Les Bêtes de Black City de Lorenzo Nuti et Marco Rastrelli

Au début de ce qui s’appelait à l’époque BDérotique, j’ai été invité par TABOU Editions à venir au Salon d’Angoulême. A cette occasion, j’ai rencontré Lorenzo Nuti, le dessinateur, pour une interview qui a finalement été faite par emails avec le scénariste Marco Rastrelli. Après un article sur le premier volume, je vous propose de voir la trilogie dans son ensemble.

Rastrelli Nuti Betes de Black City CouvEn bref, trois prostitués sont les reines de la maison Devereaux, un saloon à Black City, dans le Far West. Chacune a sa spécialité. Jodie est blonde, bourgeoise et se révèle être une salope affamée. Enna, la rousse irlandaise, est une joueuse de Poker insatiable. Et enfin Eloïse, à la peau noire, sait chanter et faire profiter des talents de ses cordes vocales. Alors qu’elles accordent leurs charmes à 4 militaires convoyant un sacré magot, ceux-ci les agressent sauvagement et les défigurent. Elles décident de se venger…

3 tomes autour de leur vengeance, 4 malfrats sans foi, ni lois à éliminer sont au programme de ce western noir et sanglant qui fait la part belle à la sauvagerie d’une époque rude. On est loin d’un Lucky Luke et on se rapproche davantage d’un Tarantino qui ne se lâcherait pas que sur la violence, mais rajouterait une dose de sexe bien amené. Le Western à la Sergio Leone semble être tout de même l’inspiration la plus importante.

Les Anges deviennent les Bêtes pour prendre leur revanche. Leur plan est simple, retrouver leurs bourreaux et les exécuter, leur faire payer au plus haut prix, leur ôter la vie, les châtier. Tout en usant évidemment de leurs atouts, elles vont mettre leur plan en action. La folie de cette époque transpire dans les pages de cette trilogie et il faut rendre hommage au travail remarquable, notamment sur l’usage des couleurs de Nuti.

Ce même travail se retrouve superbement sur les couvertures dignes d’affiches de films, tendance que l’on retrouve dans la mise en scène des cases. Le scénario n’est pas en reste. Si les 2 premiers volumes sont relativement linéaires, le troisième montre une réelle volonté d’interpeller le lecteur avec sa narration inversée.

C’est enfin le croisement subtil d’une vraie BD porno avec une histoire, des sentiments et une recherche narrative. Les héroïnes manquent peut-être de relief, mais l’histoire se lit sans difficulté et livre un réel bon moment. Et, par contre, les « méchants » sont délicieux ! Soyez juste un peu fan de Western (comme moi).

– J’ai eu ma part de jouissance à vous voir battues, torturées et violées !

(Version lue TABOU EDITIONS – disponibles chez BD-Adultes)

Hôtel Con d’Or de Jack-Henry Hopper

On connait déjà Jack-Henry Hopper pour Madame.

Hopper Hotel con d or Couv

En bref, Ling et Bastien forment un jeune couple tout juste marié et bien décidé à vivre leur union dans une totale fidélité fiévreuse ! Pour pouvoir vivre leur amour, ils sont embauchés en tant que soubrette et garçon d’étage à l’Hôtel Con d’Or ! Le directeur et le reste du personnel sont des machines à baiser qui ne fantasment que sur la jeunesse vibrante des jeunes époux.

Quand le titre d’un album comporte un bon jeu de mots vaseux, je ne peux m’empêcher de craindre une BD au ton gaulois et pompier. Mais on s’étonne à se prendre au jeu de cet hôtel rempli de partouzeurs excités en permanence.

Selon le directeur, Ling, en plus d’être diaboliquement carrossée, a un âge surprenant, puisqu’elle n’a que treize ans ! L’argument est totalement improbable, Ling ayant les plus gros seins de la BD et un cul particulièrement développé.

Mais il est intéressant de constater la montée des désirs entre les personnages. Le directeur et ses 2 acolytes, Charles et Rosa, n’en finissent pas de se branler en bons voyeurs devant les ébats du couple. C’est en séparant les amants exclusifs qu’ils espèrent goûter aux charmes de Ling et Bastien. L’amour est-il plus fort que le sexe et le désir ? Inutile de vous gâcher le plaisir de la lecture en répondant à la question.

