Rêve Ecarlate de Saeki Toshio

On a déjà parlé du grand Saeki Toshio pour Onikage il y a fort longtemps !

Saeki Toshio Reve Ecarlate Couv

En bref, les Editions Cornélius ont le courage de lancer une anthologie autour de l’oeuvre de Saeki Toshio, maître de l’Ero-Guro. Ce volume correspond aux illustrations des années 70-72.

Alors qu’est ce que l’oeuvre de Saeki Toshio ? En digne héritier des maîtres de l’estampe nippone, l’artiste développe des illustrations qui possédent une grande puissance graphique autour de thèmes le plus souvent violents, sexués et parfois typiquement japonais avec le folklore des yokaï et autres fantômes ou créatures magiques.

Volontairement choquant et graphiquement grotesque, le dessin ne laisse pas insensible. L’absurde, élément permanent, laisse peu à peu place à une poésie particulière qui ne parlera pas (et c’est regrettable) à la plupart.

On peut y voir beaucoup de symboles et d’interprétations. Un des thèmes les plus récurrents reste la jeunesse face à ses aînés qui la pervertissent et la brutalisent. On peut y voir aussi la tension amoureuse et sexuelle où l’amant(e) est isolée dans ses fantasmes.

Rajoutez à ça des couleurs pop dignes de Peellaert et vous avez un objet instantanément culte que vous présenterez avec enthousiasme à vos convives et ceux-ci douteront tout de suite de l’état de votre santé mentale.

(Version lue Cornelius)

Peanut Butter – Le journal de Molly Fredrickson T1 de Cornnell Clarke

Cornell Clarke est un auteur américain dont on sait peu de choses, hormis qu’il est l’auteur de Peanut Butter, une série de 7 volumes aux US.

Cornnel Clarke Peanut Butter T1 Couv

En bref, c’est la fin du lycée pour Molly. Les examens sont passés et le rituel bal de fin d’année ne va pas tarder. Elle confie ses aventures sexuelles avec sa copine, Erica.

En prenant le point de vue de la confession intime que Molly couche dans son journal, Clarke fait une oeuvre forcément bavarde, à la limite du récit illustré et de la Bande Dessinée. Mais ce qui interpelle en premier est le dessin et les couleurs qui ne fascinent pas par leur qualité.

Mais, à ma grande surprise, le récit prend très bien. J’ai adoré l’amitié de Molly et Erica, complices dans leurs activités sexuelles. Le cunnilingus au beurre de cacahuètes, le partage de petit copain, le tripotage dans les toilettes n’ont aucun secret pour elle.

Un élément supplémentaire non négligeable pour moi est le personnage de la professeur-nonne aux seins énormes dont j’attendais la scène avec impatience. Et il n’y a pas de déception, tant l’histoire est menée progressivement, les interdits et tabous tombant peu à peu.

Donc, j’ai commencé la lecture à reculons sans grande envie et je me suis pris au jeu malgré moi. Mais les personnages et leur passion m’ont convaincu et, finalement, je recommande ce titre. Il faudra s’intéresser de près à la suite !

Et, fait non négligeable, les personnages féminins sont respectés, bien que l’on soit clairement dans la « teen » pornographique. Elles ne sont pas considérées comme le jouet des hommes, mais des êtres égaux. Et croyez-moi, c’est excitant !

-Et tu sais quoi ? Quand sa bouche au goût de bite et de chatte s’est collée à la mienne, ce nouveau programme m’a convenu tout à fait. J’avais tellement de faire connaissance avec ses gros nibards…

(Version lue DYNAMITE Collection Petits Pétards- disponible sur BD-Adultes)

Anima de Serpieri

Paolo Eleuteri Serpieri revient avec ce qu’on peut considérer comme le tome 0 de la saga Druuna.

Serpieri Anima CouvEn bref, une blonde aux formes généreuses se réveille dans un monde sauvage et menaçant.

Anima est un exercice de style. La Bande Dessinée est complètement muette. L’enchaînement des scènes a peu de logique, mais on retrouve beaucoup de l’univers de Druuna, des personnages, des lieux, des situations. Le lecteur se sent à la fois à l’aise et complètement perdu en se demandant ce qu’il est entrain de lire.

Les pages sont pleines de symboles, et évidemment les fesses de l’héroïne sont à l’honneur. Mais l’impression reste que c’est l’oeuvre d’un vieux monsieur qui se fait plaisir et essaie de contenter ses fans.

