Les Fleurs Du Mal T1 & 2 par Kazuo Kamimura et Hideo Okazaki

Nous avons déjà parlé de Kazuo Kamimura pour Maria, sorti chez Kana.

En bref, Rannosuke Hanayagi est maître d’ikebana, l’art de la composition florale, et l’héritier de la vénérable maison Kurakami. Il se désigne comme l’empereur du vice. Son pouvoir d’influence semble sans limite, puisqu’il reste protégé malgré une accusation pour plus de 800 meurtres. Pour sa prochaine oeuvre, il demande la plus femme à ses disciples. C’est ainsi qu’on lui présente Sayuri…

En 2 tomes, nous avons l’oeuvre la plus pornographique disponible en français de cet auteur que j’adore. Produit dans les années 70, la série accuse son âge et sa mise en scène ou ses enjeux peuvent paraître un brin désuets. On frôle souvent l’absurde et le grotesque. Puis le sens du cadre et le dessin de Kamimura emportent tout doute et propulsent le lecteur dans les tourments ou joies des protagonistes.

Avec cet auteur, on retient davantage la poésie que dégagent les cases,mais aussi les affres du vice et de la luxure dans lesquels se roule copieusement Rannosuke. Quels plaisirs sont-ils possibles quand on a tout est la problématique de l’empereur du vice. La réponse des auteurs semble passer par le renoncement à toute morale pour briser les dernières barrières du personnage, visiblement psychopathe et socialement inadapté. Cette expérience de la luxure gangrène progressivement chaque personnage, même le plus pur.

On retiendra la fascination exceptionnelle et récurrente de Kamimura pour la femme et l’expression de la féminité, ici symbolisée par le thème de la fleur. C’est par ailleurs la place et la perception de la femme dans la société qui sont questionnées. L’empereur du vice l’utilise comme une arme avec ses « fleurs empoisonnées », il contrôle les femmes, les torture pour son plaisir, les massacre, collectionne leur intimité et en devient une à l’envie. Sayuri est le seul personnage féminin lui montrant une résistance, bien vaine tant les plans de son maître sont pervers.

Tout aussi fascinante que perturbante, cette série se destine aux fans de manga adultes. On reprochera certaines longueurs et redondances, le récit aurait gagné à être plus court, tant on insiste sur la perversité sans fin de Rannosuke. Cependant c’est un vrai bijou que je ne peux que conseiller.

– Je me fais (…) une joie que tu sois ainsi réduite à un simple morceau de chair sans âme avec lequel je peux jouer à volonté !

(Version lue Le Lézard Noir – 2 tomes)

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