L’album est rempli de clichés. Ling est vietnamienne (donc asiatique) et a, de fait, un vagin particulièrement serré. Les employés ne doivent porter aucun sous-vêtement, les femmes en tenue de soubrette et les hommes portent le kilt. On ne sait plus si on doit rire de l’ensemble ou si le récit se veut drôle en lui-même.

Le dessin de Hopper reste dense. On apprécie les mines exaltées de la belle vietnamienne et les aberrations qui lui servent de seins !

Le tout est un album typique des années 90. On nous gratifie de scènes porno dont la lubricité va crescendo, le ridicule aussi. A vous de voir si votre plaisir est là…

– Il me la faut… Je lui ferai découvrir les talents de ma grosse queue… Je cracherai mon jus dans sa chatte, dans son cul. Je lui ferai vider mes couilles dans sa bouche… Je… Je la veux… Han… Après tout c’est moi le patron dans cet hôtel !

(Version lue DYNAMITE – Collection Petits Pétards – BDadultes)

Vacances de Rêve de Ardem

Nouvelle réédition d’un titre d’Ardem, on ouvre sa boite à lettres et on dévore l’album.

Ardem Vacances de Reve Couv

En bref, Flo, 18 ans, est laissée en galère par son copain en pleines vacances dans le Sud de la France. Pour payer son hôtel, elle se résout à vendre des beignets sur la plage. Son nouveau patron, un gros dégueulasse, en profite pour tâter la marchandise…

Ardem, on a beau en lire, on ne s’en lasse pas, bien au contraire ! La perversion ignoble dans laquelle il plonge ses héroïnes candides (stupides?) atteint des sommets et révulsera votre copine féministe.

Le point de départ est souvent un prétexte relativement ténu afin que le lecteur s’attache à une pauvre cruche. Et puis les scènes s’enchaînent et se font de plus en plus hard. Vacances de Rêve n’échappe pas à cette façon de faire.

Et puis, Flo est une parfaite victime, blonde à gros seins, à peine majeure, un parfait « jail bait ». Elle se plaint de se faire sauter, mais finalement en redemande et y prend goût ! Ouf, la morale est sauve ! La jeune fille est devenue une vraie femme et surtout une parfaite salope !

Produit parfait d’une pornographie assumée et sincère, Vacances de Rêve fait son job. On ne tient pas le meilleur de son auteur, mais vous pouvez y aller, satisfaction garantie !

– Au cours de ces vacances, tu t’es conduite comme une pute !

(Version lue DYNAMITE Collection Outrage – BDadultes)

Mutant Hanako de Makoto Aida

Il y a des albums chocs, des véritables injections de plaisirs intelligents et délirants, ceux qui vous donnent des envies de dire à tout le monde qu’il faut le lire, l’acheter encore et encore. Mutant Hanako est un de ces albums.

Makoto Aida Mutant Hanako Couv 1

En bref, 2e Guerre Mondiale, alors que les Etats-Unis se préparent à envahir  le Japon, Hanako rêve de l’empereur qui lui annonce qu’elle est l’Elue, celle qui sauvera son peuple. Suite à sa capture, sa soeur se sacrifie pour qu’elle vive. Violée par le général McArthur, Hanako s’enfuit à bord du Enola Gay et est attachée à la bombe jetée sur Hiroshima. Elle se réveille et devient Mutant Hanako. Elle met tout son être à sa mission, repousser les infâmes américains !

Sous des allures naïves de Sailor Moon sous acide, Mutant Hanako semble dans un premier temps un pamphlet anti-américain primaire, vantant les mérites de l’impérialisme nippon et la nostalgie d’un Japon conquérant. Le manga est nettement moins manichéen qu’il n’y parait. C’est surtout l’aveuglement complet et l’endoctrinement du peuple japonais pour son empereur et son régime féodal d’origine divine qui sont critiqués.

Avec un humour féroce, le pastiche du « Magical Girl » est assumé en y rajoutant une touche de pornographie extrême, qui, ne le cachons pas, manque terriblement à ce genre. Mais Mutant Hanako est aussi le reflet du traumatisme d’un peuple suite aux bombardements atomiques et la confrontation de deux cultures.

