Prédateur de la Terreur : O.M.W.O.T. (One Man War On Terror) de Benjamin Marra

L’internaute qui passe régulièrement sur ce blog a dû se rendre compte de l’arrête brutal et sans sommation de la parution des chroniques. L’explication est simple, je bloquais totalement sur la rédaction de cet article, incapable de restituer tout le bien que je pense de ce titre, hilarant, référencé, enthousiasmant. Bref, du bonheur en cases !

Benjamin Marra est un dessinateur Américain.

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En bref, après les attentats du 11 Septembre 2001, George W. Bush crée les Prédateurs de la Terreur. Des agents secrets ultra-performants la composent, dont le fameux O.M.W.O.T. que nous retrouvons à Jakarta. Sa mission : retrouver une micropuce afin d’empêcher une cyber attaque sur les Etats-Unis.

Lecteur, tu vas t’armer d’un second degré à l’épreuve des balles quand tu liras cet album. Marra pousse le bouchon très loin. Il se sert des codes des comics et des séries américaines où le héros est omnipotent, mais aussi des théories conspirationnistes qui fleurissent un peu partout (coucou à nos amis reptiliens illuminatis).

OMWOT bute tout ce qui bouge et baise ce qui reste debout, voire il fait les deux à la fois. Des méchants, un héros bête et sans scrupules, du sang, du sexe hétéro et gay, mais surtout des protagonistes qui commentent tout ce qu’ils font à l’image. Et vous avez cet OVNI instantanément culte !

– Vous êtes si séduisant quand vous me pénétrez tout en pilotant l’appareil !

(Version lue Les Requins Marteaux)

Sex Obsessions de Robert Crumb

Robert Crumb est un des dessinateurs par lequel la Bande Dessinée a gagné en maturité.
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En bref, Dian Hanson compile planches, dessins et histoires courtes représentatives de la fantasmagorie dense de R. Crumb. On y retrouve ses personnages phares tels que Snoid ou ou Mr. Natural. Mais le personnage principal reste l’auteur, ses obsessions, ses freins, et comment il a appris à s’assumer.

Avertissement, le livre est intégralement en anglais et plutôt bavard ! Vous êtes prévenus !

On retient évidemment de Crumb son obsession pour la gent féminine, surtout pour les gabarits imposants, ses délires sodomites, sa passion pour la fellation, mais aussi une forme de domination et son fétichisme le poussant à chevaucher ses conquêtes. Ce que je garde en tête est son parcours en tant qu’homme, de l’adolescent boutonneux et frustré à la superstar du comics underground.

Il est angoissé et cela entraîne chez lui des réflexions qui partent dans tous les sens le rendant parfois difficile à suivre. Cela confère souvent un ton très psychanalytique à ses planches. Par l’humour, il prend de la distance par rapport à ses penchants, les exorcisant pour mieux les accepter.

Sa relation aux femmes est partagée entre la peur physique (il est maigre et elles sont massives) et la crainte de ses fantasmes qu’il décrit souvent comme une frénésie. Il souhaiterait en faire ses choses, tel qu’on le voit se masturber dans leur bouche, s’asseoir sur elles, etc.

Si les femmes vous angoissent, si vous n’assumez pas vos envies, Crumb vous apportera certainement des clés pour mieux vous assumer et ça ne manquera pas de vous faire rire !

– I was raised to be a christian, but somehow the devil got me. I don’t know how it happened. Lord help me !

(Version lue TASCHEN)

Ombre & Lumière T6 de Parris Quinn

Il y avait bien longtemps qu’on avait pas parlé de Parris Quinn et de ses récits illustrés.

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En bref, 3 histoires courtes sont au programme de ce volume. La 1ère porte sur un couple qui se filme et dont la femme adore les bites énormes. Le deuxième récit voit aussi un couple s’ouvrir où la femme soumise s’offre avec le plus grand des plaisirs. Enfin, la dernière est le rêve d’une femme qui se voit avec un pénis énorme et découvre son nouvel appendice.

Il y a quelque chose de fascinant à chaque Ombre & Lumière. Ce doit être ce mélange de planches exquises qui semblent réelles, tirées de photos ou de vidéos, et les textes souvent crus. Ces derniers offrent toute la chair exquise, le carburant délicat qui pousse l’érotisme et prolonge la pornographie visuelle des dessins.

