Interview de Lorenzo Nuti et Marco Rastrelli

Dernière interview réalisée en partie à Angoulême 2012, nous avons rencontré Lorenzo Nuti en dédicace sur le Stand de Tabou Editions pour l’album « Les Bêtes de Black City« . Un souci technique nous a amenés à développer l’interview avec le scénariste Marco Rastrelli.

Rastrelli Nuti Betes de Black City CouvErotographe : Quel est votre parcours ? Vos influences ? Et vos travaux précédents?

Lorenzo NUTI : Ma formation commence au lycée artistique de Florence, avec l’étude de la peinture, la sculpture et l’architecture. Je passe ensuite un an aux Beaux-arts, mais mes centres d’intérêt se dirigent de plus en plus vers le monde de l’illustration et de la BD. Appréciant en particulier l’aspect du dessin lié au récit séquentiel, j’ai décidé de m’inscrire à La Scuola Internazionale di Comìcs. J’ai choisi la section Illustration pour son rapport aux couleurs (la peinture et la couleur demeurent une passion secrète). Après mes études, j’ai commencé à travailler comme coloriste avec Niccolo Storai et plus tard, j’ai rencontré Marco Rastrelli. Nous avons publié une histoire courte pour l’album collectif « Dreams », édité chez Double Shot, pour ensuite commencer à travailler sur « Les Bêtes de Black City ». Récemment, j’ai pu aussi découvrir le monde de l’animation, grâce au studio d’animation Stranemani International.
Au fil du temps, la liste des auteurs de référence s’est allongée, je me contente donc de citer ceux qui m’ont « marqué » de manière significative et directement liés au monde de la BD : Ausonia, Ashley Wood, Sergio Toppi, Mike Mignola, Alessandro Barbucci…
…en outre, je souffre d’une forme d’admiration fétiche pour Egon Schiele, mais c’est une autre histoire…

Marco RASTRELLI : Mon parcours a été fondamentalement sinueux et assez éloigné de la BD au départ, puisque j’ai fait une école d’électronicien ! Et puis mes passions pour la bande dessinée, l’écriture et le cinéma ont pris le dessus, alors je me suis inscrit au Cours de Scénario auprès de la Scuola Internazionale di Comics. C’est là que j’ai eu la chance de rencontrer Lorenzo Nuti et de publier avec lui un épisode dans l’album collectif « Dreams », mais aussi de réaliser que c’était ma raison d’être dans la vie.
Mes influences reflètent bien sûr ce que j’aime dans la BD, l’animation et le cinéma. Je reconnais cependant une intense passion pour le cinéma japonais des années 70 (en particulier pour les « Pinku violence » comme « La femme scorpion » de Shunya Ito.)
Quant aux scénaristes de BD, mes influences sont bien-sûr Jean-David Morvan, le regretté Carlos Trillo et le travail de Frank Miller dans « Elektra Assassin » et « Batman: The Dark Knight Returns ».

Erotographe : Les italiens et le western, c’est une longue histoire ! Vous prolongez l’histoire? Considérez- vous les bêtes de Black City comme un fumetto ?

Marco RASTRELLI : « Prolonger l’histoire » c’est peut-être un peu trop ! J’adore les westerns Spaghetti et je souhaitais simplement me mesurer avec un genre qui me passionne et pour lequel je pense encore écrire dans le futur.
Pour moi « Les bêtes de Black City » est un fumetto, tout comme les Comics, les BD, les Historietas. Chaque marché ayant ses propres règles de narration et ses propres formats, avec « Les bêtes de Black City » j’ai essayé de respecter les canons de la BD tout en apportant une sensibilité différente.

Nuti Bêtes de Black City T& DédicaceErotographe : Quel est le support de dessin pour l’anatomie des femmes ? Des modèles ? Des vidéos ?

Lorenzo NUTI : J’étudie l’anatomie artistique depuis 1998. J’adore ça. Ça et la perspective. Je crois que ce sont les rapports les plus sains et les plus longs de toute ma vie, hahahaha…ah.
Pour Black City juste quelques photos de référence : objets, vêtements, univers. On peut dire que le reste est venu chemin faisant, car il n’y a pas de recherche du réalisme figuratif absolu.

Erotographe : Le style est moderne et très impressionnant avec une ambiance chaude. Quelle en est l’origine ?

Lorenzo NUTI : J’aime tout explorer dans la peinture, par conséquent je n’ai pas ma propre technique d’exécution approuvée et certifiée avec un label, j’ignore si c’est un bien ou un mal.
Dans le cas de Black City, j’ai testé plusieurs solutions d’équilibre entre aquarelle et encre de chine, pour finaliser au numérique afin de faire ressortir les couleurs et améliorer les temps de réalisation.
En général, le cinéma et son style de narration, sa manière de décrire les univers et de faire sentir la scène m’influencent beaucoup.
J’ai choisi les couleurs chaudes car elles allègent tout sans créer de contrastes excessifs, tout en évitant de m’éloigner des tonalités érotico-dramatiques de l’histoire.

Erotographe : Lorsqu’on voit les « anges » se faire proposer une nouvelle vie, elles sont ensuite violées et deviennent les ‘bêtes ». Le destin est capricieux avec vos héroïnes. Vous êtes pessimistes ?

Marco RASTRELLI : Est-ce que je suis pessimiste ? La réponse est oui, mais je déteste avoir raison. Je voulais une histoire dure, dans un univers dur et surtout qui devait être explicite et cohérente jusqu’au bout. J’ai vu trop souvent des films ou des Bandes dessinées qui voulaient à tout prix avoir une fin heureuse et au final allaient contre tout ce qui avait été construit auparavant.

Erotographe : 3 tomes sont prévus. Que pouvez vous nous dire à ce sujet ?

Lorenzo NUTI : Oui c’est ça, 3.
Actuellement, nous pensons à la mise en œuvre du Tome 2 tout en observant le parcours du Tome 1. Si tout va comme on veut, on vous tiendra informés, dès qu’il y aura du nouveau…
Marco RASTRELLI : Je vous remercie sincèrement de l’attention accordée !

Merci aux auteurs pour leur temps et patience consacrés à avoir répondu à nos questions.

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