ca rentre mieux, à coups de bite !

(Version lue Drugstore N&B)

Gulliveriana de Milo Manara

Milo, Milo, Milo… Certainement l’auteur  le plus reconnu et le plus simple à trouver en librairie.

En bref, Manara adapte les « Voyages de Gulliver« . Sa belle héroïne ira en Liliput, au pays des Géants, celui des chevaux et enfin dans le château de Laputa, le château volant.

Si l’oeuvre originelle était une satire de la société anglaise du 18e siècle, il faut dire qu’il est plus difficile d’y voir la même chose pour notre époque tant l’esprit du lecteur est porté sur le corps de l’héroïne, divine et un peu niaise comme d’habitude.

Chacune des étapes du récit est marquée par des cènes phares. Elle éteint un incendie en urinant, les géants la voit comme une curiosité sexuelle, les chevaux essaient de la monter et à Laputa, les femmes s’ennuient et « jouent » entre elles de façon très SM. Et si le retour à la réalité est assez acide pour notre société, le tout reste assez facile.

La lecture est loin d’être ennuyeuse. On lit le tout en un quart d’heure, montre en main. Le meilleur moment, selon moi, reste Liliput parce que c’est ce qu’on a tous retenu du récit de base. Le détournement est charmant.

Je ne sais pas si Manara a voulu décrire notre société comme marquée par le sexe ou dont c’est la seule motivation. En tout cas, on ne peut qu’y penser devant ses planches savamment perverses. On ne s’en lasse pas.

– Arrête-toi ! Ne t’enfuis pas ! Je te ferai jouir comme une dingue !

(Version lue couleur Les Humanoïdes Associés Mai 1996)

Révolution de Milo Manara

Devant les déesses dessinées par Manara, on oublie vite le passé activiste de l’auteur.  On peut sentir ses messages dans les aventures de Giuseppe Bergman.

Manara Revolution CouvEn bref, un ersatz de Robespierre fait le procès des élites de la télévision en se réclamant de la Révolution Française. Il fait donc trancher les têtes des stars du Journal Télévisé après les avoir kidnappés. C’est ce qui arrive à Kay, danseuse en phase de recrutement, alors qu’elle se trouve dans le bureau d’un directeur artistique.

Si le sujet est ambitieux et un brin facile, le résultat est bien tiède. On comprend les motivations égalitaires de Robespierre, mais il utilise les mêmes méthodes que son ennemi. Sa révolution est donc appelée à être un échec ou une nouvelle tyrannie.

Mais qu’en est il de la belle Kay ? L’alibi sexuel de l’album a la particularité d’être sans culotte dans tout l’album. Manara est un rigolo.  Et si il parvient à nous faire rire (et encore), l’album est bancal, manquant de profondeur, d’érotisme et de fond. La toute fin de l’album est expédiée.

Comme d’habitude, il n’y a rien de déplaisant à la lecture. Le dessin est toujours égal, flatteur pour l’héroïne, grossier pour la plupart des hommes, quoiqu’il y ait des exceptions avec le personnage charismatique de Robespierre.

Un album plus que moyen du maestro.

– Pendant la pirouette, on a clairement vu votre culotte. Mais si nous voulons captiver le spectateur, nous devons le faire rêver. Il faut plus de transgression ! Plus de « je te vois, je ne te vois pas ! »

(Version lue Albin Michel / L’Echo Des Savanes)

Aventures Africaines de Milo Manara

Auteur érotique incontournable, on ne peut que reconnaître le talent de Manara dont on parle régulièrement.

En bref, nous retrouvons Giuseppe Bergman pour de nouvelles aventures. Après les « Aventures Vénitiennes », Manara continue sa série phare en s’inspirant largement de son compatriote Hugo Pratt (qui était un personnage central du tome précédent).

Cette fois, il n’y a pas de mentor pour notre héros, mais une sorte de productrice accompagnée d’un acolyte gros bras et silencieux. Le clin d’oeil au cinéma est assumé, voire même poussé à l’extrême.  Le point central de l’histoire réside dans le contenu d’une mystérieuse mallette.

Avec des thèmes variés comme le tiers monde et l’occident ou l’écologie et la course au progrès, cet album provoque quelques réflexions et c’est tellement rare dans le genre. Mais rassurez-vous, l’érotisme est toujours présent. Le psychédélisme et le grotesque des derniers chapitres, bien que déroutants, bouleversent le lecteur.

On ne se lasse pas du dessin du maestro, servant parfaitement dans cette série le réalisme, mais aussi l’onirisme du récit.

La série des Giusseppe Bergman devrait être dans toutes les bibliothèques, tant le voyage (et l’aventure) est de qualité et terriblement intelligent.

Petite anecdote, la plus célèbre des actrices X françaises, Brigitte Lahaie, apparaît dans la BD en épouse tortionnaire et soumise pour une scène clé.

-… Ce qui me bouleversa le plus, c’est le ton sur lequel elle me demanda : » tu veux, toi aussi ? »

(Version lue Noir et Blanc Drugtsore)

Le Piège de Milo Manara

Nous avons déjà évoquer de maintes fois le travail de Manara.

