Sex In Italy 3+4 de Luca Tarlazzi

Qu’il est bon de retrouver le couple le plus pervers d’Italie sous la plume de Tarlazzi !

En bref, Serena et son mec, Marco, à la coiffure improbable reviennent pour leurs ultimes aventures ! La blonde est toujours aussi nymphomane et son type particulièrement préteur !

Les histoires sont courtes comme pour les volumes 1 et 2 (réédités en 1 tome pour l’occasion). Donc on a pas le temps de s’ennuyer.

Il faut reconnaître un vrai savoir-faire à Tarlazzi. Son héroïne est bandante à souhait, les situations sont drôles et bien traitées. Il est un digne représentant de « l’école Italienne » des années 90 (avec Casotto entre autres) qui était publiée chez Selen à l’époque (d’où les nombreuses références dans les cases).

Le fantasme du couple totalement libéré et libertin est ici bien exploité. Qui n’a jamais rêvé que la blonde reluquée dans une soirée soit une femme qui s’assume et vous propose une fin de soirée heureuse ? Elle ne refuse rien et propose même de l’inédit. Il est intéressant de constater aussi quelques regards extérieurs. On sent le jugement de la société sur les jeux libertins et leur rejet sans recul.

Bref, on a ici un parfait exemple de la pornographie sur papier avec dessin léché, scénario « crédible » et une vraie envie de satisfaire le lecteur. On en a pour notre argent ! Du cul, du stupre, du désir ! La recette est au fond assez simple et efficace !

 – Le premier qui réussira à capturer une marmotte se verra offrir … Mon délicieux petit cul !

(Version lue DYNAMITE – Collection Canicule)

Histoire de la Prostitution par Agnès Maupré et Laurent de Sutter

En associant BD et universitaires, Le Lombard propose des petits formats pour découvrir ou approfondir des sujets d’actualité ou de société réunis dans leur collection « Petite Bédéthèque des Savoirs ».

En bref, en 70 pages, les auteurs parcourent les âges, les continents et les civilisations pour peindre le portrait de la prostitution.  Avec une posture historique, on y aborde la position et rôle du « plus vieux métier du monde » dans la société.

Le sujet est épineux et on l’a déjà évoqué notamment avec le portrait de Jeanine. Le livre a le mérite de rester neutre sur le débat de la légalisation/pénalisation, mais met en lumière le rang toujours spécial des prostituées. Elles sont parfois émancipées, la plupart du temps cachées et conspuées. Véritable outil politique au sein de la Cité, le contrôle de cette activité a vite été un enjeu tant sur le plan sanitaire, que sur le contrôle des populations.

La lecture est passionnante et très instructive. Le trait de Agnès Maupré est agréable et sobre.

Evidemment le livre n’est pas érotique, mais un peu d’éducation vous fera briller ! Et vous ne verrez plus les « putes » avec le même œil !

(Version lue Le Lombard – La petite Bédéthèque des Savoirs)

La Chambre de Verre par Axel

Axel est un dessinateur Français.

En bref, Flavia est une quadragénaire à la vie bien réglée. Elle vit chez elle de son exhibition constante par un système de webcams disposé dans tout son appartement. Refusant toute pudeur et jouant le jeu à fond, elle se dévoile dans tous les aspects de sa vie. Un jour, elle rencontre un jeune homme qui va changer son train de vie…

Ce qui interpelle tout de suite est le trait d’Axel. Celui-ci est loin de l’encrage net des personnages comme Manara ou Rotundo (bref, la liste est longue). Mais surtout la recherche de réalisme est très appréciée pour ancrer son récit dans la réalité et donc s’écarter du fantasme.

Le lecteur que je suis a tout d’abord été rebuté par le dessin. Oui, j’aime la belle héroïne, quitte à ce qu’elle ne puisse pas exister, telle une petite fille cherchant à ressembler à sa Barbie. Et puis les personnages m’ont touché. On les connait, c’est un peu de nous qui transpire dans ses pages. On a pas besoin de webcam pour s’exhiber, les réseaux sociaux en font tout autant.

Le choix de vie de Flavia (s’exhiber sur le web pour vivre) est une contrainte, mais elle accepte les règles du jeu et sa vie est équilibrée. Quand son histoire débute avec Marco, on sait que tout sera remis en cause. Peut on être camgirl et avoir une vie sentimentale ? Peut-on tout dévoiler, même l’intimité des sentiments ?

Et le dessin colle à merveille aux propos. On est dans la même réalité que le porno amateur ou la camgirl avec ses corps imparfaits, ses poils trop souvent rasés, etc. C’est un tour de force, je trouve, que de parvenir à restituer cette ambiance, malgré un récit un brin téléphoné.

