Nymphomaniaque de Coax

Coax est le pseudonyme pour l’association de 2 auteurs espagnols Cabezas et Munoz.

COAX Nymphomaniaque Couv

En bref, le recueil contient une vingtaine d’histoires courtes à l’origine parues dans le magazine Kiss Comix, disparu en 2011. Les récits sont variés et oscillent entre pornographie et humour potache.

Dans ce sacré foutoir on rit, on s’émoustille et on prend un bon temps sans prise de tête. Ne vous attendez pas à une révélation à la lecture, mais le produit est honnête.

Les corps suintent, les vulves ruissellent, les bites sont raides et des litres de liquide séminal coulent au long des pages. Vous êtes prévenus !

Le dessin est agréable et efficace. Vous jugerez par vous même avec les extraits ci-dessous.

Cependant, on peut regretter le manque de variétés dans la sexualité exposée ici. Les auteurs restent campés sur l’hétérosexualité. Dommage, le format Histoires Courtes se plie bien volontiers à la pluralité du propos. De même, les personnages féminins sont exclusivement des femmes « prêtes à tout pour avoir de la queue ». Çà ne manque pas d’intérêt, mais ça lasse.

– Tu me la lubrifies si bien qu’elle peut rentrer dans n’importe quel trou bien serré !

(Version lue DYNAMITE Collection Outrage – disponible chez BD Adultes)

Angie Infirmière de Nuit de Chris

Chris est un auteur espagnol évoqué précédemment pour « le Dressage de Jane« .

Chris Angie Infirmiere de Nuit Integrale CouvEn bref, Angie est infirmière. Pardon, elle est l’infirmière fantasmée, avec porte-jarretelles sous la blouse, fesses à l’air et poitrine prête à sortir. Elle est une grande professionnelle et ne perd pas de vue le bien-être de ses patients, mais aussi celui de ses collègues et des vilains voleurs, etc. Bref, tout le monde lui passe dessus. Elle deviendra vite infirmière à domicile, c’est plus pratique et ça rapporte davantage.

« Angie » est un pur produit de la BD érotique des années 80, du fantasme à l’état brut, un scénario microscopique ou aberrant et des scènes de sexe enchainées non-stop. On relit le tout avec une forme de nostalgie amusée.

L’intégrale est agréable, malgré des problèmes de pagination sur la version lue et le manque des couvertures de chaque tome. Le dessin proche d’un G. Lévis est plaisant, sans toutefois parvenir à son niveau. Mais on se positionne davantage ici dans le plaisir coupable rigolo que dans une lecture efficace. Les dialogues contiennent des perles dignes des films porno de l’époque.

Donc, force est de constater que la BD accuse son âge. Elle ravira les plus anciens sans aucun doute !

– Senorita, vous êtes de la « pura dinamita » prête à exploser.

(Version lue DYNAMITE collection Outrage)

Ménagères En Chaleur de Armas

Ramon Armas est un dessinateur Espagnol.

Armas Menageres en chaleur CouvEn bref, avec une quinzaine de mini-histoires, Armas nous brosse le portrait de ces femmes du quotidien. Elles sont toutes ces femmes qu’on ne regarde pas forcément, mères de famille, caissières, voisines, etc.

Avec un graphisme plus que moyen, les histoires s’enchainent, les soupirs aussi. C’est lourd et ça y va à la truelle. « Vous en vouliez, vous êtes servis, ne venez pas vous plaindre, » semble dire l’auteur.

C’est poussif, alors les femmes en font toujours plus, vont toujours plus loin. Un homme, deux, quinze, un pénis, quarante, quelle est la différence? Malheureusement on s’ennuie, l’humour n’est pas là ou est bien trop gros, les situations sont improbables. Bref, du début à la fin, on y croit pas une seule seconde et on a envie de refermer le recueil pour passer à autre chose.

La fameuse « Girl Next Door » méritait un traitement meilleur, c’est un fantasme universel. Mais là c’est un saucisson à l’ail de sous-marque. Rarement un album n’aura été aussi peu érotique, malgré une débauche de scènes crues.

– Tiens, je vais l’enculer un peu plus celle-là !

– Ooh ! Et pourquoi moi ?

– Parce que t’es une pute !

