Norse T1 de James LeMay

James LeMay est un dessinateur Canadien qui s’y connait bien en photoshop.

James LeMay Norse T1 CouvEn bref, Brianna décide de rendre visite à son amant moine. Alors qu’ils s’envoient en l’air, ils se font pincer par le père supérieur qui s’empresse de punir la belle brune à coups de fouet. C’est aussi le moment que choisissent des barbares vikings pour attaquer et piller le monastère. Brianna appréciera vite les charmes des guerriers blonds et musclés.

J’ai été un peu méchant sur la maîtrise de James Lemay et de Photoshop, mais il faut tout de même admettre que ce qui choque tout de suite sont les couleurs plastique, les reflets nets, etc.

Avec une belle brune avide de sexe oral, des vikings aux chibres turgescents et une pincée de mysticisme nordique, LeMay nous gratifie d’une histoire pornographique très visuelle et « rentre-dedans ». On oublie un peu le scénario pour apprécier le caractère goulu de la brunette.

Divertissant pour cette sexualité bestiale et assumée, les amateurs d’histoire nordiques apprécieront les efforts faits pour intégrer des éléments vikings tels que Eric Blodoks (roi de Norvège s’il vous plait).

Je dois bien admettre que la lecture m’a plu malgré les couleurs factices et certains errements anatomiques. Les scènes de sexe sont franches, très gourmandes et anales. Dommage, je me suis perdu dans le scénario…

– Maintenant ramène ton machin turgescent et enfourne-le dans ma bouche avant qu’il n’explose !

(Version lue DYNAMITE Collection Canicule – disponible chez BD Adultes)

Profession Esclave de Morale et Tulli

Il est temps de reprendre le rythme des articles et quoi de mieux qu’un bon vieux titre de fesses, une BD qui veut soulever le colosse ou mouiller son body (oui, j’ai dit body).

Rien à dire sur le duo Morale-Tulli, ils ont produit un autre titre La Divine…

Morale Tulli Profession Esclave Couv

En bref, à chaque fois que Candy, une blonde sculpturale, se jette sauvagement sur un homme celui-ci est retrouvé assassiné le lendemain. La belle apprécie le sexe violent et les jeux sadiques. Ses amants fortunés de passage sont, eux, assassinés de manière effroyable. Il n’en faut pas davantage pour que la police ne la suive…

Porno chic et choc, Profession Esclave veut vous donner des sensations fortes, à la manière d’un Giallo, ces films italiens ancêtres des slashers movies. Du cul, du sang, des sodomies et de la soumission bien rassurante pour la gente masculine sont les ingrédients de ce cocktail fort sucré.

Avec un trait noir et bien foutu, le lecteur a ce qu’il veut, une émotion transgressive qui flatte ses attentes machistes. Ne le cachons pas, je vois mal une femme apprécier cette lecture.

Candy est ce bonbon improbable, cette salope parfaite, celle qui veut faire gicler et qui adore se faire défoncer la rondelle. Elle n’existe pas, mais sur le papier c’est acceptable. Et les personnages masculins, eux aussi, sont parfaits. Ils bandent comme des taureaux et font d’excellentes victimes ensuite (les salauds, ils l’ont baisée !).

Parfait outil masturbatoire, Profession Esclave est un divertissement typique pour nous les hommes qui en voudraient plus, mais, finalement, restent en missionnaire.

– Dis-moi que tu m’enculeras jusqu’au sang, que tu seras mon maître…

(Version lue Editions International Press Magazine – épuisé)

Rencontre avec Monstre de Filobédo

Si vous avez oublié Melonie Sweet, je vous conseille fortement de vous rafraîchir la mémoire et lire le premier tome de ses aventures, l’Île Mystérieuse.

Filobedo Rencontre Avec Monstre Couv

En bref, nous avions quitté Melonie en mauvaise situation, ligotée, offerte en sacrifice par la tribu au monstre de l’île. Elle est enlevée par celui-ci sous les yeux de ses coéquipiers baiseurs. Melonie va vite se rapprocher de son ravisseur et découvrir les derniers secrets de l’île.