La lecture est simple, fluide, parfaitement lisse. Le cadre est parfaitement maîtrisé par le lecteur. Ici, c’est presque vos voisins qui s’envoient en l’air. Ils se filment, font des jeux SM et prennent l’apéro avec vous dans la foulée. Alors oui, il y a un petit goût de porno amateur qui n’est pas pour déplaire, l’érotisme en BD étant souvent chic et bourgeois.

Véritables containers remplis de désir, de fantasmes et de luxure, Ombre & Lumière est une série qui mérite une large place dans le haut de votre bibliothèque. Néanmoins, sachez apprécier les textes qui peuvent rebuter certains.

– Keith ne voulait pas rater ça et fit un zoom avant : Jackie haletait, gémissait même, en travaillant la queue avec dévotion. En un éclair, le foutre jaillit en jets épais et lui remplit rapidement la bouche.

(Version lue DYNAMITE Collection Canicule – disponible aussi chez BD Adultes)

Omaha, Danseuse Féline T1 de Reed Waller

Omaha est le titre le plus connu issu de la collaboration entre Reed Waller et Kate Worley.

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En bref, Omaha est une danseuse qui fait des strip-teases. Elle et ses formes divines envoûtent littéralement les spectateurs qui bavent sur le plancher et lâchent leurs dollars. Alors qu’elle devient la « chatte » du mois dans un magazine de playmates, elle tombe amoureuse de Chuck Kat. C’est alors que des gens mal attentionnés vont essayer de profiter d’elle…

L’univers « Funny Animal » n’est pas sans rappeler l’excellent Fritz The Cat de Robert Crumb. Mais il est nettement plus consensuel, restant dans une légèreté et une naïveté douce.

L’histoire et l’ascension de la strip-teaseuse s’effacent peu à peu pour laisser place à un récit de famille et de mafieux qui pêche par son manque d’intérêt.

On attendait du sexe, du fun, de la légèreté de mœurs et de la beauté féline. Il y en a, mais on reste sur sa faim.

Malgré un dessin propre et de bonnes intentions qui transpirent dans les pages, le comics accuse son âge et ne parvient pas à sortir de son époque. Attention, le titre n’est pas mauvais. J’ai même passé un bon moment de lecture. Mais, voilà, ça manque de chaleur et l’histoire est convenue.

Un peu déçu, mais on attend la suite (qui ne devrait pas tarder à ce qu’on me dit…) !

– Baise-moi comme une salope et tu verras ! Maintenant, passe à l’action, mec !

(Version lue TABOU Editions)

Peanut Butter – Le journal de Molly Fredrickson T1 de Cornnell Clarke

Cornell Clarke est un auteur américain dont on sait peu de choses, hormis qu’il est l’auteur de Peanut Butter, une série de 7 volumes aux US.

Cornnel Clarke Peanut Butter T1 Couv

En bref, c’est la fin du lycée pour Molly. Les examens sont passés et le rituel bal de fin d’année ne va pas tarder. Elle confie ses aventures sexuelles avec sa copine, Erica.

En prenant le point de vue de la confession intime que Molly couche dans son journal, Clarke fait une oeuvre forcément bavarde, à la limite du récit illustré et de la Bande Dessinée. Mais ce qui interpelle en premier est le dessin et les couleurs qui ne fascinent pas par leur qualité.

Mais, à ma grande surprise, le récit prend très bien. J’ai adoré l’amitié de Molly et Erica, complices dans leurs activités sexuelles. Le cunnilingus au beurre de cacahuètes, le partage de petit copain, le tripotage dans les toilettes n’ont aucun secret pour elle.

Un élément supplémentaire non négligeable pour moi est le personnage de la professeur-nonne aux seins énormes dont j’attendais la scène avec impatience. Et il n’y a pas de déception, tant l’histoire est menée progressivement, les interdits et tabous tombant peu à peu.

Donc, j’ai commencé la lecture à reculons sans grande envie et je me suis pris au jeu malgré moi. Mais les personnages et leur passion m’ont convaincu et, finalement, je recommande ce titre. Il faudra s’intéresser de près à la suite !

Et, fait non négligeable, les personnages féminins sont respectés, bien que l’on soit clairement dans la « teen » pornographique. Elles ne sont pas considérées comme le jouet des hommes, mais des êtres égaux. Et croyez-moi, c’est excitant !

