Japon Suehiro Maruo

La Jeune Fille Aux Camélias de Suehiro Maruo

Maruo Jeune Fille Camélias Couv

Suehiro Maruo est un Mangaka au style et à l’univers très particuliers. Evoquant un japon de l’ère impérialiste, il semble nous convier dans une époque pas complètement moderne d’un Japon quasi traditionnel, mélangeant écoliers en costume et les kimonos. Attention, ceci est pour un public plus qu’averti.

La Jeune Fille Aux Camélias est à la croisée de Freaks de Tod Browning et de Causette.

En Bref, Midori est une jeune fille vivant dans un cirque de monstres tombant amoureuse de Masamitsu, le magnifique, un nain prestidigitateur. Elle sert de souffre-douleurs et de petites mains pour le cirque et subit les assauts hautement cruels de ses hôtes.

Le récit est, comme dans la majorité des ouvrages de Maruo, d’une violence inouïe et le sexe n’est qu’une part supplémentaire dans l’horreur graphique qu’il nous apporte. Je pèse mes mots, c’est un manga très dur. Beaucoup n’en verront pas la fin, le dégoût est dans toutes les pages. L’œuvre de Maruo est qualifié d’érotisme grotesque (Ero-Guro en japonais) et on peut y rajouter “Grand Guignol”.

Un “Freaks” nippon malaisant et poétique

L’ambiance et les personnages décrits sont détestables, sauf la petite Midori et sa candeur (et encore!). Pour autant, l’histoire est fascinante et les situations sont à couper le souffle, de part leurs brutalités et leur variété. La triste réalité dépeinte place le récit à la limite du rêve et du “fantasme”. De très rares cases apportent un humour essentiel au lecteur pour le faire respirer. Au rythme des pages, de l’horreur jaillissent des purs moments de poésie. De ce fait, la profondeur des sentiments n’en est que plus déchainée, notamment l’échappatoire amoureuse qui redonne espoir dans le monde.

Le dessin est forcément noir pour ce récit immoral. On est bien entendu dans un manga et les codes du genre sont respectés (avec un joli clin d’œil à Kazuo Umezu d’ailleurs qui, lui officie dans le récit d’horreur mettent en scène des petites filles). Le style fin ne fait que ressortir  davantage de manière chirurgicale les malheurs subis par Midori.

En conclusion, La Jeune Fille Aux Camélias est une œuvre pessimiste, belle et effroyable qui ne laissera personne indifférent. Fan d’extrême, jetez-vous dessus. Les autres, feuilletez-le chez un ami, vous ne le regarderez plus jamais du même œil.

– Souffre encore… Personne ne t’aidera… Le bonheur n’est pas fait pour toi

(Version lue IMHO Editions)

1 commentaire

  1. […] évoqué pour La Jeune Fille Aux Camélias, Suehiro Maruo est le maître de l’Ero-Guro, genre très théâtral et exagéré inspiré […]

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