Le premier volume était une perle d’humour et une BD de fesses totalement assumée, un vrai plaisir efficace et bien construit. Ici, malheureusement le récit ne tient pas toutes ses promesses. C’est un peu bancal dans le rythme. En fait, la rencontre avec le monstre est finalement trop courte.

Mais vous me direz, tu es bien gentil, mais alors est-ce que c’est bon ? La réponse est simple, oui, Rencontre avec Monstre est une digne suite de notre héroïne préférée aux seins démesurés et aux orifices affamées, thèmes chers à l’auteur. Elle reste cette bimbo gentiment décérébrée, insatiable, volontaire et adepte de dilatation extrême.

La lecture reste un moment agréable avec une pornographie qu’on ressent comme sincère, un vrai travail d’artisan moderne de la BD. Ce n’est cependant pas le meilleur titre de Filobédo à mon humble avis.

– Allez quoi, fais pas ton radin, mets plus de doigts, comme les grosses bébêtes à tentacules des BDs ! Ouhh ! Comme je regrette de ne pas plus d’orifices à faire bourrer !

(Version lue TABOU Editions disponible sur BD Adultes)

New National Kid de Suehiro Maruo

Parler d’un auteur aussi dérangeant que Suehiro Maruo est un exercice délicat. Au fil des tomes dévorés, il m’a fallu m’expliquer pour quoi j’étais fasciné par la noirceur de ces pages. Comment cet artiste qui dépeint des travers humains avec une horreur et une perversion monumentales parvient-il à m’émouvoir de la sorte ?

Suehiro Maruo The New National Kid CouvEn bref, en une vingtaine de récits courts de taille très variable, vous aurez une idée précise des premiers travaux de cet artiste hors norme.

Ces histoires très variées ravageront vos concepts de politiquement correct, voire même du bon goût. En mêlant absurde, violence, sexualité extrême et éléments de la vie quotidienne, chacun se retrouvera dans un cauchemar éveillé. La perversion suinte pour mieux rappeler au lecteur que, lui-même est une créature pleine de failles.

La fascination de Maruo pour notamment l’Allemagne des années 30  ou encore le Japon conquérant est souvent citée pour le décrire, renforçant son caractère sulfureux. C’est oublier trop vite les multiples références au cinéma expressionniste, surréaliste et d’horreur, mais aussi à la culture populaire du manga ou la petite enfance.

Plutôt que de le considérer comme un auteur amoral cherchant à choquer, la lecture de ses œuvres révèle une sensibilité sans limites et un regard sur le genre humain sans fard. Certes, il ne faut pas avoir peur de se confronter à ses propres démons. Peut-être pour mieux se comprendre ?

Suehiro Maruo est, selon moi, un auteur intime, quelqu’un qui m’a touché et interpellé comme peu l’ont fait. Fascinant, dégoûtant, poignant, nul ne sera indifférent. Les plus passionnés y trouveront une poésie et une mélancolie rares.

– Le désir sexuel est à l’origine de la discrimination raciale !

(Version lue Le Lézard Noir)

Giovannissima T3 de Giovanna Casotto

Giovanna Casotto fait partie du petit cercle des grands noms de la Bande Dessinée Érotique. Son style est reconnaissable et ses histoires toujours croustillantes. Mais voilà, on en parle déjà pour la 6e fois.

Casotto Giovannissima T3 CouvEn bref, Casotto est en mode automatique et nous abreuve de récits courts pleins de fantaisies et de fétichisme.

Giovanna, je ne vais pas m’éterniser, j’ai déjà évoqué tes qualités et pourquoi tu es importante dans le « milieu ». Tes histoires courtes sont mignonnes, mais il est où ton album (ou même un récit) long où tu prendrais le temps de développer un réel personnage ? En fait, dans ce volume, j’ai vraiment eu un sentiment de répétition et donc de lassitude. Même en étant brève, on peut réussir à lasser. Voilà, tu tournes en rond et tes pieds ou ton pubis poilu ne me font plus ronronner de plaisir.

Comme souvent, ton dessin peut être magnifique, mais aussi très imprécis, notamment dans les visages. Et je ne parle pas des couleurs (voir l’extrait ci-dessous) qui sont juste moches.

Restons bons amis, Giovanna. Mais arrêtons-nous là !

– Ohhhh ! Défonce-moi la tombe !!

