No Straight Lines : Four Decades of Queer Comics By Justin Hall

Si vous ne connaissez pas Fantagraphics et que vous êtes passionnés de BDs, il est temps que vous vous mettiez à la page, tant leurs livres sont d’une qualité rare !

Justin Hall No Straight Lines Couv

En bref, 40 ans de parution de Bandes dessinées LGBT (Lesbien, gay, bi et trans) ont été compilés par Justin Hall. Il commence habilement par retracer l’histoire de ce mouvement marqué par les genres et catégories de la population LGBT. Loin de n’être qu’une vitrine, la Bande Dessinée LGBT nous fait rentrer dans la peau de ses auteurs, de leurs tourments et joies.

La première chose qui frappe pour un néophyte de la BD gay est sa grande diversité. En feuilletant le livre, le lecteur sera étonné de voir toutes les familles représentées avec tout autant de styles graphiques différents. Mais attention, si vous attendez des sensations fortes et des images très explicites, passez votre chemin. Ici le contenu reste assez soft.

Il est intéressant de constater que le livre n’est pas un livre revendicatif. En effet, les œuvres contenues sont par des gays pour des gays, c’est au lecteur hétéro de s’y adapter. Et il n’aura aucun mal, les préoccupations restent les mêmes (quête de l’amour, acceptation de soi, etc.).

Finalement c’est la tendresse des auteurs à retranscrire leur vie qui est touchante, tout comme Fabrice Neaud et son journal (présent dans cette anthologie) et c’est rendre un vrai hommage à des auteurs trop peu connus comme Alison Bechdel, Howard Cruse ou Ralph König.

Ce livre devrait finir entre toutes les mains, ça ouvrirait pas mal d’esprits, mais pas que ça…

– Get down on your knees and worship me, you sinner !

(Version lue Fantagraphics Books en anglais)

Allraune de Toni Greis et Robi

Une bande dessinée allemande, c’est suffisamment rare pour en parler.

Toni Greis Robi Allraune Couv

En bref,  Dinah se retrouve maudite suite à une éjaculation faciale. Elle ne contrôle plus sa libido. Et après avoir commis l’irréparable avec son beau-père ivre mort, elle fugue.

La malédiction est une métaphore évidente de l’adolescence et de l’acceptation de soi, c’est d’ailleurs validé lors de sa transe. La jeune femme pour lever le sort doit l’accepter, s’accepter elle-même.

C’est du coup l’occasion pour avoir droit à des scènes débridées avec un très joli trait. On regrettera peut-être la colorisation très artificielle.

L’histoire, sans être poignante, est loin d’être stupide. Chaque chapitre se conclue sur une note pessimiste ou coupable de la part de notre héroïne. Le tout se ponctue de fantastique.

Au final, le plaisir de lecture est bien présent et on attend la suite (qu’on espère pas trop longue)..

– Grimpe le phallus de la vérité !

 

(Version lue DYNAMITE)

Ombre & Lumière 5 de Parris Quinn

On ne connait Parris Quinn pour sa série des Ombre et Lumière.

Parris Quinn Ombre et Lumiere 5 Couv

En bref, 2 confessions sont au programme. On peut les lire séparément mais ces histoires sont la suite de récits parus dans le tome précédent. On connait donc la suite de « la Voisine » et « La Plage ».

Dans la première, une jeune femme domine sa voisine plus âgée et l’humilie pour son bon plaisir. Et la seconde, une femme raconte à son mari sa dernière expérience en trio.

Que dire ? C’est le 3e article sur Quinn. C’est simple, Ombre & Lumière fait partie des titres que je présente aux néophytes curieux tout simplement.

Les albums ont tous la même qualité graphique et le ton de la confession reste en phase avec le réalisme des images. Graphiquement le lecteur en a pour son argent avec une pornographie torride. Il faut tout de même noter la pilosité très développée et les éjaculations faciales sur-dégoulinantes.

Certes, certains lui reprocheront d’être trop bavard, mais l’image n’est pas le seul stimulus. On reste sur des récits illustrés très bien maîtrisés et excitants.

– Posant la caméra, Johnnie fait rentrer son manche dans le seul trou disponible, le cul de Cynthia, et ils s’installent dans un rythme exalté de baise à trois. Quand il se retire et éjacule sur la raie de son cul, les filles ont subitement envie de se donner en spectacle. Il les filme en train de lécher son sperme et de se partager la croupe de Cynthia jusqu’à ce qu’elle jouisse.

(Version lue DYNAMITE Collection Canicule)

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Envoûtantes Chimères de Milo Manara

Milo Manara, la super star de la BD de fesses, nous revient avec un nouveau recueil.