On a le droit à quelques scènes chaudes, plus proches de l’érotisme que de la pornographie rude de la série. Et il est intéressant de voir les couleurs des personnages refléter leur appétit sexuel qui rappelle l’étrange épidémie.

L’objet est clairement destiné aux fans qui veulent une bibliothèque complète, avec un bonus particulièrement sympathique !

(Version lue Glénat)

Les Carnets Secrets d’Erich Von Götha par Bernard Joubert

Bernard Joubert est écrivain, journaliste, spécialiste de l’histoire de la censure, scénariste de Bandes Dessinées (notamment pour Janice 3).

Carnets Secrets Erich Von Gotha Bernard Joubert CouvEn Bref, ce livre est toute la reconnaissance d’une maison d’éditions pour un de ses auteurs les plus emblématiques, Erich Von Götha. En offrant à Bernard Joubert l’occasion de lever le voile sur la carrière et le travail de l’anglais, c’est une rétrospective explosive, complète et un portrait totalement inédit qui nous sont proposés.

Vous voyez, quand j’ai commencé à chroniquer des Bds de cul, mon libraire, très amusé, me tendit les Malheurs de Janice en me disant : »Tu ne peux pas passer à côté de Von Götha, il dessine des bites incroyables! » En effet, le pénis du Baron maltraitant la candide avait de quoi étonner avec sa raideur, sa longueur et le sang qui semblait prêt à gicler tant il bandait. D’abord, j’étais amusé, puis j’ai lu, Janice d’abord, puis Twenty et ses « one shots ». J’en ai parlé et je continue à présenter l’auteur comme un des classiques du genre, un des artisans du genre injustement mis à l’écart car auteur de pornographie.

Alors maintenant que ce livre existe, un vrai beau livre, respectueux, enjoué et référencé, on ressent la portée de l’oeuvre de Von Götha dans son époque. Et on redécouvre ce qu’on a lu tantôt légèrement, tantôt excité par sa perversité si particulière.

C’est avant tout un livre pour les fans qui apprendront ici bien plus que dans les diverses encyclopédies de BDs érotiques. Ici vous avez droit à l’histoire de l’auteur, des anecdotes sur les titres, sur les relations avec les éditeurs et le marché de l’époque, mais aussi l’évolution de la technique avec des illustrations inédites qui débordent de sensualités.

L’ouvrage est passionnant et à recommander très fortement (et il déborde largement de son simple cadre) !

(Version lue DYNAMITE)

Les Aventures de Cicciolina par Filippucci – Romanini – Abuldi

Star emblématique de la culture pornographique des années 80, Ilona Staller, connue sous le nom de La Cicciolina a eu le droit à une Bande Dessinée retraçant sa vie, enfin plutôt à une vision fantasmée de sa vie !

Cicciolina Couv

En bref, les Dieux de l’Olympe s’accordent pour dire qu’il manque une déesse du sexe et de l’érotisme. Cupidon file sur Terre pour épauler la nouvelle championne du sexe, la future Cicciolina. De sa prime jeunesse et ses premiers émois masturbatoires à son affirmation en tant que déesse de la paix par le sexe, rien ne sera épargné au lecteur. Car le monde va mal, une organisation maléfique a pour objectif de réduire la libido du monde à néant !

On nage dans la fantaisie légère avec cette BD. La Cicciolina est fidèle à l’image que j’en gardais, une star du X volontiers exhibitionniste avec cette douce rêverie que le sexe peut régler tous les problèmes de l’humanité. On a forcément envie d’y croire, c’est tout de même mieux que toutes les conneries qu’on peut entendre.

C’est une Bande Dessinée qui porte bien son époque, la fin des années 80 – début 90, une vague histoire mêlant conspiration, espionnage, dieux grecs et sexe libérateur, bref une histoire un peu folle. On y croit jamais et on attend que la Cicciolina soit telle qu’on la connait, c’est-à-dire nue et en pleine action. Et c’est un peu fade en ce sens.

L’action et les expressions sont figées, malgré un trait lisse et épais que j’affectionne (dans une veine pas si éloignée de Magnus, mais c’est trop flatteur). Et le sujet reste tout de même assez bête, sans éveiller de passion particulière.

On comprend pourquoi il n’y a jamais eu de suites aux « trépidantes » aventures de la Cicciolina. Les amateurs de l’ex-épouse de Jeff KOONS apprécieront ce titre, les autres seront curieux et le reposeront bien vite.