(Version lue DYNAMITE – disponible sur BD-Adultes)

The New Rodeo Girls de Nicky

Il y a des titres qui créent des vocations, des albums qui puent le génie, le talent à l’état pur. Le Royal Gentleman Club a pour moi été un choc, une révélation. Dans mon parcours de lecteur de BD érotiques, si il y a eu un premier jalon qui m’a persuadé que le talent n’appartenait pas qu’a Manara, Nicky et ses histoires courtes m’ont convaincu que la BD pouvait être pornographique, adulte, drôle et pleine d’autodérision. J’attendais donc son nouveau titre comme un messie.
Nicky The New Rodeo Girls COuvEn bref, Marilyn Strangelove débarque dans une bourgade crasseuse du Far West. Mais ce western est très particulier, il n’y a que des femmes, toutes vêtues de façon minimale avec un goût prononcé pour la lingerie et l’exhibition. Chaque histoire raconte les ébats de la belle cowgirl et de ses maîtresses.
Les premières pages désorientent le fan impatient. Nos Cowgirls sont représentées en manga. Le trait est malheureusement approximatif, comme on pourrait le reprocher à du hentai de seconde zone.
Et les aventures de Marilyn laissent finalement froids. Un vrai drame, la désillusion totale, à croire que Nicky se force. « Que n’ai-je pas parodié précédemment? » Ah oui le manga. Et il se vautre dans ce mélange improbable de western à la sauce nippone. Force est de constater qu’il ne maîtrise pas son sujet comme auparavant. Blagues qui tombent à plat, dessins quasi bâclés.

On l’a connu nettement plus en forme ! Mais je me dois de nuancer. C’est la déception du fan qui parle. La relecture m’a donné quelques plaisirs, certes bien éloignés de l’énergisant Royal Gentlemen Club qui continue à faire tressaillir mon bas-ventre à chaque fois que je l’évoque. Il reste le coeur de Nicky dans ces pages, à savoir la gourmandise de ces personnages affamées de sexe et toujours prêtes à tout !

Les thèmes sont tout de même plus violents ! Ici, la place est occupée par de longues sessions de fessée et de soumission saphique avec un grand soin apportée à la lingerie et un amour immodéré des poitrines opulentes et lourdes. Les amateurs apprécieront !

– Tu es devenue si femme ! Personne ne m’avait fait jouir comme tu viens de le faire… Bats-moi, mon amour !

(Version lue DYNAMITE – Disponible sur BD-Adulte)

Les Fleurs du Mal de Baudelaire par Liberatore

Tanino Liberatore fait partie de ces artistes trop rares. Connu essentiellement pour RanXerox, il n’a produit que très peu de titres, préférant s’ouvrir au cinéma et à la peinture.

501 LES FLEURS DU MAL[LIV].inddEn bref, tout comme pour les Onze Mille Verges, Liberatore a choisi d’illustrer 29 poèmes du chef d’oeuvre de la poésie, les Fleurs du Mal de Charles Baudelaire. Le projet est ambitieux et attire la curiosité.

Loin d’être un grand connaisseur de la poésie romantique du 19e siècle, il me reste néanmoins ce que tout élève a appris. C’est certainement la raison pour laquelle le recueil commence par l’Albatros.

Il est intéressant de voir le jeu entre la lecture du poème et son illustration, comme un aller-retour qui s’enrichit à chaque trajet. La lecture de ce livre somptueux touche l’âme doublement, invitant à la réflexion et à la contemplation.

Les textes sont mis en valeur par des dessins d’exception, intenses et inspirés. La couverture suffit à se faire une idée concrète, un regard féminin mystérieux et une paire de mains hors d’âge pour un contraste saisissant.

L’intérieur de l’ouvrage vous permettra de révéler des doubles (voire même des quadruples) pages d’illustrations à couper le souffle. Technicien hors-pair, Liberatore nous montre son talent avec une facilité qui laisse sans souffle.

On retourne feuilleter ces pages les jours de spleen ou tout simplement pour se sentir inspiré, poussé par des hommes au talent énorme et atemporel.

(Version lue Glénat)

 

La Demeure De La Chair de Kazuichi Hanawa

Kazuichi Hanawa est un mangaka atypique. Connu pour « Dans La Prison » (Ego Comme x), il était pour moi un auteur réaliste. Je me trompais en découvrant ses « Histoires Fantastiques » et maintenant la « Demeure de La Chair ».

