L’Enfer Est Pavé de Bonnes Intentions de Gilbert Hernandez

Avec les frères Hernandez, c’est tout un pan de la culture Comics contemporains qu’on évoque.

En bref, Empress est une gamine vivant dans une décharge et recueillie par une bande vivant sur place la préservant des prédateurs sexuels locaux. Après une vive altercation, elle est finalement recueillie par un bienfaiteur, éditeur de poésie, ancien habitant de la décharge.

Spin-off de l’univers Palomar-Luba propre à Gilbert Hernandez, « L’Enfer » est en fait un film dans lequel joue Fritz. Elle y incarne la prostituée brune à la poitrine hors normes. C’est un conte très moral, proche de la caricature, mais avec énormément de finesse et un oeil acerbe.

Les rencontres d’Empress sont celles de la rue, son meilleur ami est un adolescent comme elle qui fait le mac avec 3 prostituées qu’ils traitent à la matraque. Ce sont avec elle que l’éditeur assume son penchant de soumis cagoulé. Le drame n’est jamais loin dans la vie de notre héroïne.

L’album est relativement peu sexuel, mais les thèmes ne permettent pas de le mettre entre toutes les mains. L’ouvrage est magnifique sur les comportements humains très souvent liés à la tension sexuelle.

– Viens par là ! Oui, toi ! Sois pas timide ! Donne une chance à l’amour !

(Version lue Delcourt)

Birdland de Gilbert Hernandez

Gilbert Hernandez est un auteur américain célèbre pour l’univers de la ville qu’il a créée, Palomar, réplique d’une banlieue américaine moyenne. La majorité de ses œuvres s’y déroule.

Birdland Gilbert Hernandez CouvEn bref, nous allons suivre les aventures de plusieurs jeunes femmes de Palomar. Il y a Bang-Bang, la strip-teaseuse plate comme une limande mais au sexe cosmique, Fritz, la brune psychiatre au cheveu sur la langue qui se touche lors des consultations et quelques autres personnages féminins plus secondaires.

Le récit est un peu décousu puisque plusieurs histoires se mêlent. Mais ce n’est pas forcément le plus important. On retient surtout la sexualité permanente et exacerbée que contient chaque page. On comprend vite que le sexe est la seule chose que cherchent les protagonistes.

Ici, le pouvoir est détenu par les femmes. Ce sont elles qui tiennent les hommes. Rares sont ceux qui trouvent grâce à leurs yeux et lorsque c’est le cas, gare à lui, elles vont l’épuiser. Les hommes sont essentiellement des sexes ambulants décérébrés.

Il y a néanmoins une vraie ambiance dans cette BD déjantée. Le trait particulier d’Hernandez qui se rapproche assez d’Archie y contribue fortement. L’humour est omniprésent, à moins que ce ne soit le ridicule.

Pour un premier contact avec Palomar, on est très intrigué par le reste de ses publications.

– Oh, tais-toi et tiens toi prêt parce que ta figure va bientôt servir de trampoline à mon cul !

(Version lue Le Marquis)