En tant que lecteur avide de sensations fortes, Mutant Hanako m’a fourni des émotions rares et prouve de façon presque potache qu’une oeuvre peut être d’une qualité supérieure sans être lisse et propre. Certains seront rebutés par le côté crayonné et les cases irrégulières qui laissent croire à un manga non abouti. Ne vous laissez pas berner, la mise en page y est plus dynamique et recherchée que la majorité des mangas que vous avez lus.

– Au début, ça lui faisait un peu mal, mais maintenant elle prend son pied.

(Version lue Le Lézard Noir)

Pourquoi tant de silence !

Bonjour,

 

L’Erotographe est en pause depuis cet été. Pluieurs raisons pour cela, mais la principale est que les Editions La Musardine m’a proposé d’assurer de m’associer à eux pour  leur nouveau site dédié à la Bande Dessinée érotique et pornographique, principalement ebooks.

 

C’est ainsi qu’est né bd-adultes.com.

Vous y retrouverez l’intégrale du catalogue DYNAMITE et La Musardine. On espère que d’autres éditeurs profiteront d’une plateforme spécialisée et ainsi avoir davantage de titres à vous proposer.

Les points forts du site sont pour moi :

– Le blog autour de la BD érotique et son actualité

– La possibilité aux dessinateurs de laisser des planches et de proposer leur projet

On vous y attend nombreux et passionnés !

 

No Straight Lines : Four Decades of Queer Comics By Justin Hall

Si vous ne connaissez pas Fantagraphics et que vous êtes passionnés de BDs, il est temps que vous vous mettiez à la page, tant leurs livres sont d’une qualité rare !

Justin Hall No Straight Lines Couv

En bref, 40 ans de parution de Bandes dessinées LGBT (Lesbien, gay, bi et trans) ont été compilés par Justin Hall. Il commence habilement par retracer l’histoire de ce mouvement marqué par les genres et catégories de la population LGBT. Loin de n’être qu’une vitrine, la Bande Dessinée LGBT nous fait rentrer dans la peau de ses auteurs, de leurs tourments et joies.

La première chose qui frappe pour un néophyte de la BD gay est sa grande diversité. En feuilletant le livre, le lecteur sera étonné de voir toutes les familles représentées avec tout autant de styles graphiques différents. Mais attention, si vous attendez des sensations fortes et des images très explicites, passez votre chemin. Ici le contenu reste assez soft.

Il est intéressant de constater que le livre n’est pas un livre revendicatif. En effet, les œuvres contenues sont par des gays pour des gays, c’est au lecteur hétéro de s’y adapter. Et il n’aura aucun mal, les préoccupations restent les mêmes (quête de l’amour, acceptation de soi, etc.).

Finalement c’est la tendresse des auteurs à retranscrire leur vie qui est touchante, tout comme Fabrice Neaud et son journal (présent dans cette anthologie) et c’est rendre un vrai hommage à des auteurs trop peu connus comme Alison Bechdel, Howard Cruse ou Ralph König.

Ce livre devrait finir entre toutes les mains, ça ouvrirait pas mal d’esprits, mais pas que ça…

– Get down on your knees and worship me, you sinner !

(Version lue Fantagraphics Books en anglais)

Allraune de Toni Greis et Robi

Une bande dessinée allemande, c’est suffisamment rare pour en parler.

Toni Greis Robi Allraune Couv

En bref,  Dinah se retrouve maudite suite à une éjaculation faciale. Elle ne contrôle plus sa libido. Et après avoir commis l’irréparable avec son beau-père ivre mort, elle fugue.

La malédiction est une métaphore évidente de l’adolescence et de l’acceptation de soi, c’est d’ailleurs validé lors de sa transe. La jeune femme pour lever le sort doit l’accepter, s’accepter elle-même.

C’est du coup l’occasion pour avoir droit à des scènes débridées avec un très joli trait. On regrettera peut-être la colorisation très artificielle.

L’histoire, sans être poignante, est loin d’être stupide. Chaque chapitre se conclue sur une note pessimiste ou coupable de la part de notre héroïne. Le tout se ponctue de fantastique.