Kazuichi Hanawa Demeure de la chair COuv

En bref, ce recueil regroupe 14 histoires courtes issues de magazines SM japonais au début des années 70. Sans réel dénominateur commun, ces récits montrent une folie ancrée dans des situations macabres, violentes et amorales. L’érotisme n’est pas l’élément central, le sexe est associé ici à la perversion extrême, rajoutant à la déviation des personnages.

L’eroguro de Hanawa a une saveur particulièrement explosive. Le grotesque des scénarios est souvent porté par la psychologie déformée des personnages et par un dessin de toute beauté, malgré une qualité d’encrage variable selon les histoires.

La folie est au coeur de ses pages. On assiste au glissement de l’âme, à la déformation des codes sociaux, souvent en réaction à une situation sanglante et perverse. Implacablement, le lecteur est plongé dans un monde noir d’horreur perverse complètement fascinante.

Il est intéressant de voir les caractéristiques des personnages féminins tour à tour victimes idéales, puis bourreaux sans coeur. Les hommes sont, eux, décrits comme part intégrale du déséquilibre moral, sanguinaires, vénaux, fétichistes et obsédés.

Si vous ne l’avez pas compris, j’ai adoré la lecture de ce très bel objet plus noir et impactant que la plupart des oeuvres présentées ici en général.

– J’ai… j’ai très mal à l’anus !

(Version lue Le Lézard Noir)

John Willie : Sophisticated Bondage Art

Il y a des auteurs cultes, des précurseurs, des artistes qui ouvrent des voies et laissent éclater leurs obsessions, leurs fantaisies. Il n’y a pas à réfléchir concernant John Willie. Sans lui, le Bondage ne serait pas aussi populaire et serait peut-être l’apanage de quelques connaisseurs. Avec le personnage de Gwendoline, mais surtout au travers de son magazine Bizarre, Willie a tout simplement bousculé la société et ses bonnes mœurs.

The First Book of John Willie CouvEn bref, au travers de 2 livres, Glittering Images propose de reprendre les travaux de ce touche-à-tout dessinateur, photographe, « ligoteur », mais aussi rédacteur en chef et éditeur-diffuseur.

Né en 1902, dans une famille anglaise bourgeoise, il est exilé par celle-ci en Australie où il rencontre sa femme, Holly. Avec elle, ses penchants fétichistes et son goût pour le bondage peuvent se révéler davantage. Mais c’est aux Etats-Unis qu’il commencera son travail graphique « publié ».

Le moins que l’on puisse dire est que Bizarre, son magazine, était particulièrement sulfureux pour les années d’après guerre dans une Amérique puritaine. La diffusion était donc clandestine et le prix du magazine prohibitif.

L’intérêt principal de ces livres en multi langues (Anglais, Italien et Français) reste dans la compilation des oeuvres de Willie. Et cela passe par les fameux Gwendoline and the missing Princess, ainsi que The Gold Race (tous deux inachevés), mais surtout ses clichés. En effet, il publiait aussi des histoires en photos et se servait de cette base pour des recherches anatomiques en situation. On y trouvera aussi des illustrations plus anciennes de dessinateurs français des années 30 Carlo et Giffey.

On regrettera la destruction de ses archives par John Willie, juste avant sa mort. Et tout aussi difficile à croire, Irving Claw (qui rendra célèbre Bettie Page) achète les planches originales de Gwendoline et les fait censurer par Eric Stanton où les sujets étaient trop dénudées. Un acte criminel dont Stanton ne s’est jamais remis.

Il nous reste l’oeuvre. Et c’est une plongée dans le fétichisme, les corsets, les cordes, la soumission, etc. Les néophytes auront les yeux ronds, les experts baveront devant son trait sophistiqué et sa mise en scène épurée, ne mettant en scène que la soumise dans son abandon.

60 ans plus tard, l’oeuvre de John Willie continue à inspirer la culture qu’elle soit pop ou spécialisée. Amateurs d’érotisme de tout genre, John Willie doit avoir une place dans votre bibliothèque !

(Version lue Glittering Images)