Le Parfum de l’Invisible de Milo Manara

Milo Manara est certainement l’auteur le plus connu du grand public pour ses BD érotiques. Ses autres BDs, toujours un peu érotisantes, sont nettement moins connues et c’est terriblement dommage (et certaines seront chroniquées plus tard).

Milo Manara Le Parfum de L'Invisible CouvEn bref, Un savant, follement amoureux d’une danseuse étoile, invente une crème rendant totalement invisible.

Pas grand chose à dire sur le récit en particulier, les délires de Manara tiennent bien plus de leur graphismes que de leurs histoires. Mais il soulève bien des choses intéressantes. Ici, le voyeurisme est au coeur de l’intrigue. Et le jeu des 2 protagonistes, Miel et l’inventeur (dont le nom n’a aucun intérêt), place le lecteur dans une farce qui peut prêter à sourire. On est loin d’une franche partie de rigolade, mais il faut dire que c’est léger, mais pas si bête que ça non plus.

De la situation simple de départ, Manara exploite superbement les situations que cela engendre et le magnifique pétage de plombs de l’inventeur est dans les annales du parfait amoureux des femmes. Sa désillusion aussi, ce sentiment est, je pense, partagé de tous, l’amoureux transi réalisant que sa « princesse » n’en est pas une.

L’invisibilité de son héros amène le dessinateur à nous dévoiler des scènes (ou plutôt des angles) qu’il ne montre jamais. Je n’en dis pas plus. Mais l’espièglerie de Miel en fait un personnage attachant et son apparition dans le Déclic 2 est encore plus forte.

Le 2e volume est une toute autre histoire se plaçant juste après le 1er. Une voleuse professionnelle veut la découverte de notre inventeur pour ses méfaits. Bien différent dans le récit, il n’en est pas mauvais, juste un cran en dessous. Notre « héros » saura se moquer de la belle. Le finish est somptueux, voire un peu mièvre après la débauche de scènes chaudes. A noter que le format est différent certainement dû à une publication initiale dans un magazine.

On peut reprocher beaucoup de choses à Manara. Les esthètes crieront à la facilité et à le redondance. En effet, Manara dessine très bien une femme qu’il réplique à l’infini, mais QUELLE femme et la multitude de positions et le choix de pose de chaque case est un vrai délice pour les yeux. Enfin, ses histoires sont très peu cérébrales, mais là encore, je le trouve très bons à créer des situations un brin perverses et stimulantes.

Plus que le Déclic, Le Parfum de l’Invisible me semble une porte d’entrée rêvée dans le domaine de la Bd érotique, ni plus ni moins.

– Regardez-moi ça ! Cette salope est en train de mimer parfaitement une pipe!

(Version lue Intégrale Noir et Blanc Drugstore)

7 commentaires sur “Le Parfum de l’Invisible de Milo Manara

  1. Merci pour ce 1er commentaire (bravo !!). Je n’ai pas encore relu « Candide Caméra » et c’est loin d’être une priorité, je dois dire. Déjà beaucoup de Manara à chroniquer et, de mémoire, c’est loin d’être le meilleur.

  2. J’aime beaucoup son trait, beaucoup moins ses histoires.
    Par contre, quand il dessine pour un aute auteur, c’est que du bonheur, avec par exemple L’été Indien, où le scénario est de Pratt. Pas une bédé érotique du tout, même si Pratt a ménagé des petites niches pour Manara, notamment une scène de Sexe entre le méchant Révérend et sa nièce qui est… Que du bonheur quoi.

  3. Totalement d’accord, son trait est fabuleux.
    D’ailleurs, bientôt sa dernière coopération avec Jodorowski sera dans ses pages, Borgia!
    Mais aussi « Histoires Vénitiennes » autrefois édité sous le titre HP ET Guiseppe Bergman! (HP pour Hugo Pratt) qui est de la très grande BD.

  4. Encore une fois, la couverture n’est pas terrible et, c’est bien dommage car souvent, c’est la 1ère chose que l’on voit… J’ai chez moi, les 2 premières éditions de chez Albin Michel en noir et blanc et, la réédition des 2 albums en couleurs.

  5. Par contre les couvertures d’Albin Michel étaient pas terribles selon moi… Et j’ai pas regardé les albums en couleurs qui ne sont pas ce que je préfère de Manara en général (Bon, y a Borgia qui me va me faire mentir 😉 )

  6. Pingback: Le parfum de l’invisible | La lubriothèque

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