Crue, sans fards, La Chambre de Verre est une parfaite illustration de ce que peut proposer une BD qui n’a pas peur de dévoiler les corps.

– Jamais je ne ferai la pute, pas à cause de la morale, mais parce que je ne supporterais pas d’être touchée par des gens qui ne me plaisent pas. Les caméras, ça me va. Qu’on me mate pendant que je prends ma douche, que je chie, que je baise ? Aucun problème, au contraire, ça m’excite.

(Version lue DYNAMITE – Collection Canicule)

Céline, Esclave à Plein Temps de Jacobsen

Jacobsen, c’est l’auteur des hilarants et excellemment bandants « Lou, Taxi de Nuit » ou encore « La Grenouille« .

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En bref, Céline s’ennuie dans une soirée, mais lorsqu’un homme viril l’invite à danser, puis l’oblige à la sucer dans les toilettes, sa vie est métamorphosée et elle devient la soumise, non, l’esclave prête à tout pour satisfaire les moindres désirs de cet homme brutal.

Si on connaît le trait délirant de Jacobsen, c’est ici son trait réaliste, puissant et savamment encré. Ici, c’est l’escalade dans la soumission qui est l’enjeu, le nerf de cette BD. Le verbe est brut, la domination totale, bien loin des « jeux » ou de l’imaginaire SM façon « Dressage de Jane« .

La rencontre fascine Céline, en manque de mâle viril et macho. Perturbée, elle rentre vite dans son rôle et accepte sa nouvelle position. Elle va jusqu’à accepter toutes les dégradations physiques et les humiliations possibles, du rasage de crâne, à l’épilation intégrale, aux piercings, mais aussi à offrir chacun de ses orifices à des inconnus jusqu’à être vendue par son maître en manque d’argent.

Il y a peu de jeux de fouet ou de bondage dans ces planches. Jacobsen privilégie les scènes de sexe, notamment de groupes et la sodomie. Il s’autorise tous les extrêmes pour choquer le lecteur, y compris l’inceste, respectant ainsi certainement les demandes de son éditeur de l’époque pour le magazine BD adultes ou BDSM.

Si le lecteur oscille entre doute sur la réalité de ce qu’il lit et la fascination déplacée que provoque cette pornographie humiliante, la BD n’en reste pas moins très efficace et sincère dans ce qu’elle propose, une femme objet.

– Je suis votre esclave, une vulgaire putain, un jouet sexuel… On peut tout me faire et je fais tout : je suce des bites et chattes, je jouis quand on me baise ou quand m’encule, j’avale tout : foutre, pisse et même…

– Bon ! Bon ! C’est bien ! Tout le monde a entendu que tu étais une petite vicieuse. Maintenant, il faut le prouver…

(Version lue IPM – disponible sur le site de Xavier Duvet)

Sex Obsessions de Robert Crumb

Robert Crumb est un des dessinateurs par lequel la Bande Dessinée a gagné en maturité.
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En bref, Dian Hanson compile planches, dessins et histoires courtes représentatives de la fantasmagorie dense de R. Crumb. On y retrouve ses personnages phares tels que Snoid ou ou Mr. Natural. Mais le personnage principal reste l’auteur, ses obsessions, ses freins, et comment il a appris à s’assumer.

Avertissement, le livre est intégralement en anglais et plutôt bavard ! Vous êtes prévenus !

On retient évidemment de Crumb son obsession pour la gent féminine, surtout pour les gabarits imposants, ses délires sodomites, sa passion pour la fellation, mais aussi une forme de domination et son fétichisme le poussant à chevaucher ses conquêtes. Ce que je garde en tête est son parcours en tant qu’homme, de l’adolescent boutonneux et frustré à la superstar du comics underground.

Il est angoissé et cela entraîne chez lui des réflexions qui partent dans tous les sens le rendant parfois difficile à suivre. Cela confère souvent un ton très psychanalytique à ses planches. Par l’humour, il prend de la distance par rapport à ses penchants, les exorcisant pour mieux les accepter.

Sa relation aux femmes est partagée entre la peur physique (il est maigre et elles sont massives) et la crainte de ses fantasmes qu’il décrit souvent comme une frénésie. Il souhaiterait en faire ses choses, tel qu’on le voit se masturber dans leur bouche, s’asseoir sur elles, etc.

Si les femmes vous angoissent, si vous n’assumez pas vos envies, Crumb vous apportera certainement des clés pour mieux vous assumer et ça ne manquera pas de vous faire rire !

– I was raised to be a christian, but somehow the devil got me. I don’t know how it happened. Lord help me !

