The Art Of Shintaro Kago

On a parlé de Shintaro Kago pour ses mangas. Il est aussi un grand dessinateur.

Shintaro Kago Art CouvEn bref, Kago est déjà délirant dans ses mangas aux histoires grotesques, crues et particulièrement sanguinolentes. C’est cependant dans ces planches contenues dans ce recueil qu’on y trouve toute la puissance de ses délires.

Avec un trait plein, sans aucune hésitation, et ses couleurs très retravaillées (merci photoshop), Kago montre son esprit visiblement habité de créatures éclatées ne pouvant contenir la furie qui les habite. Les crânes explosent et déversent leur contenu fétide, malade et pervers.

Ses portraits impressionnent par leur vivacité visuelle. L’oeil est sollicité fortement et le regard parcourent les multiples détails dont regorge chaque page.

Les défécations sont nombreuses, drôles et crues, tout comme les boyaux et la chair explosée. Tout y est très organique. On peut trouver l’ensemble trop vulgaire, mais ce sont bien là des œuvres qui marquent le spectateur.

(Version lue Timeless Edition)

Carnets de Massacre de Shintaro Kago

Shintaro Kago est un des maîtres de l’Ero-Guro, déjà évoqué pour les oeuvres de Suehiro Maruo (lecture plus que recommandée).

Shintaro Kago Carnets de Massacre CouvSi on peut oser une définition du genre de l’Ero-Guro, on peut dire que c’est un manga excessivement violent affichant les pires perversions dans des contextes absurdes. De ce mélange extrême, personne n’en sort indemne, le genre de lecture qui laisse des traces.

En bref, dans une ville du Japon médiéval, s’entrecroisent les destins d’un samouraï, d’un couturier-assassin, et d’autres personnages. Les 13 histoires présentées sont sanguinolentes, purulentes, dégoûtantes, tantôt drôles, tantôt exaspérantes. Il faut avoir l’estomac bien accroché.

Ici, nous ne sommes pas dans un monde d’excitation, mais de perversions dans la société machiste où les hommes sont forts et les femmes leurs objets. Chacun trouvera dans la lecture de quoi vomir, scatophilie, bondage déformant, atrocités en tout genre.

A la différence d’un Maruo qui publie des oeuvres fortes et, mine de rien, porteuses de sens, Kago fait étalage de l’horreur et place beaucoup d’humour dans ses cases. Mais ces petites « respirations » désorientent. C’est la douche écossaise. Donc, on se met à douter du but de l’auteur, notamment avec son histoire de distributeur et tout le délire autour de la couture.

« Carnets de Massacre » n’est pas le royaume du bon goût et, quitte à me répéter, c’est la perversion qui est plus recherchée dans ces pages.

– C’est comme si à l’intérieur une limace géante me barbouillait la bite !!!

(Version lue Editions IMHO)