Video Girl Aï de Masakazu Katsura

Le « shonen » sentimental phare des années 90 n’est pas une oeuvre érotique directe, mais la tension sexuelle évidente des premiers volumes en fait une oeuvre de charme assez poussée pour les lecteurs ciblés, les adolescents. C’est donc l’occasion d’inaugurer une nouvelle catégorie « premiers émois« .

Masakazu Katsura Video Girl AI T1 CouvEn bref, Yota, 15 ans, est amoureux de Moemi qui, elle, est amoureuse de Takashi, le meilleur ami de notre héros. L’histoire de base repose sur ce triangle amoureux auquel se rajoute Aï, jeune fille fille mystérieuse sortie d’une cassette vidéo.

Subtile mélange de fantastique et de sentimentalisme naïf (niais?), VGA reste pour beaucoup les albums d’adolescentes fébriles aux petites culottes et aux fesses exhibées. Donc on pourrait conseiller le manga aux fétichistes du coton.

C’est certes réducteur pour les fans, mais VGA ne parle que de la route vers la première fois, le premier baiser, la première histoire. C’est l’heure des grandes déclarations, des larmes de joie et 3 pages plus tard, c’est la même chose avec une autre fille ou garçon. Les premiers volumes sont un brin plus osés. Aï passe beaucoup de temps à moitié nue sans aucune raison, les cadres dévoilent toujours un bout de slip.

Katsura maîtrise parfaitement sur cette série la fièvre adolescente des beaux sentiments et sa touche de soap fonctionne plutôt bien, mais se brise définitivement à force de revirement. Il réussit à flatter le coeur, tout en éveillant la bête immonde (c’est ce qu’il semble penser) des désirs.

On conseillera la série en premier temps pour les adolescents, mais aussi aux grands sensibles ou aux nostalgiques…

– Alors comme ça, Monsieur aime les filles aux gros seins…

(Version lue Tonkam Editions Version Deluxe 9 volumes – disponibles aussi en 15 volumes format poche)

M de Masakazu Katsura

Katsura est très connu pour ses séries romantiques telles que Video Girl Aï. Il a toujours eu une grande facilité à dessiner les slips de ses héroïnes.

katsura m CouvEn bref, Emi accepte d’être la petite amie d’Eiji, mais à la condition qu’ils ne fassent jamais l’amour. Mais Emi est loin de rester prude et un drôle de jeu à la conclusion fatale se met en place.

Katsura sait dessiner. Ses femmes sont de grandes adolescentes dans la ligne de ses autres séries, toujours sensibles avec une larme d’émotion permanente au coin de l’oeil. Et si elles paraissent naïves, elles savent ce qu’elles font. Le personnage d’Emi est intéressant, bien plus que le jeune Eiji qui se bat contre ses pulsions mais accepte et comprend la forme de masochisme qu’elle lui fait vivre, tout ça pour la beauté de l’amour. (hum hum)

Les quelques scènes chaudes sont assez intenses. Vont ils le faire? C’est ce qu’ils souhaitent, mais ça serait la fin de leur histoire. Ce point rend la BD intéressante, mais heureusement que l’histoire est courte.

De bien belles planches, des stéréotypes très japonais (la mini jupe et la vue sur les sous vêtements, la scène de bain…) rendent la lecture agréable, bien que le fond soit plus moral qu’autre chose. A la fin, on a l’impression d’avoir lu un plaidoyer pour l’abstinence. Cela peut s’expliquer par le fait que M soit le seul récit érotique de l’auteur et, grand chantre du romantisme nippon, il ne peut y voir une consommation qui rendrait l’amour vulgaire, le physique étant inférieur au spirituel.

– Quand est-ce que tu te soulages?

(Version lue Editions Tonkam 2006)