-Et tu sais quoi ? Quand sa bouche au goût de bite et de chatte s’est collée à la mienne, ce nouveau programme m’a convenu tout à fait. J’avais tellement de faire connaissance avec ses gros nibards…

(Version lue DYNAMITE Collection Petits Pétards- disponible sur BD-Adultes)

John Willie : Sophisticated Bondage Art

Il y a des auteurs cultes, des précurseurs, des artistes qui ouvrent des voies et laissent éclater leurs obsessions, leurs fantaisies. Il n’y a pas à réfléchir concernant John Willie. Sans lui, le Bondage ne serait pas aussi populaire et serait peut-être l’apanage de quelques connaisseurs. Avec le personnage de Gwendoline, mais surtout au travers de son magazine Bizarre, Willie a tout simplement bousculé la société et ses bonnes mœurs.

The First Book of John Willie CouvEn bref, au travers de 2 livres, Glittering Images propose de reprendre les travaux de ce touche-à-tout dessinateur, photographe, « ligoteur », mais aussi rédacteur en chef et éditeur-diffuseur.

Né en 1902, dans une famille anglaise bourgeoise, il est exilé par celle-ci en Australie où il rencontre sa femme, Holly. Avec elle, ses penchants fétichistes et son goût pour le bondage peuvent se révéler davantage. Mais c’est aux Etats-Unis qu’il commencera son travail graphique « publié ».

Le moins que l’on puisse dire est que Bizarre, son magazine, était particulièrement sulfureux pour les années d’après guerre dans une Amérique puritaine. La diffusion était donc clandestine et le prix du magazine prohibitif.

L’intérêt principal de ces livres en multi langues (Anglais, Italien et Français) reste dans la compilation des oeuvres de Willie. Et cela passe par les fameux Gwendoline and the missing Princess, ainsi que The Gold Race (tous deux inachevés), mais surtout ses clichés. En effet, il publiait aussi des histoires en photos et se servait de cette base pour des recherches anatomiques en situation. On y trouvera aussi des illustrations plus anciennes de dessinateurs français des années 30 Carlo et Giffey.

On regrettera la destruction de ses archives par John Willie, juste avant sa mort. Et tout aussi difficile à croire, Irving Claw (qui rendra célèbre Bettie Page) achète les planches originales de Gwendoline et les fait censurer par Eric Stanton où les sujets étaient trop dénudées. Un acte criminel dont Stanton ne s’est jamais remis.

Il nous reste l’oeuvre. Et c’est une plongée dans le fétichisme, les corsets, les cordes, la soumission, etc. Les néophytes auront les yeux ronds, les experts baveront devant son trait sophistiqué et sa mise en scène épurée, ne mettant en scène que la soumise dans son abandon.

60 ans plus tard, l’oeuvre de John Willie continue à inspirer la culture qu’elle soit pop ou spécialisée. Amateurs d’érotisme de tout genre, John Willie doit avoir une place dans votre bibliothèque !

(Version lue Glittering Images)

Ombre & Lumière 5 de Parris Quinn

On ne connait Parris Quinn pour sa série des Ombre et Lumière.

Parris Quinn Ombre et Lumiere 5 Couv

En bref, 2 confessions sont au programme. On peut les lire séparément mais ces histoires sont la suite de récits parus dans le tome précédent. On connait donc la suite de « la Voisine » et « La Plage ».

Dans la première, une jeune femme domine sa voisine plus âgée et l’humilie pour son bon plaisir. Et la seconde, une femme raconte à son mari sa dernière expérience en trio.

Que dire ? C’est le 3e article sur Quinn. C’est simple, Ombre & Lumière fait partie des titres que je présente aux néophytes curieux tout simplement.

Les albums ont tous la même qualité graphique et le ton de la confession reste en phase avec le réalisme des images. Graphiquement le lecteur en a pour son argent avec une pornographie torride. Il faut tout de même noter la pilosité très développée et les éjaculations faciales sur-dégoulinantes.

Certes, certains lui reprocheront d’être trop bavard, mais l’image n’est pas le seul stimulus. On reste sur des récits illustrés très bien maîtrisés et excitants.