Milo Manara Envoutantes Chimeres Couv

En bref, quand un éditeur veut essorer le fond d’un auteur qui bénéficie de belles ventes, il nous sort un recueil de ses histoires courtes plus ou moins inédites.C’est simple, rapide, peu coûteux et ça contente le fan collectionneur.

Manara, c’est ce type très doué vers qui on revient sans cesse dans chaque discussion sur la BD de cul, ce mec respectable et respecté au talent évident et trop souvent gâché.et c’est exactement ce que met en lumière ce recueil.

L’artiste rend des hommages appuyés à ses collègues (Pratt et Forest pour les histoires les plus touchantes) avec un vrai respect. Il s’essaie même à des formats peu courants comme le récit illustré avec cette correspondance fictive et torride avec une fan.

Difficile de détester le monsieur, c’est un grand parmi les grands. Il éclipse malheureusement trop de ses collègues.

– Nous sommes dans les rêves… Qu’y-t-il de mal dans l’érotisme ?

(Version lue Glénat)

Confessions D’Un Sex-Toy 2 : Libido(s) de Milly Chantilly

Milly Chantilly est un auteur à l’identité trouble (enfin presque).

Milly Chantilly Confessions d un Sex Toy 2 COuv

En bref, Sigmund est un canard vibrant qui nous évoque sa condition de sex-toy en compétition avec le genre masculin.

Zep est passé par là avec son Happy Sex et, depuis, les éditeurs ont senti le filon (On parle de 400.000 ex). Un vrai succès qui fait envie. Mais voilà, humour et sexe ne font pas souvent bon ménage.

Et dans ces pages, ça ne passe pas du tout. En plus de ma simple personne, j’ai passé la BD à des amies de passage. La critique de chacun est simple, c’est juste consternant, pas drôle et pathétique.

L’exercice était casse-gueule et Milly se prend les pieds dans le tapis. Pour quelles raisons ? A mon humble avis, il n’y a aucun affect avec le « personnage principal », l’humour y est convenablement entendu et le dessin a vraiment peu de personnalité (coucou Zep ou encore Arthur de Pins).

Mesdames, si votre ami vous offre cet album, fuyez !

– Ce qui plait avant tout aux femmes, c’est le sexe à piles !

(Version lue Ankama)

Giovanna ! Si ! de Giovanna Casotto

Comment faire pour parler de la 5e fois de Giovanna Casotto qui nous pond le même album constamment ?

Giovanna Casotto Si Couv

En bref, une nouvelle fournée d’histoires courtes à la sauce Giovanna attend ses fidèles lecteurs avec toujours autant de poils et d’imagination dans les scénarios.

Mais Giovanna, il est temps entre toi et moi de régler quelques points. Tu pousses la fantaisie à te mettre en scène en assoiffée de bites et de chattes en tout genre, soit. Tu veux incarner ce fantasme très masculin de la salope disponible à tout instant, mais qui reste maîtresse. C’est d’ailleurs intéressant que tu dessines souvent ce qui est, au final, une scène rêvée par tes personnages. Du fantasme dans le fantasme, we need to go deeper, dirait-on dans Inception. En plus tu aimes ça la profondeur.

Et ton penchant pour la pin-up ? Tu nous mets sans cesse des pleines pages de femmes en position équivoque, la bave aux lèvres (quand ce n’est pas du sperme). Ton vrai sens du trait et coup de crayon pour les rendus de peau sont souvent somptueux, ainsi que ton jeu avec les couleurs qui viennent habilement réhausser une bouche ou un sous-vêtement.

Mais alors pourquoi alors n’arrives-tu pas à me faire bander ? Peut-être suis-je blasé ?

Tu es juste prévisible, ma chère. On est en territoire connu avec toi, tu nous vends ta petite scène coquine et tu te fais peut-être plaisir. Moi, tu me lasses malgré tes qualités évidentes.

– Je vais vous refaire bander… Il est impératif que vous me sodomisiez !

(Version lue DYNAMITE Collection Canicule)

Madame de Jack-Henry Hopper

Jack-Henry Hopper est le pseudonyme de Jaques Géron.

Jack Henry Hopper Madame Couv

En bref, Madame est dominatrice professionnelle et reçoit ses clients dans ses appartements. Un jour, sa fille de 16 ans la surprend et réclame d’être initiée à son tour.

On découvre les joies de la domination sur une clientèle huppée, appréciant l’humiliation et la douleur. Parfois, cela fonctionne selon ses « points faibles », mais aussi cela tombe dans le rire gras. C’est le prix d’une BD qui veut en donner pour son argent.