– Combats-moi dans ton lit, piège-moi sur l’oreiller ! Je serai ta proie ou ta prédatrice, comme tu veux… L’égoïsme, l’arrivisme, n’apportent que la violence et la douleur. Le sexe nous rend un peu moins bêtes, un peu plus anges… Fais-moi voler, je suis l’amour !

(Version lue Encyclopédie de la Bande Dessinée Erotique Tome 10, disponible chez DYNAMITE collection petits Pétards)

Norse T1 de James LeMay

James LeMay est un dessinateur Canadien qui s’y connait bien en photoshop.

James LeMay Norse T1 CouvEn bref, Brianna décide de rendre visite à son amant moine. Alors qu’ils s’envoient en l’air, ils se font pincer par le père supérieur qui s’empresse de punir la belle brune à coups de fouet. C’est aussi le moment que choisissent des barbares vikings pour attaquer et piller le monastère. Brianna appréciera vite les charmes des guerriers blonds et musclés.

J’ai été un peu méchant sur la maîtrise de James Lemay et de Photoshop, mais il faut tout de même admettre que ce qui choque tout de suite sont les couleurs plastique, les reflets nets, etc.

Avec une belle brune avide de sexe oral, des vikings aux chibres turgescents et une pincée de mysticisme nordique, LeMay nous gratifie d’une histoire pornographique très visuelle et « rentre-dedans ». On oublie un peu le scénario pour apprécier le caractère goulu de la brunette.

Divertissant pour cette sexualité bestiale et assumée, les amateurs d’histoire nordiques apprécieront les efforts faits pour intégrer des éléments vikings tels que Eric Blodoks (roi de Norvège s’il vous plait).

Je dois bien admettre que la lecture m’a plu malgré les couleurs factices et certains errements anatomiques. Les scènes de sexe sont franches, très gourmandes et anales. Dommage, je me suis perdu dans le scénario…

– Maintenant ramène ton machin turgescent et enfourne-le dans ma bouche avant qu’il n’explose !

(Version lue DYNAMITE Collection Canicule – disponible chez BD Adultes)

Profession Esclave de Morale et Tulli

Il est temps de reprendre le rythme des articles et quoi de mieux qu’un bon vieux titre de fesses, une BD qui veut soulever le colosse ou mouiller son body (oui, j’ai dit body).

Rien à dire sur le duo Morale-Tulli, ils ont produit un autre titre La Divine…

Morale Tulli Profession Esclave Couv

En bref, à chaque fois que Candy, une blonde sculpturale, se jette sauvagement sur un homme celui-ci est retrouvé assassiné le lendemain. La belle apprécie le sexe violent et les jeux sadiques. Ses amants fortunés de passage sont, eux, assassinés de manière effroyable. Il n’en faut pas davantage pour que la police ne la suive…

Porno chic et choc, Profession Esclave veut vous donner des sensations fortes, à la manière d’un Giallo, ces films italiens ancêtres des slashers movies. Du cul, du sang, des sodomies et de la soumission bien rassurante pour la gente masculine sont les ingrédients de ce cocktail fort sucré.

Avec un trait noir et bien foutu, le lecteur a ce qu’il veut, une émotion transgressive qui flatte ses attentes machistes. Ne le cachons pas, je vois mal une femme apprécier cette lecture.

Candy est ce bonbon improbable, cette salope parfaite, celle qui veut faire gicler et qui adore se faire défoncer la rondelle. Elle n’existe pas, mais sur le papier c’est acceptable. Et les personnages masculins, eux aussi, sont parfaits. Ils bandent comme des taureaux et font d’excellentes victimes ensuite (les salauds, ils l’ont baisée !).

Parfait outil masturbatoire, Profession Esclave est un divertissement typique pour nous les hommes qui en voudraient plus, mais, finalement, restent en missionnaire.

– Dis-moi que tu m’enculeras jusqu’au sang, que tu seras mon maître…

(Version lue Editions International Press Magazine – épuisé)

Rencontre avec Monstre de Filobédo

Si vous avez oublié Melonie Sweet, je vous conseille fortement de vous rafraîchir la mémoire et lire le premier tome de ses aventures, l’Île Mystérieuse.

Filobedo Rencontre Avec Monstre Couv

En bref, nous avions quitté Melonie en mauvaise situation, ligotée, offerte en sacrifice par la tribu au monstre de l’île. Elle est enlevée par celui-ci sous les yeux de ses coéquipiers baiseurs. Melonie va vite se rapprocher de son ravisseur et découvrir les derniers secrets de l’île.