(Version lue DYNAMITE collection Outrage)

Alice Au Pays Du Chaos de Man

Man est le pseudonyme de Manolo Carot. Il a, entre autres, collaboré avec le magazine Kiss Comics en Espagne.

Man Alice Au Pays Du Chaos CouvEn bref, Alice se réveille après 2 jours dans un coma étrange avec ce qui semble être sa mère et une jeune blonde muette. Très vite, cachées dans un placard, elles assistent au viol et meurtre de la mère. Elles découvrent que le monde est maintenant peuplé de créatures avides de sexe et complètement déshumanisées.

Le contexte est apocalyptique et le lecteur se retrouve dans une quête pour survivre. Le scénario est original pour le genre et on ne s’ennuie pas à la lecture. Le récit est rythmé mélangeant humour, scènes torrides s’achevant souvent dans une mare de sang.

On sent beaucoup d’inspirations modernes dans le dessin de Man, notamment le manga pour son traitement des visages. Le trait est dynamique, lisse et les couleurs impeccables. Il faut aussi mentionner le sens du cadre de Man résolument moderne et très cinématographique.

Assurément dépaysant et d’une grande efficacité, « Alice » comble le lecteur en attente de récit d’aventures morbides et très intenses.

– Comme si d’être dans cet enfer avec une gamine muette n’était pas un calvaire suffisant, voilà que je me trimballe avec une nymphomane en laisse !

(Version lue Tabou Editions)

Jeux de Filles de Juan José Ryp

Juan José Ryp est un dessinateur qui a notamment travaillé avec le grand Warren Ellis sur Black Summer et contribué à beaucoup de couvertures pour Marvel.

Juan Jose Ryp Jeu de Filles CouvEn bref, 6 histoires courtes sont au programme. Toutes racontent la rencontre ou la relation charnelle torride de 2 femmes. C’est aussi le premier travail érotique de l’artiste.

Dans un ton très franc et direct, le lecteur rentre dans ses scènes intimes avec délice. Le trait de Ryp est profond et intense, donnant à ses héroïnes des regards chauds et troublants ne laissant pas de doutes sur leurs intentions.

Il ne se prive pas pour les mettre dans des situations extrêmes. On apprécie le jeu de rôles entre la soubrette et sa maîtresse, les retrouvailles d’amantes cachées ou la scène débridée dans les toilettes d’un bar lors d’un match de football ennuyeux.

A chaque fois, ses femmes sont fortes et déterminées, mais surtout pleines de désirs sans aucun frein, sans aucune honte. On sera heureux de retrouver ses héroïnes dans d’autres BD.

– Vas-y, salope ! Bourre-moi la chatte, branle moi le cul !

(Version lue Tabou Editionsx)

Les Petites Vicieuses T3 : Les Copines à Confesse de Monica & Béa

2e tome lu de cette série de 3 recueils, le premier est chroniqué ici.

Monica Bea Petites Vicieuse T3 CouvEn bref, nous suivons les récits de quelques jeunes femmes ou adolescentes et de leurs aventures sexuelle.

Fraîches et juvéniles, les héroïnes dépeintes par Monica et Béa n’ont pas froid aux yeux et provoquent tour à tour leur professeur, leur psychiatre, leur copain ou copine. Elles savent ce qu’elles veulent et l’obtiennent à grands coups d’exhibition.

Dans ces pages donc, il n’y a pas de place pour le romantisme, mais pour le coquace, le gentil lubrique et la « saute-au-pafomanie ».

On est pas surpris par le dessin très moyen qui, pour cet album, est colorisé.

Heureusement quelques traits d’humour sont parsemés, qui agrémentent une lecture un peu fade.

– Je te promets un film du tonnerre, mais n’oublie pas : de grosses queues noires !

(Version lue DYNAMITE Editions)

Bang Bang de Jordi Bernet et Carlos Trillo

L’espagnol Bernet (au dessin) et l’argentin Trillo (au scénario) ont travaillé ensemble sur Torpedo, qui explorait déjà le milieu mafieux et les années gangster.

En bref, Bang-Bang est une jeune femme brune aux formes enivrantes qui sait exploiter son corps et profiter des faiblesses des hommes et du désir qu’elle provoque chez eux.

Nous faisons sa connaissance tandis qu’elle est en fuite à New York pour fuir Al Capone qu’elle a arnaqué. Le corps de Bang-Bang lui permet de se sortir de cette situation dans un déluge d’exhibitions, fellations et relations sexuelles. On y trouve aussi énormément d’humour et de morts violentes.