(Version lue TASCHEN)

Intégrale Anita de Guido Crepax

La sortie de l’intégrale Anita par Delcourt est l’occasion ultime de revenir sur ce monument de la Bande Dessinée érotique.

Guido Crepax Integrale Anita CouvEn bref, cette intégrale réunit les 4 albums dont Anita est l’héroïne. Les 3 premiers ont été chroniqués plus tôt : Anita, Hello Anita et Anita en direct. Intéressons nous donc à l’inédit Anita en Couleurs dont c’est la première publication française.

Anita est nue devant sa télé, bien décidée à profiter des programmes de la centaine de chaînes à sa disposition. Les héros de tout ce qu’elle regarde viennent la harceler, la taquiner, la toucher. Et c’est bientôt le chaos…

Un titre de Crepax, c’est souvent une épreuve surtout dans ses projets personnels, Valentina et Anita. Ces titres réunissent tout le talent de mise en page, mais surtout proposent des œuvres uniques qui ne se prêtent qu’au format de la Bande Dessinée. Le résultat est souvent une BD un peu compliquée à lire, mais tout à fait unique. L’expérience que propose Crepax, vous ne la trouverez nulle part ailleurs.

Les corps sont longilignes, tendus. La volupté transpire dans chaque planche. La séance de masturbation de l’héroïne est enivrante. Le lecteur partage ses fantaisies au fur et à mesure qu’elle appuie sur sa télécommande.

On peut sentir le délire psychédélique dans Anita. Le trip sous acide est certainement ce qu’il y a de plus proche. L’héroïne fantasme, délire et hallucine. Où est la réalité ? Mais la réponse d’Anita n’est elle pas de s’en fiche et de vivre sa fantaisie ?

Pur produit de son temps, l’intégrale Anita est aussi l’occasion pour Crepax de livrer son regard sur son époque, la technologie, mais aussi livrer son inspiration et rendre des hommages (voire des placements de ses propres productions, cf Dracula). Un bijou que les collectionneurs chériront longtemps !

– Ferrari, Williams, Alfa Roméo, Mc Laren, Béatrice, Minardi, ne donnent pas le bonheur …

– Je le sais… Je le sais, Amanda… Je n’étais à la recherche que d’un plaisir passager… Mais tu dois me ramener Johnny… Il sait me toucher de façon si irrésistible ! Oh… OH !!

(Version lue Delcourt Erotix) (planches issues de Anita 1)

Ombre & Lumière T6 de Parris Quinn

Il y avait bien longtemps qu’on avait pas parlé de Parris Quinn et de ses récits illustrés.

Parris Quinn Ombre lumiere T6 Couv

En bref, 3 histoires courtes sont au programme de ce volume. La 1ère porte sur un couple qui se filme et dont la femme adore les bites énormes. Le deuxième récit voit aussi un couple s’ouvrir où la femme soumise s’offre avec le plus grand des plaisirs. Enfin, la dernière est le rêve d’une femme qui se voit avec un pénis énorme et découvre son nouvel appendice.

Il y a quelque chose de fascinant à chaque Ombre & Lumière. Ce doit être ce mélange de planches exquises qui semblent réelles, tirées de photos ou de vidéos, et les textes souvent crus. Ces derniers offrent toute la chair exquise, le carburant délicat qui pousse l’érotisme et prolonge la pornographie visuelle des dessins.

La lecture est simple, fluide, parfaitement lisse. Le cadre est parfaitement maîtrisé par le lecteur. Ici, c’est presque vos voisins qui s’envoient en l’air. Ils se filment, font des jeux SM et prennent l’apéro avec vous dans la foulée. Alors oui, il y a un petit goût de porno amateur qui n’est pas pour déplaire, l’érotisme en BD étant souvent chic et bourgeois.

Véritables containers remplis de désir, de fantasmes et de luxure, Ombre & Lumière est une série qui mérite une large place dans le haut de votre bibliothèque. Néanmoins, sachez apprécier les textes qui peuvent rebuter certains.

– Keith ne voulait pas rater ça et fit un zoom avant : Jackie haletait, gémissait même, en travaillant la queue avec dévotion. En un éclair, le foutre jaillit en jets épais et lui remplit rapidement la bouche.

(Version lue DYNAMITE Collection Canicule – disponible aussi chez BD Adultes)

Trans/Est de Roberto Baldazzini

On a déjà parlé à maintes reprises des oeuvres de Roberto Baldazzini. Tous ses titres érotiques majeurs ayant été publiés, c’est peut-être la dernière chronique sur cet artiste immense.