En bref, 2 jeunes femmes partagent leur vie dans un appartement avec une webcam. Le contrat est simple, leur mécène les paie pour leurs charmes et les diffuser sur internet. L’arrivée de la soeur d’une des colocataires (et surtout de son amant) va bouleverser la donne.

Si le scénario est un peu léger, on retient forcément le dessin du maestro qui n’arrive pas à nous lasser. Toujours assez habilement, il nous laisse admirer ses personnages.

Il est facile de se comparer au mécène décrit qui se plaint de ne pas avoir de scènes de sexe au début de l’histoire. Ce jeu n’est pas inintéressant, mais c’est bien la perversion de l’amant qui parvient à rentrer dans l’appartement qui reste le moment fort.

Pas le meilleur Manara lu, on sent la facilité.

– Mais qu’est ce que c’est cette obsession de mater, de voir les jambes, les cuisses, les seins, la chair… Mater, mater, mater…

(Version lue Albin Michel / L’Echo Des Savanes Réédité par Drugstore dans l’intégrale « Noirs Desseins« )

Borgia de Milo Manara et Alejandro Jodorowsky

Que se passe t’il quand 2 monstres sacrés du 9e art se rencontrent ? Si l’habitude des grandes affiches mène plutôt à la désillusion, ici, il n’y a pas de déception.

Jodorowsky est un habitué des grands scénarios, bien que ses univers soient le plus souvent orientés SF. On lui doit notamment L’Incal avec Moebius. Et le voir aux commandes d’un récit historique d’une des pages les plus sombres du Vatican est très enthousiasmant.

Le récit couvre 4 volumes tout en couleur et au dessin magnifique, Manara, Manara, Manara !!!

En bref, vous allez vivre Rome et le Vatican à l’époque de Rodrigo Borgia, de son rang de Cardinal, en passant par sa nomination et règne en tant que pape et enfin sa déchance et celle de sa famille.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que, outre l’époque troublée propre à la barbarie, les méthodes de la famille sont directes et sanglantes.

A ce qu’on pourrait ressembler à une surenchère de violence, il est souvent associé un univers hautement sexué et débridé. Et, de ce coté là, laissez votre moral de côté, Alexandre VI (Le père Borgia) a tout les droits et peut tout autoriser. Mariages arrangés, exécutions diverses, orgies malsaines, empoisonnement et incestes sont monnaies courantes.

La folie des Borgia nous emporte. Et on ne cesse de se demander où elle s’arrêtera.

J’ai une vraie préférence pour le premier qui met le ton très vite et confère au récit un élan apocalyptique et pessimiste plein de corruption et de crasse.

Le hic est la véracité historique. A aucun moment, le lecteur n’est averti si il lit une fiction inspirée, si le fait est vérifié ou non. C’est vraiment dommage. Alors autant vous le dire tout de suite, ne vous lancez pas à en parler avec votre pote historien, vous seriez déçus.

Sans être le chef d’oeuvre promis, Borgia reste une lecture très facile. C’est une sorte de classique instantanément au dessin exceptionnel.

– Je pourrais désobéir à un cardinal, mais désobéir au pape serait comme désobéir à Dieu !

– J’ai l’impression que mon sang va bouillir… Ma chair exige des caresses… Un feu brûle entre mes jambes…

(Version lue Drugstore – 4 volumes en couleur)

X-Men : Jeunes Filles en Fuite de Milo Manara et Chris Claremont

J’entends déjà certains dire que cet album n’a rien à faire ici. Mais difficile de ne pas rendre hommage aux comics, qui ne sont pas certes érotiques, mais porteurs d’une bonne dose de fantasmes. (Et puis c’est le printemps aujourd’hui)

Milo Manara X Men CouvEt n’est ce pas la plus grande spécialité de Manara que d’offrir du fantasme? Dans les comics, l’équipe des Xmen a souvent été considérée comme la plus sexy, notamment par le nombre de ses héroïnes, mais aussi (surtout?) par les représentations de Jim Lee au début des années 90.

Alors que donne la réunion de 2 belles promesses? Manara avec son dessin très propre et Claremont très longtemps scénariste de la série.

En bref, les X-Women sont en vacances, mais le monde est en danger. Au point de vue de l’histoire, c’est un joli soufflet. Pourquoi faut il que, pour l’occasion, elles perdent leurs pouvoirs par exemple ? Alors on se cantonnera à l’attrait du dessin et aux rondeurs de nos héroïnes et c’est pas si mal. On regrettera peut être le coté statique des cases, mais les clins d’oeil pervers de Manara provoquent le sourire. On a jamais nos belles dans des états pareils, dans des tenues aussi courtes et c’était pourtant difficile à faire. Et Psylocke reste toujours la plus aguicheuse!

L’album est une bien jolie récréation, un produit de collectionneurs, du Fan Service. Mais rien d’essentiel au fond.

(Version lue Panini comics)

Un visuel des premières planches est disponible ici !