Le premier volume était une perle d’humour et une BD de fesses totalement assumée, un vrai plaisir efficace et bien construit. Ici, malheureusement le récit ne tient pas toutes ses promesses. C’est un peu bancal dans le rythme. En fait, la rencontre avec le monstre est finalement trop courte.

Mais vous me direz, tu es bien gentil, mais alors est-ce que c’est bon ? La réponse est simple, oui, Rencontre avec Monstre est une digne suite de notre héroïne préférée aux seins démesurés et aux orifices affamées, thèmes chers à l’auteur. Elle reste cette bimbo gentiment décérébrée, insatiable, volontaire et adepte de dilatation extrême.

La lecture reste un moment agréable avec une pornographie qu’on ressent comme sincère, un vrai travail d’artisan moderne de la BD. Ce n’est cependant pas le meilleur titre de Filobédo à mon humble avis.

– Allez quoi, fais pas ton radin, mets plus de doigts, comme les grosses bébêtes à tentacules des BDs ! Ouhh ! Comme je regrette de ne pas plus d’orifices à faire bourrer !

(Version lue TABOU Editions disponible sur BD Adultes)

New National Kid de Suehiro Maruo

Parler d’un auteur aussi dérangeant que Suehiro Maruo est un exercice délicat. Au fil des tomes dévorés, il m’a fallu m’expliquer pour quoi j’étais fasciné par la noirceur de ces pages. Comment cet artiste qui dépeint des travers humains avec une horreur et une perversion monumentales parvient-il à m’émouvoir de la sorte ?

Suehiro Maruo The New National Kid CouvEn bref, en une vingtaine de récits courts de taille très variable, vous aurez une idée précise des premiers travaux de cet artiste hors norme.

Ces histoires très variées ravageront vos concepts de politiquement correct, voire même du bon goût. En mêlant absurde, violence, sexualité extrême et éléments de la vie quotidienne, chacun se retrouvera dans un cauchemar éveillé. La perversion suinte pour mieux rappeler au lecteur que, lui-même est une créature pleine de failles.

La fascination de Maruo pour notamment l’Allemagne des années 30  ou encore le Japon conquérant est souvent citée pour le décrire, renforçant son caractère sulfureux. C’est oublier trop vite les multiples références au cinéma expressionniste, surréaliste et d’horreur, mais aussi à la culture populaire du manga ou la petite enfance.

Plutôt que de le considérer comme un auteur amoral cherchant à choquer, la lecture de ses œuvres révèle une sensibilité sans limites et un regard sur le genre humain sans fard. Certes, il ne faut pas avoir peur de se confronter à ses propres démons. Peut-être pour mieux se comprendre ?

Suehiro Maruo est, selon moi, un auteur intime, quelqu’un qui m’a touché et interpellé comme peu l’ont fait. Fascinant, dégoûtant, poignant, nul ne sera indifférent. Les plus passionnés y trouveront une poésie et une mélancolie rares.

– Le désir sexuel est à l’origine de la discrimination raciale !

(Version lue Le Lézard Noir)

Giovannissima T3 de Giovanna Casotto

Giovanna Casotto fait partie du petit cercle des grands noms de la Bande Dessinée Érotique. Son style est reconnaissable et ses histoires toujours croustillantes. Mais voilà, on en parle déjà pour la 6e fois.

Casotto Giovannissima T3 CouvEn bref, Casotto est en mode automatique et nous abreuve de récits courts pleins de fantaisies et de fétichisme.

Giovanna, je ne vais pas m’éterniser, j’ai déjà évoqué tes qualités et pourquoi tu es importante dans le « milieu ». Tes histoires courtes sont mignonnes, mais il est où ton album (ou même un récit) long où tu prendrais le temps de développer un réel personnage ? En fait, dans ce volume, j’ai vraiment eu un sentiment de répétition et donc de lassitude. Même en étant brève, on peut réussir à lasser. Voilà, tu tournes en rond et tes pieds ou ton pubis poilu ne me font plus ronronner de plaisir.

Comme souvent, ton dessin peut être magnifique, mais aussi très imprécis, notamment dans les visages. Et je ne parle pas des couleurs (voir l’extrait ci-dessous) qui sont juste moches.

Restons bons amis, Giovanna. Mais arrêtons-nous là !

– Ohhhh ! Défonce-moi la tombe !!

(Version lue DYNAMITE – disponible sur BD-Adultes)