Premières Fois

« Premières Fois » est un recueil de dix histoires courtes dessinées par dix auteurs différents : Alfred, Capucine, D’Aviau, Augustin, Vince, Rica, Vatine, Pedrosa, Bertail et Dave McKean.

Premieres Fois Couv En bref, comme l’annonce le titre, nous allons découvrir des premières fois coquines. Et il n’est pas nécessaire d’avoir beaucoup d’imagination pour voir quels « dépucelages » nous allons être témoin. Du simple dépucelage au sexe de groupe en passant par le BDSM, le champ est large.

Et c’est bien la pluralité des situations qui est un des points forts de la BD, mais bien plus encore la grande fraîcheur de la plupart des scènes reste bien le principal attrait. Les auteurs, sans être spécialisés dans l’érotisme, réussissent tous leur challenge. On sent le vécu ou l’anecdote rapportée sans tomber dans le niais.

Ne connaissant pas la majorité des auteurs, la majorité des histoires donnent envie de découvrir leurs travaux précédents. Beaucoup semblent des dessinatrices avec une sensibilité bien différente de ce qu’on peut lire habituellement dans le genre.

Les styles sont variables, tous en noir & blanc. Tous sont de très bons niveaux. Le dernier récit de McKean est l’extraterrestre du recueil, de part le style et l’histoire, mais c’est toujours un plaisir de le lire.

Idéal pour un cadeau coquin ou pour un premier achat dans le genre.

– Je l’étouffe avec ma chair. Je mange la sienne.

(Version lue Delcourt)

Celluloid de Dave McKean

Dave McKean s’est rendu célèbre pour les couvertures de Sandman et aussi pour son travail sur Batman Arkham Asylum, qui sont à eux deux parmi les comics les plus enthousiasmants des années 90.

En bref, une femme arrive dans un appartement. Après une conversation téléphonique décevante avec ce qui semble être son amant, elle regarde un film à partir d’un projecteur. Le film montre un couple en plein ébat. Au terme du film, une porte se trouve dans l’écran. Elle l’ouvre et sy’engouffre.

Ce « roman graphique » va rebuter plus d’un lecteur. Pas une seule parole, pas un mot n’est prononcé. Mais ce n’est pas tout. Le style graphique est très élaboré, mélangeant toute sorte de techniques dont la photographie, le collage, la retouche. On a affaire à un vrai travail artistique.

Chaque porte franchie par l’héroïne entraine un changement de style, des nouvelles couleurs, des nouveaux délires (femme à la poitrine multiple, comparaison de fruits et de sexe, fellation sur un diable, etc.). On se trouve vite happé dans ces univers où les mots fantasmes et délires se mêlent et qui sont à prendre comme autant de tableaux aux inspirations variées et modernes (cubisme, etc.).

Celluloid est un projet ambitieux qui m’a enthousiasmé. La dernière « projection » m’a beaucoup fait penser à « Lost Highway » de David Lynch avec la découverte du film porno avec la blonde en héroïne. C’est une BD érotique très cérébrale et relativement peu excitante, quoique… A lire !!!

(Version lue Delcourt)