S’appuyant sur l’univers de l’Amérique Hollywoodien, Bang-Bang va évoluer de tome en tome dans le film noir de gangster, puis le Mexique révolutionnaire, la savane sauvage, etc. Tous les clichés du Pulp sont exploités et très bien maitrisés pour le plaisir du lecteur qui y trouvera aventures, petits plaisirs, sourires et légèretés, mais aussi un dessin à l’ambiance parfaite.

Comment résister aux charmes multiples et dépaysants de Bang Bang? Personne n’a cette force. Tout comme moi, succombez !!

– Ici à New York, elle se fait appeler Cicca Mammone, mais à Chigago elle était connue sous le nom de Chica Bang-Bang parce qu’elle produit sur les mecs le même effet qu’une balle explosive…

(Version lue coffret Drugstore – 6 volumes)

Les Petites Vicieuses t1 : Premiers Emois de Monica et Béa

Publiées à l’origine dans la revue « El Vibora », DYNAMITE les publie en recueils.

Monica Bea Petites Vicieuses T1 CouvEn bref, 8 portraits de jeunes filles nous sont proposés, répondant toutes au fameux adage « l’habit ne fait pas le moine. » Ainsi, Laura, la pieuse lycéenne, se révèle être une prostituée qui n’a pas froid aux yeux ou Gloria, bonne fille de famille, est initiée au BDSM par… son père.

On apprécie la pluralité de situations, mais quelques histoires sont bien glauques. Et on en arrive au triste constat que l’innocence n’existe pas. Mais on en doutait pas en fait. Ce qui rend quelques scènes déstabilisantes, quelque fois téléphonées, c’est ce coté arroseur arrosé ou la salope qui tombe sur plus pervers qu’elle. Elles sont déstabilisantes à plus d’un titre, notamment sur l’âge des protagonistes et leur lien pour certains (Frère et soeur, Père-fille).

Le dessin en noir & Blanc est assez agréable, sans être époustouflant. A noter, la couverture est trompeuse sur le niveau de dessin qu’on trouvera dans les pages de la BD.

On ne peut rester insensible à cette lecture. Certains seront dégoutés, d’autres enthousiastes. Mais on est loin d’une oeuvre majeure.

– Brr… Je frissonne rien que d’y penser… Cette bite gigantesque… J’aurais jamais cru que ça existait ! Je me demande jusqu’où j’aurais pu l’avaler…

(Version lue DYNAMITE Editions)

Le Dressage de Jane par Chris

Chris est le pseudonyme de Xavier Musquera, dessinateur espagnol .

Chris Dressage de Jane CouvEn bref, Jane, orpheline blonde de 17 ans, est servante-soubrette dans un club privé. Son patron tatillon cherche la petite bête pour lui faire subir les pires outrages. Elles est loin de se douter qu’un donjon BDSM l’attend le soir pour satisfaire les demandes des autres membres du club.

Avec un dessin très proche de celui de W.G. Colber (ou Mancini ou Clébor selon le pseudo utilisé), Chris enchaine les scènes de soumission vaguement contrainte. Comme souvent dans les BD de cette époque, le lecteur n’y croit pas du tout et l’anatomie semble une notion oubliée. On peut blâmer la rapidité d’exécution des planches et le travail très alimentaire que ces albums étaient pour leurs auteurs.

Au sommaire, le lecteur aura droit à des scènes SM de pacotille, des dialogues stupides, des dessins approximatifs (mais pas si laids). On aurait tendance à plaindre la pauvre Jane, mais ses tortionnaires ne sont pas si cruels. Le portrait des adeptes du SM n’est pas flatteur, ce sont des vieux ou des grosses. Et que dire de Jane? Ah non elle est prude et chaste, mais au fond elle aime bien qu’on prenne son corps pour un objet. Les féministes doivent se suicider à une telle lecture.

« Le Dressage de Jane » est davantage comique à ses dépends qu’érotique. L’archéologue de la BD érotique appréciera le coté années 80, les autres ne le regarderont pas. Tout cela est bien trop premier degré.

– Tu as mal, hein? Dis-moi que je te fais souffrir…

– Oui Madame… J’ai le cul en feu… Mais j’aime…

(Version lue SM COMIX)