Au final, le plaisir de lecture est bien présent et on attend la suite (qu’on espère pas trop longue)..

– Grimpe le phallus de la vérité !

 

(Version lue DYNAMITE)

Ombre & Lumière 5 de Parris Quinn

On ne connait Parris Quinn pour sa série des Ombre et Lumière.

Parris Quinn Ombre et Lumiere 5 Couv

En bref, 2 confessions sont au programme. On peut les lire séparément mais ces histoires sont la suite de récits parus dans le tome précédent. On connait donc la suite de « la Voisine » et « La Plage ».

Dans la première, une jeune femme domine sa voisine plus âgée et l’humilie pour son bon plaisir. Et la seconde, une femme raconte à son mari sa dernière expérience en trio.

Que dire ? C’est le 3e article sur Quinn. C’est simple, Ombre & Lumière fait partie des titres que je présente aux néophytes curieux tout simplement.

Les albums ont tous la même qualité graphique et le ton de la confession reste en phase avec le réalisme des images. Graphiquement le lecteur en a pour son argent avec une pornographie torride. Il faut tout de même noter la pilosité très développée et les éjaculations faciales sur-dégoulinantes.

Certes, certains lui reprocheront d’être trop bavard, mais l’image n’est pas le seul stimulus. On reste sur des récits illustrés très bien maîtrisés et excitants.

– Posant la caméra, Johnnie fait rentrer son manche dans le seul trou disponible, le cul de Cynthia, et ils s’installent dans un rythme exalté de baise à trois. Quand il se retire et éjacule sur la raie de son cul, les filles ont subitement envie de se donner en spectacle. Il les filme en train de lécher son sperme et de se partager la croupe de Cynthia jusqu’à ce qu’elle jouisse.

(Version lue DYNAMITE Collection Canicule)

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Envoûtantes Chimères de Milo Manara

Milo Manara, la super star de la BD de fesses, nous revient avec un nouveau recueil.

Milo Manara Envoutantes Chimeres Couv

En bref, quand un éditeur veut essorer le fond d’un auteur qui bénéficie de belles ventes, il nous sort un recueil de ses histoires courtes plus ou moins inédites.C’est simple, rapide, peu coûteux et ça contente le fan collectionneur.

Manara, c’est ce type très doué vers qui on revient sans cesse dans chaque discussion sur la BD de cul, ce mec respectable et respecté au talent évident et trop souvent gâché.et c’est exactement ce que met en lumière ce recueil.

L’artiste rend des hommages appuyés à ses collègues (Pratt et Forest pour les histoires les plus touchantes) avec un vrai respect. Il s’essaie même à des formats peu courants comme le récit illustré avec cette correspondance fictive et torride avec une fan.

Difficile de détester le monsieur, c’est un grand parmi les grands. Il éclipse malheureusement trop de ses collègues.

– Nous sommes dans les rêves… Qu’y-t-il de mal dans l’érotisme ?

(Version lue Glénat)

Confessions D’Un Sex-Toy 2 : Libido(s) de Milly Chantilly

Milly Chantilly est un auteur à l’identité trouble (enfin presque).

Milly Chantilly Confessions d un Sex Toy 2 COuv

En bref, Sigmund est un canard vibrant qui nous évoque sa condition de sex-toy en compétition avec le genre masculin.

Zep est passé par là avec son Happy Sex et, depuis, les éditeurs ont senti le filon (On parle de 400.000 ex). Un vrai succès qui fait envie. Mais voilà, humour et sexe ne font pas souvent bon ménage.

Et dans ces pages, ça ne passe pas du tout. En plus de ma simple personne, j’ai passé la BD à des amies de passage. La critique de chacun est simple, c’est juste consternant, pas drôle et pathétique.

L’exercice était casse-gueule et Milly se prend les pieds dans le tapis. Pour quelles raisons ? A mon humble avis, il n’y a aucun affect avec le « personnage principal », l’humour y est convenablement entendu et le dessin a vraiment peu de personnalité (coucou Zep ou encore Arthur de Pins).

Mesdames, si votre ami vous offre cet album, fuyez !

– Ce qui plait avant tout aux femmes, c’est le sexe à piles !

(Version lue Ankama)