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En bref, 2 pays, la Lusitanie et l’Estlandie, se livrent une guerre sans merci. En Lusitanie, Marthe complète son entrainement de dominatrice pour partir espionner en territoire ennemi. Elle est parachutée sur place, une fois sa formation complétée et sa greffe de pénis effectuée…

Trans/Est est la première BD ouvertement érotique de Baldazzini, auteur cher pour l’Erotographe. On retrouve dans ce monde bipolaire les obsessions qui éclateront dans CasaHowhard, la confusion des genres, les jeux sadomasochistes, le fétichisme, mais aussi un univers complètement tourné vers le sexe, comme façon de vivre et comme arme de guerre.

Le récit rend largement hommage aux soaps fantastiques tels que Flash Gordon et aux pulps d’espionnage. Le tout baigne dans une bizarrerie (parfois absurde et grotesque)  dans laquelle Baldazzini adore plonger ses lecteurs. Hommes, femmes semblent être des concepts dépassés, ainsi que la sexualité consensuelle. Dans ses pages, ca claque, suce, sodomise, et le plus souvent avec une inversion des standards.

La ligne claire de l’auteur a ici un trait épais et gras, donnant une noirceur aux planches, mais qui dégage beaucoup de noblesse. On voit déjà une grande créativité dans les situations, notamment les scènes SM. On peut y voir un hommage à Stanton, mais ici l’élève modernise le propos et, à mon humble avis, dépasse le maître.

L’édition française de cette Bande Dessinées de 1994 est riche d’un port folio campant bien l’univers rétro futuriste Lusitanien et une postface assurée par Christophe Bier qui brosse un portrait intelligent de l’oeuvre de Baldazzini. Serious Publishing mérite son nom !

– Je ne sais plus quoi faire. Elle aime le fouet, le clystère, la verge cloutée… On a tout essaye ! Elle est en rut !

(Version lue Serious Publishing)

Nymphomaniaque de Coax

Coax est le pseudonyme pour l’association de 2 auteurs espagnols Cabezas et Munoz.

COAX Nymphomaniaque Couv

En bref, le recueil contient une vingtaine d’histoires courtes à l’origine parues dans le magazine Kiss Comix, disparu en 2011. Les récits sont variés et oscillent entre pornographie et humour potache.

Dans ce sacré foutoir on rit, on s’émoustille et on prend un bon temps sans prise de tête. Ne vous attendez pas à une révélation à la lecture, mais le produit est honnête.

Les corps suintent, les vulves ruissellent, les bites sont raides et des litres de liquide séminal coulent au long des pages. Vous êtes prévenus !

Le dessin est agréable et efficace. Vous jugerez par vous même avec les extraits ci-dessous.

Cependant, on peut regretter le manque de variétés dans la sexualité exposée ici. Les auteurs restent campés sur l’hétérosexualité. Dommage, le format Histoires Courtes se plie bien volontiers à la pluralité du propos. De même, les personnages féminins sont exclusivement des femmes « prêtes à tout pour avoir de la queue ». Çà ne manque pas d’intérêt, mais ça lasse.

– Tu me la lubrifies si bien qu’elle peut rentrer dans n’importe quel trou bien serré !

(Version lue DYNAMITE Collection Outrage – disponible chez BD Adultes)

Omaha, Danseuse Féline T1 de Reed Waller

Omaha est le titre le plus connu issu de la collaboration entre Reed Waller et Kate Worley.

REED WALLER omaha danseuse feline T1 Couv

En bref, Omaha est une danseuse qui fait des strip-teases. Elle et ses formes divines envoûtent littéralement les spectateurs qui bavent sur le plancher et lâchent leurs dollars. Alors qu’elle devient la « chatte » du mois dans un magazine de playmates, elle tombe amoureuse de Chuck Kat. C’est alors que des gens mal attentionnés vont essayer de profiter d’elle…

L’univers « Funny Animal » n’est pas sans rappeler l’excellent Fritz The Cat de Robert Crumb. Mais il est nettement plus consensuel, restant dans une légèreté et une naïveté douce.

L’histoire et l’ascension de la strip-teaseuse s’effacent peu à peu pour laisser place à un récit de famille et de mafieux qui pêche par son manque d’intérêt.

On attendait du sexe, du fun, de la légèreté de mœurs et de la beauté féline. Il y en a, mais on reste sur sa faim.

Malgré un dessin propre et de bonnes intentions qui transpirent dans les pages, le comics accuse son âge et ne parvient pas à sortir de son époque. Attention, le titre n’est pas mauvais. J’ai même passé un bon moment de lecture. Mais, voilà, ça manque de chaleur et l’histoire est convenue.

Un peu déçu, mais on attend la suite (qui ne devrait pas tarder à ce qu’on me dit…) !

– Baise-moi comme une salope et tu verras ! Maintenant, passe à l’action, mec !

(Version lue TABOU Editions)