SM Le Maudit de Christophe Bier et Yxes

Quand Christophe Bier enfile sa casquette de scénariste, il n’en faut pas davantage pour frétiller d’avance à la perle qu’il va nous offrir.

En bref, Siegfried est un acteur-performeur dans un cabaret berlinois en 1930. Il rêve à une carrière dans le cinéma. Après un spectacle, un soir, il obtient un casting. Mais ce sont ses qualités extrêmes de soumis qui font de lui une star.

Dans un premier temps, on retrouve le trait de Yxes qui avait produit la Capitaliste Rhénane dont on retrouve beaucoup d’éléments tant graphiques que dans l’histoire (les multiples références au cinéma allemand avec actrices et réalisateurs célèbres).

Bier, lui, a exacerbé le burlesque et le cabaret dans tout ce qu’il y a de plus extrême. Siegfried est une poupée de souffrance, son anus la voie de la célébrité. Le délire est poussé très loin, tout est exagéré et surréel.

Les amateurs de Suehiro Maruo se sentiront à l’aise. Les amateurs de soumission y penseront à 2 fois avant de retourner voir leur domina. Et le lecteur moyen se demandera ce qu’il est entrain de lire. On nage dans l’absurde et la femdom.

Est-ce le vice de nos compères qui suinte dans ces pages ou une projection d’un féminisme totalitaire qui aurait triomphé ? Siegfried est ce type de héros candide exploité, tel une starlette moderne. Il veut la gloire et la chose qui explose c’est toujours son cul. Mais il ne se plaint pas (Enfin pas trop). Et tant d’excès ne peut aboutir qu’à un drame obscène…

Quelle belle association, quel album ! L’eroguro est maintenant francais. Et qui d’autre que Christophe Bier pouvait en être capable ?

– J’aime sa profondeur de jeu !

(Version lue Dynamite Collection Canicule)

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