Dodo, Chroniques d’une Maison Close de G. Lévis et Francis Leroi

G. Lévis est l’auteur de Liz & Beth, mais aussi avec Francis Leroi de « Les Perles de l’Amour« .

DODO MAISON CLOSE[DRU].indd.pdfEn bref, durant la Seconde Guerre Mondiale, Julie, jeune adolescente, intègre une maison close de Paris, le « 27 ». Elle découvre les dessous et l’arrière-boutique de ce lieu en tant que soubrette. Mais les temps sont durs et Julie va vite devenir « Dodo », la prostituée. Continuer la lecture

A Corps Perdu de G. Lévis

4e titre chroniqué de G. Lévis, alias Jean Sidobre.

En bref, des mains se baladent sur un clavier et nous ne voyons que le texte défiler et nous emporter dans la Russie des Tsars fin 1919. Nous suivons les aventures complètement incroyables de Jelly, belle blonde mi-espionne mi-pute de luxe. Et on verra du pays, Russie, France, Egypte, parfois de façons très tirées par les cheveux.

Jelly est un personnage assez curieux, quasi passive, sauf quand il s’agit de passer à l’horizontal. Pourtant elle reste au coeur du récit toujours à suivre son amant.

La structure narrative pêche d’un certain manque de suivi entre les bonds dans le récit. Le lecteur est baladé et finalement perd tout intérêt à l’histoire. Mais les charmes de la blonde sont ravageurs. Le romanesque des situations et les rencontres donnent un coté très pulp, mais ce n’est pas suffisant.

Plus ambitieux que les Perles de l’Amour, la BD n’atteint pas ses objectifs. Dommage pour la quasi dernière œuvre de Lévis. Le trait ne fait pas tout malheureusement. Et la volonté de retranscrire une épopée « historique », même désuète, mérite plus de clarté.

– Nous avons reçu deux nouvelles pensionnaires qui vous plairont certainement, major.

– Pas autant que vous, chère amie.

(Version lue Albin Michel / L’Echos Des Savanes)

Les Perles de l’Amour de Georges Lévis et Francis Leroi

Georges Lévis est un auteur classique évoqué plusieurs fois ici.

Leroi G Levis Perles de L Amour CouvEn bref, Henry Johns, capitaine de l’armée Britannique, vit une grande passion avec Virginia dans les Indes fin 19e. Mais le beau capitaine a promis de sauver Gladys, la fille d’un lord retenue captive par le maharadja local.

Dans ce cadre digne des pulp des années 50, l’aventure et le dépaysement matinés de scènes de sexe sont au programme. On ne peut s’empêcher de sourire devant la légèreté de l’histoire. Le héros  est tel un chevalier blanc avec ses beaux principes qui bande malgré lui et saute (ou se fait sauter dessus par) toutes les donzelles qui passent.

Prendre cet album au 1er degré est un crime. Lisez la séquence où notre héros se retrouve au garde à vous devant un sauveur mystérieux avec le sexe dépassant du caleçon. On se moque gentillement du flegme Britannique dans cette Inde de cliché.

Et le dessin, ainsi que la mise en scène des pages, de G. Lévis sont bluffants. Le trait est classieux, la mise en page dynamique.

La lecture des Perles de l’Amour est plus que plaisante, si on n’est pas atterré par le scénario. Sans jamais être vulgaire dans les propos, les dessins sont explicites, le contraste établissant le second degré.

– Comme étourdie, elle presse sa bouche en un baiser infini qui scelle leur amour…

(Version lue Albin Michel / L’Echo Des Savanes réédité par Drugstore)

L’Ecole des Biches de G. Lévis

L’auteur des aventures de Liz & Beth nous offre ce récit d’époque.

G Levis Ecole des Biches Delcourt CouvEn bref, L’Ecole des Biches est l’adaptation d’un roman érotique du 19e siècle d’Ernest Baroche. Une tante fait l’éducation de sa nièce, amoureuse d’un peintre. Le mécène de la tante et sa dame de chambre complètent le casting.

Il y a quelque chose qui sonne faux dans ce récit assez proche d’une pièce de théâtre. Mais c’est là la grande force de Lévis d’en faire une histoire pleine de classe et absolument pas vulgaire. En effet le récit érotique classique de l’éducation sexuelle d’une jeune pucelle qui se révèle une tigresse n’est pas original, mais le dessin de Lévis colle très bien à l’ambiance. Et on ne s’ennuie pas à la lecture.

Le libertinage qui nous est proposé est tout de même bien élaboré et « plausible. » Et même si on peut regretter le manque d’intrigue, l’histoire se tient et on regrette de ne pas avoir eu la même tante dans sa famille!

En résumé, l’Ecole des Biches offre un moment sympathique et frais, bien qu’un peu guindé.

– Candide? Une fille amoureuse n’est jamais candide!

(Version lue Dominique LEROY Editions – Ebook)

(MAJ 16/07/2012 : Delcourt Erotix a sorti une belle version papier avec une histoire supplémentaire « Les Jeunes Filles Modèles »)

Liz et Beth de G. Lévis

G. Lévis est le pseudonyme de Jean Sidobre, le dessinateur des couvertures du Club Des Cinq. Tout un programme !

G Levis Liz et Beth CouvEn bref, Liz est blonde et divorcée. Beth est brune et mariée. Elles sont amies et vivent de multiples histoires. Et je ne vous le cache pas. Il n’y a que le train qui ne va pas leur passer dessus.

Pour vous donner le niveau, tous les personnages qu’elles croiseront finiront sous leurs griffes. Et on serait bien tenté de se laisser prendre tant le trait de Lévis les rend pleines de charmes et tout en rondeur. Le trait est fin et élégant qui n’est pas sans rappeler Frollo. Il y a d’ailleurs beaucoup de similarités entre ces 2 auteurs, notamment leur goût pour les scènes de sexe graphiques et très rapides. Lévis favorise l’enchaînement des scènes et fait avancer son histoire parfois de manière abracadabrante.

C’est, selon moi, plus proche de la pornographie à la française que de l’érotisme. Difficile de garder une scène en tête plus qu’une autre, un moment plus vibrant. Mais il y a un charme désuet, une patine qui rappelle les vieux films porno avec des histoires. Vous voyez? Ben oui, on est encore dans l’exploitation. On sent le quota de cul pour 2 pages d’histoires. Au final, c’est un peu indigeste.

Mais ce n’est pas rendre hommage à ce grand de la BD qui a une construction de pages particulière, mention spéciale au cases sans bord et aux planches entières sur une page.

Liz : Oh Beth, je ne connaissais pas « ces moeurs »!

Beth : Ma chérie, j’aime et … il faut parfois réaliser ses fantasmes…

(Version lue Delcourt Erotix)

MAJ : Dominique LEROY Editions propose les nouvelles aventures (soit les 40 dernières pages de l’intégrale en version couleurs) qui sont plutôt jolies !