Le ton est débridé,avec une vraie violence des images et des sévices , mais aussi le trait de Hopper. Ses femmes se ressemblent un peu toutes, mais restent pleines de formes et ont ce petit truc qui les rendent désirables.

On ne peut reprocher que la caricature de donjon grand format et ultra-bourgeois avec fantasmes de puissants magnats recherchant l’humiliation, la douleur et à se faire enculer ou pisser dessus. Il y a aussi à ses maîtresses qui, finalement, ne résistent pas à leurs pulsions et se masturbent frénétiquement.

3 tomes sont réunis dans cette intégrale qui ravira les amateurs de pornographie dessinée des années 90.

– Maîtresse… Encule-moi… J’en veux un gros dans mon cul de général !

(Version lue DYNAMITE Collection Outrage King Size)

Minimum T1 de Maya Miyazaki

Maya Miyazaki est une jeune mangaka ayant travaillé avec Playboy Japan.

 Maya Miyazaki Minimum T1 Couv

En bref, Ito est lycéen et passionné de photo. Son ami le pousse à s’intéresser aux filles et notamment aux sites porno. Un soir, il découvre un site étrange et une jeune femme miniature, Haru, sort de l’ordinateur.

Si vous ne le reconnaissez pas, c’est à peu de chose près le scénario de Vidéo Girl Aï. C’est en effet la version moderne du classique de Mazakazu Katsura.

Le cadre du lycée et des tourments liés à l’adolescence, le désir et les bons sentiments sont les mêmes. Le petit personnage virtuel, Haru, incarne un idéal féminin exhibitionniste aux origines mystérieuses, moteur de l’histoire. Le héros, Ito, est un énième ado partagé entre ses hormones et l’amour hollywoodien.

Et l’intelligence de l’auteur est de rester dans la zone que Katsura a épuisée, bons sentiments, petits culottes et ici davantage de poitrine et de suées. C’est bien connu dans les mangas lorsqu’on est stimulé sexuellement, on sue.

C’est mignon, vaguement érotique, et toujours frustrant. Il en faudra plus pour les lecteurs les plus avertis.

– Espèce de puceau ! ne me fais pas la morale !  

(Version lue Glénat)

Degenerate Housewives 2 de Rebecca

On avait adoré le 1er volume. C’est avec plaisir qu’on traite le deuxième.

Rebecca Degenerate Housewives 2 Couv

En bref, nos 2 charmantes mères de famille ayant trouvé un équilibre dans leur vie, c’est-à-dire mères modèles le soir et lesbiennes dominatrices le jour, se mettent à rêver d’un voyage entre elles accompagnées de leur soumise. Pour le financer, elles tombent sur une annonce recherchant des strip-teaseuses amatrices. Elles décident d’y envoyer leur protégée.

Le premier tome était exclusivement lesbien, le second alterne les sexes hétéro, mais ne perd pas l’intensité des relations « entre filles » .

On y retrouve le même trait de Rebecca qui est toute entière à son délire. La série a un humour et un ton direct très appréciable. Cependant on commence à apercevoir les trames du récit. L’amour se glisse ponctuellement, tout en accentuant l’amoralité de certains moments. Lisez jusqu’au bout, vous comprendrez.

On attend la suite, on en veut plus ! Un soap porno qui ne se refuse rien et qui a la classe, c’est juste génial !

– C’est bien meilleur que n’importe lequel des spectacles scolaires que j’ai filmé… Melissa se donne à fond, comme Donald le faisait au premier temps de notre mariage. Elle farcit le troufignard de Jenny comme je farcis la dinde de Noël… C’est si beau ! 

(Version lue DYNAMITE – Collection Petits Pétards)

 

Rendez vous Toi En Moi de Stéphane Blanquet

Stéphane Blanquet est un dessinateur français reconnu et responsable des Editions United Dead Artists.

Stephane Blanquet Rendez Vous Toi En Moi CouvEn bref, le livre propose un travail original de Blanquet. L’artiste a redessiné des photos d’origines diverses, mais essentiellement pornographiques.

Parti de ce que semble être un exercice de travail, on se retrouve finalement avec une vision de l’artiste sur le corps, sa représentation et sa mise en scène.

La sélection porte sur des images savamment choisies, du porno des années 60-70 essentiellement à l’esthétisme cru et vintage.auquel sont insérées des photos visuellement « choc » comme un portrait d’une femme noire portant des cicatrices qu’on imagine rituelles.

Le recueil est des plus intéressants et a même fait l’objet d’une exposition au Musée de l’Erotisme de Paris. Peut-être le livre le plus accessible pour lancer sa collection dans l’illustration.

(Version lue United Dead Artists)

Remerciements à Jefouilleaussiparderrriere pour les illustrations.