Blue de Naoki Yamamoto

Naoki Yamamoto est l’auteur de l’excellent Asatte Dance et reste un auteur trop rarement publié en France.

Naoki Yamamoto Blue CouvEn bref, 7 histoires sont au programme de ce recueil oscillant entre histoires de coeur et de baise lycéenne, comédie sentimentale et situations absurdes. Tout l’art de Yamamoto y est représenté, touchant presque l’Ero Guro sur la dernière histoire.

Toujours avec des héroïnes fluettes, mais pleines de caractère et résolues, ces histoires constamment ponctuées de scènes de sexe réussissent à émouvoir et à prendre à contre pied le lecteur. Les hommes et les adolescents ne sont souvent réduits qu’à des caricatures tenus et guidés par leur satisfaction sexuelle, victimes de leur appétit sexuel, à la merci complète de celle qui veut bien se laisser faire. Avec Yamamoto, l’amour ou les sentiments naissent post coït et, le plus souvent, aux dépends du garçon.

On retient aussi les dialogues durant les scènes. Ici, pas ou peu d’images poétiques, mais une représentation de l’union de deux corps, de la découverte de la sensualité avec étonnement, curiosité et exaltation. Bien que les femmes semblent ne pas le désirer, ce sont bien elles qui exploitent leur corps pour mieux obtenir ce qu’elle cherche (ici, romance, drogue, affection, etc.).

Le tout est plein d’humour et d’une forme de mélancolie et de tendresse pour une époque de vie où l’on découvre l’amour et le sexe, mais aussi la réalité de la vie.

« Blue » est d’une subtilité rare, reprenant les codes de hentai et de la comédie romantique.

– Je n’ai pas arrêté de penser à des trucs cochons pendant le cours. Je suis trempée  de sueur et de sécrétions … 

(Version lue IMHO Editions)

 

Asatte Dance de Naoki Yamamoto

Seule série de Naoki Yamamoto disponible en français, Asatte Dance (signifiant littéralement « danse jusqu’au surlendemain ») est une histoire sur 7 volumes.

Asatte Dance T1 CouvEn bref, Suekichi est un étudiant fauché qui se voit l’héritier de la fortune de son arrière grand-père, mais à la condition qu’il obtienne son diplôme  et se marie. C’est à partir de ce moment qu’Aya, jeune femme dont on ne sait pas grand chose, fait son apparition.

Si la série est un peu fleuve et utilise tous les ficelles du manga, il y a beaucoup de positif. Tout d’abord les personnages sont extrêmement attachants, notamment Aya, qui se dévoile au fur et à mesure du récit. Ensuite l’érotisme qu’elle dégage, la chaleur des ébats et le doux vice affiché ravissent le lecteur. Et enfin l’autre point essentiel est dans l’humour quasi- permanent (par exemple, les apparitions fantomatique de l’aïeul, l’immigré squatteur…).

Malgré le coté daté de la série, elle garde sa fraîcheur et a un vrai côté humain très éloigné des hentaï ultra pornographiques. On peut trouver beaucoup de ressemblances avec « Maison Ikkoku » (Juliette Je t’aime) de Rumiko Takahashi mais avec du sexe, donc forcément moins naïf, mais les clés du récit sont les mêmes.

Drôle, sexy et humain, on regrettera peut être la longueur de l’histoire qui traine un peu et que ce soit destiné à un public jeune adulte masculin. Une série à découvrir pour les amateurs de manga.

– Tu es mouillée

– Idiot ! Je me demande si tous les garçons sont comme toi et ne pensent qu’à ça.

(Version lue Tonkam)