– Posant la caméra, Johnnie fait rentrer son manche dans le seul trou disponible, le cul de Cynthia, et ils s’installent dans un rythme exalté de baise à trois. Quand il se retire et éjacule sur la raie de son cul, les filles ont subitement envie de se donner en spectacle. Il les filme en train de lécher son sperme et de se partager la croupe de Cynthia jusqu’à ce qu’elle jouisse.

(Version lue DYNAMITE Collection Canicule)

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Degenerate Housewives 2 de Rebecca

On avait adoré le 1er volume. C’est avec plaisir qu’on traite le deuxième.

Rebecca Degenerate Housewives 2 Couv

En bref, nos 2 charmantes mères de famille ayant trouvé un équilibre dans leur vie, c’est-à-dire mères modèles le soir et lesbiennes dominatrices le jour, se mettent à rêver d’un voyage entre elles accompagnées de leur soumise. Pour le financer, elles tombent sur une annonce recherchant des strip-teaseuses amatrices. Elles décident d’y envoyer leur protégée.

Le premier tome était exclusivement lesbien, le second alterne les sexes hétéro, mais ne perd pas l’intensité des relations « entre filles » .

On y retrouve le même trait de Rebecca qui est toute entière à son délire. La série a un humour et un ton direct très appréciable. Cependant on commence à apercevoir les trames du récit. L’amour se glisse ponctuellement, tout en accentuant l’amoralité de certains moments. Lisez jusqu’au bout, vous comprendrez.

On attend la suite, on en veut plus ! Un soap porno qui ne se refuse rien et qui a la classe, c’est juste génial !

– C’est bien meilleur que n’importe lequel des spectacles scolaires que j’ai filmé… Melissa se donne à fond, comme Donald le faisait au premier temps de notre mariage. Elle farcit le troufignard de Jenny comme je farcis la dinde de Noël… C’est si beau ! 

(Version lue DYNAMITE – Collection Petits Pétards)

 

Bonheur #2

Les Editions La Rouquine nous gratifie en ce début d’année 2014 d’un nouveau numéro. ENFIN !

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En bref, Le principe reste le même que le numéro 1, 32 pages pour 5 artistes.

Au programme, on a droit à David Sourdrille, Robert Crumb, Olivier Texier, Jean-Michel Bertoyas et enfin The Pit.

Les illustrations vous aideront à vous faire votre propre jugement, mais il est intéressant de voir les projections délirantes des auteurs. Sourdrille a ses rêves scatologiques, Crumb dévoile toujours plus ses pulsions, Texier nous place dans des sessions sordides. On en profite pour faire connaissance avec The Pit  et enfin Bertoyas qui ont un talent graphique étonnant.

L’ambiance de ces pages complètement rend hommage à un bouillonnement artistique tous azimuts. Et cette énergie passe dans ces illustrations. On en vient à en vouloir davantage.

Un joli cadeau de la part de La Rouquine !

(Version lue La Rouquine)

Fritz The Cat de Robert Crumb

Avec une oeuvre entière dédiée a ses obsessions et, donc, forcément liée au sexe, Crumb est un auteur qui a favorisé une émancipation du genre vers un propos autre que pornographique.

Robert Crumb Fritz The Cat CouvEn bref, Fritz est un étudiant, parfait échantillon de ses congénères des années 60. Il est séducteur, fainéant, vaguement révolutionnaire, profiteur, lâche, mysogine, manipulateur, accroc aux drogues, à l’alcool et au sexe. En somme, c’est un anti-héros détestable.

En s’inspirant des Funny Animals (Mickey Mouse et Donald Duck en sont les représentants les plus connus), Crumb croque ses contemporains et leurs traits de caractère.  L’époque est bénie avec la libération des mœurs et le mouvement hippie pour dénoncer les petits comportements.

Fritz, c’est aussi l’évolution d’un auteur depuis ses jeunes années à sa reconnaissance. Il tue son personnage en 1972, suite au long métrage qu’il répudie (1er film d’animation classé X). La progression du trait et du récit est toujours plaisant à découvrir.

Personnage le plus connu de Crumb, Fritz The Cat est aussi une pierre angulaire de la Bande Dessinée comme critique de la société avec un propos toujours aussi féroce.

– Ce que je me suis mis comme alcool, comme shit et comme baise… J’ai la trique rien que d’y penser, wow !

(Version lue Cornélius Collection Solange)